Les syn­di­cats sur le qui­vive

La Montagne (Vichy) - - Élections Législatives -

Les syn­di­cats, CFDT en tête, sont très re­mon­tés après la pa­ru­tion hier, dans Li­bé­ra­tion, d’un do­cu­ment sur une ré­forme du code du tra­vail plus ra­di­cale qu’an­non­cée.

Jusque­là at­ten­tistes, les syn­di­cats lancent un aver­tis­se­ment à l’exé­cu­tif : un ar­ticle du quo­ti­dien Li­bé­ra­tion, qui évoque des « pistes » ex­plo­sives de ré­forme du code du tra­vail, a mis hier le feu aux poudres, même si le gou­ver­ne­ment se dé­fend de tout « plan ca­ché ».

Ré­vé­lé à quatre jours du pre­mier tour des élec­tions lé­gis­la­tives, le do­cu­ment pu­blié par Li­bé­ra­tion, après un autre lun­di dans Le Pa­ri­sien, pose une sé­rie de « pistes » de tra­vail ex­plo­sives, comme la né­go­cia­tion, à l’échelle de l’en­tre­prise, des mo­tifs de li­cen­cie­ment, du ni­veau des in­dem­ni­tés lé­gales de li­cen­cie­ment et des CDD. Si ces points pré­cis n’étaient pas dans le pro­gramme d’Emmanuel Ma­cron, leur phi­lo­so­phie – « per­mettre de né­go­cier au plus près du ter­rain » – y fi­gu­rait.

« Je tire la son­nette d’alarme », a aver­ti le se­cré­taire gé­né­ral de la

CFDT, Laurent Ber­ger, qui s’est mon­tré très aga­cé par de « pseu­do­révélations » qui, si elles se ré­pètent, risquent fort, se­lon lui, d’en­ta­mer le cli­mat de la concer­ta­tion pré­vue tout l’été, avant la pu­bli­ca­tion des or­don­nances ré­for­mant le code du tra­vail.

Pas « of­fi­ciel »

Ten­tant de cal­mer la polémique, la mi­nistre du Tra­vail Mu­riel Pé­ni­caud a as­su­ré qu’elle n’avait « pas de plan ca­ché » et que le do­cu­ment ci­té par le quo­ti­dien n’était pas « of­fi­ciel ». Mais sur le fond, elle a re­fu­sé de ré­pondre à une

ques­tion de France In­ter sur une pos­si­bi­li­té de né­go­cier dans l’en­tre­prise les condi­tions de rup­ture du con­trat de tra­vail, in­di­quant que ce n’était pas « le su­jet prin­ci­pal ».

Si le do­cu­ment du Pa­ri­sien da­tait du 12 mai, avant l’in­ves­ti­ture d’Emmanuel Ma­cron et la no­mi­na­tion du gou­ver­ne­ment, le do­cu­ment évo­qué par Li­bé­ra­tion est « is­su de la Di­rec­tion gé­né­rale du tra­vail » et « da­té du 31 mai », pré­cise le quo­ti­dien. Il « émane de quel­qu’un de la di­rec­tion du tra­vail » mais « n’est pas si­gné par la di­rec­tion du tra­vail », a pré­ci­sé la mi­nistre qui a de nou­veau pro­mis que la ré­forme ne fe­rait pas l’im­passe sur le dia­logue so­cial.

« Mo­bi­li­sa­tions »

« Je note le dé­men­ti qui est fait par le gou­ver­ne­ment, a dé­cla­ré Laurent Ber­ger. Mais je le dis tout de suite : si le gou­ver­ne­ment veut tra­vailler sur un cer­tain nombre de pistes qui sont ame­nées dans cer­tains jour­naux ces jours­ci, il faut qu’il ar­rête tout de suite, ça ne sert à rien de me­ner la ré­flexion car pour la CFDT, c’est non ! »

« C’est non sur le ré­fé­ren­dum à usage ex­clu­sif de l’em­ployeur, c’est non pour né­go­cier le con­trat de tra­vail dans l’en­tre­prise, c’est non pour as­sou­plir les condi­tions du CDD », a dé­taillé le n°1 un de la CFDT.

Jean­Claude Mailly, se­cré­taire gé­né­ral de FO, a lui qua­li­fié, les pistes évo­quées de « pas ac­cep­tables ». La CGT n’en­ten­dait pas hier ré­agir. La veille, Phi­lippe Mar­ti­nez avait pro­mis, dès la feuille de route connue, des « mo­bi­li­sa­tions », as­su­rant que les sa­la­riés se­raient les « grands per­dants » de la ré­forme. ■

PHO­TO AFP

L. BER­GER. Jusque-là bien dis­po­sé à l’égard d’Emmanuel Ma­cron, le n° 1 de la CFDT « tire la son­nette d’alarme ».

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