« Pour pou­voir pen­ser, il faut que le corps suive »

La Montagne (Vichy) - - Le Fait Du Jour -

Quels conseils don­ner aux élèves pour ne pas qu’ils se sentent

sub­mer­gés ? Pour évi­ter une sorte de fa­tigue chro­nique, il faut vi­ser un équi­libre du corps, une hy­giène de vie, man­ger de fa­çon saine. Ce­la peut sem­bler évident, mais je me suis aper­çue en ob­ser­vant mes élèves que ces conseils ont be­soin d’être rap­pe­lés. Il ne faut pas ré­vi­ser en dé­pit du bon sens quand on est épui­sé, mais ar­ri­ver le plus frais pos­sible aux épreuves. Car il n’y a pas de pré­va­lence de l’in­tel­lect sur l’état du corps. On ne peut pas pen­ser comme il faut si le corps ne suit pas. J’in­cite aus­si mes élèves à trou­ver un équi­libre non cal­cu­la­teur entre les dif­fé­rentes épreuves. Évi­dem­ment, un élève consacre plus de temps à une ma­tière avec un co­ef­fi­cient éle­vé. Mais il s’agit d’une pré­pa­ra­tion d’en­semble, pas seule­ment arith­mé­tique.

Plus spé­ci­fi­que­ment, quels conseils don­nez-vous pour

l’épreuve de phi­lo ? Il ne faut pas perdre de vue l’es­prit de l’épreuve. Ce n’est pas sur la masse de connais­sances que l’on juge, c’est la ca­pa­ci­té de l’élève à suivre un fil conduc­ teur en as­su­mant plei­ne­ment la po­si­tion qu’il dé­fend. L’élève ne doit pas faire montre de ce qu’il sait, mais dé­ve­lop­per une vraie pen­sée per­son­nelle, en­ga­gée. Je leur conseille aus­si de nour­rir leur ré­flexion. Il ne s’agit pas, pour au­tant, de ne pas ré­vi­ser ! Il faut être ca­pable de mon­trer qu’on a une culture phi­lo­so­phique, mais qu’on n’est pas dans une ré­ci­ta­tion de texte. En­fin, il faut prendre le temps de dé­ve­lop­per une vé­ri­table in­tro­duc­tion, mon­trer que le su­jet a une né­ces­si­té. Pro­pos re­cueillis par Ariane Bou­hours

ROSALIE JAMES. Pro­fes­seur de phi­lo­so­phie au ly­cée Ban­ville à Mou­lins (Al­lier).

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.