Der­nière ligne droite avant le jour J

De dis­cus­sions en re­fus po­lis, les bé­né­voles tentent de convaincre avant le pre­mier tour des lé­gis­la­tives. Re­por­tage aux abords du mar­ché cou­vert.

La Montagne (Vichy) - - Vichy - Vivre Sa Ville - Yann Ter­rat vi­chy@cen­tre­france.com

Entre les étals du mar­ché fré­quen­té, hier ma­tin, les ha­bi­tués pro­fitent des rayons du so­leil pour échan­ger plus lon­gue­ment avec les com­mer­çants. Au mi­lieu de cette ani­ma­tion non­cha­lante, à quelques jours seule­ment du pre­mier tour des lé­gis­la­tives, seule l’équipe de La Ré­pu­blique En Marche a fait le dé­pla­ce­ment pour trac­ter dans la foule et ten­ter de convaincre.

Stra­té­gi­que­ment pla­cés aux en­trées prin­ci­pales du mar­ché cou­vert où ils n’ont pas l’au­to­ri­sa­tion de pé­né­trer, les trois bé­né­voles es­suient des re­fus po­lis,, échangent par­fois avec des ba­dauds dé­jà convain­cus. « C’est im­por­tant de par­ler avec des re­pré­sen­tants sur le ter­rain, sou­ligne Ca­mille, ve­nue faire son mar­ché. Je trouve que les gens en gé­né­ral se sa­tis­font sou­vent des on­dit. » Le temps passe, les gens dé­filent et les dis­cus­sions, par­fois, se veulent plus tech­niques. Les bé­né­voles ren­voient alors sur le site in­ter­net où le calendrier du nou­veau pré­sident de la Ré­pu­blique est ré­gu­liè­re­ment mis à jour.

Après la dé­fer­lante, deux se­maines plus tôt, où les mi­li­tants

de tous bords s’étaient dis­pu­tés les abords stra­té­giques du mar­ché, un cer­tain calme est donc re­ve­nu hier. De quoi lais­ser, Pascal, un des bé­né­voles, in­ter­ro­ga­tif. « Je n’ai ja­mais connu ça. Lors des for­ma­tions, on nous ex­plique pour­tant que les der­niers jours sont très im­por­tants. Je pense que c’est as­sez re­pré­sen­ta­tif du monde mi­li­tant, au­jourd’hui. Les par­tis peinent à trou­ver des bé­né­voles en

se­maine. Le sa­me­di, il y a moins de pro­blèmes », ana­lyse­t­il.

Vi­sion tech­no­cra­tique

Du cô­té des com­mer­çants, c’est à peine si on re­marque la pré­sence des mi­li­tants qui semblent faire de leur mieux pour dé­ran­ger le moins pos­sible. « Pour convaincre, c’est avant ou après l’achat, ja­mais pen­dant, as­sure Pascal. Mal­gré cette pré­cau­tion d’usage, un mar­

chand de sous­vê­te­ments, à proxi­mi­té, voit d’un mau­vais oeil les dis­cus­sions po­li­tiques se dé­ve­lop­per de­vant son étal. « Les gens en ont marre de la po­li­tique alors for­cé­ment, ça ne les en­gage pas à s’ap­pro­cher », ex­plique le ma­raî­cher, de­puis 40 ans.

Un peu plus loin, un autre com­mer­çant, plon­gé dans une lec­ture en at­ten­dant ses clients se veut plus phi­lo­sophe. « C’est à chaque fois le même ma­nège. Je les vois pen­dant les lé­gis­la­tives, et après il n’y a plus per­sonne. Pas un qui vien­drait m’ache­ter ne se­rait­ce qu’une olive », sou­rit le mar­chand de pro­duits exo­tiques.

Pour les mi­li­tants de ter­rain, hier, il s’agis­sait aus­si de contre­dire cette vi­sion tech­no­cra­tique de la classe po­li­tique, sou­vent mise en avant dans les dis­cus­sions. ■

PHO­TO YANN TER­RAT

RE­PRÉ­SEN­TA­TI­VI­TÉ. Seul le par­ti de la ma­jo­ri­té pré­si­den­tielle était pré­sent par­mi les ha­bi­tués du mar­ché heb­do­ma­daire.

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