« C’est va­lo­ri­sant de tout faire de A à Z »

La Montagne (Vichy) - - Allier - Actualité -

L’ex-soi­gneuse du PAL ne tra­vaille plus au parc ani­ma­lier mais elle s’oc­cupe tou­jours d’ani­maux. Elle élève un pe­tit trou­peau de chèvres à Diou et fa­brique ses fro­mages qu’elle vend di­rec­te­ment aux consommateurs.

Cir­cuit court, vente di­recte, pro­duc­tion locale pour une clien­tèle locale. Au­ré­lie Ro­ger, 36 ans, an­cienne soi­gneuse au PAL, s’est lan­cée dans une agri­cul­ture qui a le vent en poupe. Celle où le consom­ma­teur sait d’où vient le pro­duit, par qui il est fa­bri­qué et celle où, si on veut pous­ser un peu plus loin l’in­ves­ti­ga­tion, on est in­vi­té à faire un tour sur l’ex­ploi­ta­tion.

Trente-huit chèvres Mas­sif Cen­tral

Au­ré­lie Rou­ger élève des chèvres au lieu­dit « Les Poi­riers », à Diou. Tren­te­huit ca­prins en li­ber­té qui na­viguent entre l’an­cienne por­che­rie res­tau­rée en chè­vre­rie, aux pâ­tu­rages. Ici, ce n’est pas la quan­ti­té qui compte. Mais la qua­li­té. Ce­la com­mence par le choix de la race des chèvres, des Mas­sif Cen­tral : « C’est une race en cours de sau­ve­garde », in­dique Au­ré­lie Ro­ger. « Elles pro­duisent 2 litres par jour. Une chèvre de race Al­pine ou Saa­nen pro­duit 4 à 6 litres par jour. L’avan­tage des Mas­sif Cen­tral, c’est qu’elles ont un lait plus “fro­ma­geable”, plus riche. Ce­la fait un bon fro­mage cré­meux ».

Au­ré­lie Ro­ger en fa­brique une qua­ran­taine par jour, du crot­tin à la bûche. Elle pré­pare aus­si des yaourts (80 à 160 par se­maine) et des glaces. « C’est ex­trê­me­ment va­lo­ri­sant de tout faire de A à Z, du lait au fro­mage ». Elle se charge aus­si el­le­même de com­mer­cia­li­ser ses pro­duits : vente à la ferme, à l’Amap de Dom­pierre­sur­Besbre, de­vant la bou­lan­ge­rie de Diou (le sa­me­di ma­tin), vente via le ré­seau agri­lo­cale03. Ven­dre­di 9 juin, elle par­ti­ci­pe­ra au pre­mier mar­ché des pro­duc­teurs de la sai­son, à Diou. Une opé­ra­tion me­née dans le dé­par­te­ment par la Chambre d’agri­cul­ture de l’Al­lier (lire l’en­ca­dré).

Bien-être animal

Au­ré­lie Ro­ger es­père dé­ga­ger ses pre­miers sa­laires cette an­née. En 2015 alors qu’elle avait dé­mar­ré deux ans plus tôt, son trou­peau a été à moi­tié dé­ci­mé. Ce­la a rui­né ses pre­miers ef­forts mais elle est re­par­tie : « Pe­tit à pe­tit on avance. Les gens me disent qu’ils se ré­galent avec mes fro­mages et mes yaourts. C’est ce qui me booste ».

Si elle n’a pas le la­bel bio ­elle y ré­flé­chit­ l’éle­veuse em­ploie la mé­thode douce pour soi­gner ou pré­mu­nir les bêtes des ma­la­dies ou de bles­sures (aro­ma­thé­ra­pie, ho­méo­pa­thie, ar­gi­lo­thé­ra­pie). Pour Au­ré­lie Ro­ger, le bien­être animal n’est pas qu’une for­mule : « Je laisse les che­vreaux avec leur mère jus­qu’au se­vrage, c’est rare dans les éle­vages. J’en garde cer­tains, je vends les autres à des éle­veurs qui veulent agran­dir leur trou­peau ». Quant aux chèvres, elles vieillissent et ter­minent leur vie à la chè­vre­rie. Pas d’abat­toir.

PHO­TO : PHI­LIPPE BI­GARD

CHEVRERIE. La chè­vre­rie d’Au­ré­lie Ro­ger, à Diou, a trou­vé sa place sur l’ex­ploi­ta­tion de son com­pa­gnon qui cultive des cé­réales. Elle élève trente-huit ca­prins et fa­brique des fro­mages, des yaourts et des glaces.

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