Des sup­plé­ments de ré­vi­sions en « mode dé­tente » sur YouTube

La Montagne (Vichy) - - Médias -

Pa­rents, ne soyez pas éton­nés si vos ados, scot­chés à YouTube à l’ap­proche du bac, vous disent : « t’in­quiète, je ré­vise ». La pla­te­forme re­gorge de vi­déos ins­truc­tives, tan­tôt clas­siques réa­li­sées par des profs, tan­tôt dé­ca­lées et oeuvre de pas­sion­nés.

« Quand je ré­vise sur in­ter­net, c’est pour un peu me dé­tendre, en me di­sant que je ré­vise quand même », in­dique Mar­tin, en ter­mi­nale S à Pa­ris, qui vi­sionne des vi­déos de phy­sique.

« C’est un com­plé­ment au cours, plus in­té­res­sant et ac­ces­sible, ça per­met de mieux ré­vi­ser », se­lon Sou­hay­la, en 1re ES à Creil (Oise), qui pré­pare les épreuves de fran­çais et sciences.

Dé­dra­ma­ti­ser

Elle re­garde des vi­déos d’en­sei­gnants sur la chaîne YouTube des Bons profs ou sur me­dia­classe.fr, site qui lui a per­mis de dé­cro­cher une bonne note au bac blanc de fran­çais. Elle suit aus­si des YouTu­beurs, plus fa­mi­liers, comme Osons cau­ser ou Hu­go Dé­crypte, tout en sa­chant que pour le bac, elle de­vra « adap­ter son vo­ca­bu­laire ». Les Bons profs « est l’un des moyens les plus uti­li­sés pour ré­vi­ser en der­nière mi­nute », confirme Co­line Mayau­don, du SGL, pre­mier syn­di­cat ly­céen. Les jeunes « re­gardent beau­coup les vi­déos sur le bac sur YouTube, c’est une gé­né­ra­tion avec d’autres ou­tils », constate Va­lé­rie Mar­ty, à la fé­dé­ra­tion de pa­rents Peep. « C’est utile car ça per­met de dé­dra­ma­ti­ser pour cer­tains élèves ex­trê­me­ment an­gois­sés ».

Mais « il ne suf­fit pas de re­gar­der des vi­déos pour pas­ser le bac » pré­vient­il. « Il faut d’abord al­ler en classe, écou­ter, c’est dé­jà 50 % du bou­lot, et re­faire les exer­cices », le tra­vail tra­di­tion­nel reste « in­con­tour­nable, se­lon lui.

La pla­te­forme hé­berge « des chaînes de vul­ga­ri­sa­teurs qui sont ex­cel­lentes, en his­toire, phi­lo, maths… » se­lon Sté­pha­nie de Vans­say, spé­cia­liste du nu­mé­rique au syn­di­cat d’en­sei­gnants SE­Un­sa. « Le ton est en­le­vé, syn­thé­tique, c’est drôle ou mis en scène d’une fa­çon qui ac­croche ». Elle juge bon à prendre « tout ce qui peut ai­der un élève à se mo­ti­ver ». Des chaînes comme Le coup de phil’(phi­lo­so­phie), e­pen­ser (sciences), Mic­maths (ma­thé­ma­tiques), No­ta Bene (his­toire) ou Dir­ty Bio­lo­gy, pas spé­ci­fi­que­ment axées bac mais dont le conte­nu coïn­cide par­fois, at­tirent des cen­taines de mil­liers d’abon­nés, dont des ly­céens.

Par­lant comme il le fe­rait « à un pote », Cy­rus North (Le coup de phil’) n’hé­site pas à in­vo­quer les Po­ke­mon pour ex­pli­quer La dia­lec­tique du maître et de l’es­clave chez He­gel ou Har­ry Pot­ter pour le li­brear­bitre chez Sartre.

Une fois à l’exa­men, « mieux vaut être le plus clas­sique pos­sible au ni­veau des ré­fé­rences », pré­cise­t­il tou­te­fois. Le jeune homme réa­lise aus­si des vi­déos pour France Té­lé­vi­sions Edu­ca­tion, « Quelle his­toire Cy­rus ».

Le Coup de phil’, « c’est as­sez lu­dique, et il y a aus­si des in­for­ma­tions in­té­res­santes et une ana­lyse qui peut être dif­fé­rente du pro­fes­seur », sa­lue Mar­tin.

Sun­ny, en ter­mi­nale à Pa­ris, ap­pré­cie chez Dir­ty Bio­lo­gy (bio­lo­gie, sciences de l’in­for­ma­tion etc.) « un lan­gage qui nous parle plus, des vi­déos plus dy­na­miques, ri­go­lotes et des as­pects pas abor­dés en classe ».

La re­cherche montre tou­te­fois qu’on ap­prend mieux avec le texte que la vi­déo, sauf les gestes tech­niques, se­lon An­dré Tri­cot, au­teur d’Ap­prendre avec le nu­mé­rique et di­rec­teur du la­bo­ra­toire Tra­vail et cog­ni­tion à Tou­louse. Mais pour « un cours qu’on a ra­té ou qu’on n’a pas com­pris, un point de vue dif­fé­rent peut être in­té­res­sant » si le conte­nu est fiable. ■

« Tout ce qui peut ai­der un élève à se mo­ti­ver » est bon à prendre

➔ Ap­prendre avec le nu­mé­rique. Franck Ama­dieu et An­dré Tri­cot, tous deux membres du la­bo­ra­toire Cog­ni­tion Langues Lan­gages Er­go­no­mie du CNRS (Retz).

CAPTURE D’ÉCRAN

LES BONS PROFS. L’un des moyens les plus uti­li­sés pour ré­vi­ser en der­nière mi­nute.

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