Cos­mé­tiques, mode d’em­ploi

La Montagne (Vichy) - - Jeux - AFP

Les cos­mé­tiques ont de plus en plus mau­vaise presse. Le ma­ga­zine 60 mil­lions de con­som­ma­teurs se veut ce­pen­dant ras­su­rant. Il en existe de sains. Sui­vez le guide.

Ache­ter une crème hy­dra­tante ou un sham­pooing non ir­ri­tant et sans dan­ger, c’est pos­sible, a as­su­ré hier 60 mil­lions de con­som­ma­teurs ,à condi­tion de pré­fé­rer les tubes aux pots, de pri­vi­lé­gier les pro­duits avec peu d’in­gré­dients ou en­core de se mé­fier des ver­tus van­tées sur l’éti­quette.

« Les con­som­ma­teurs sont main­te­nant conscients des risques qu’ils peuvent prendre à uti­li­ser ces pro­duits, mais de plus en plus, ils ré­clament une liste po­si­tive, des pro­duits sans risques pour leur san­té », a ex­pli­qué Ade­line Tré­gouët, ré­dac­trice en chef dé­lé­guée du ma­ga­zine qui pu­blie, dans son hors­sé­rie d’été, un guide des cos­mé­tiques « sains et sûrs ».

Se­lon elle, cette dé­marche de­vrait in­ci­ter les fa­bri­cants à « pour­suivre leurs ef­forts », en va­lo­ri­sant les « pre­miers de la classe », et évi­ter une « réac­tion de re­jet » chez les con­som­ma­teurs que pro­vo­que­rait un dis­cours trop né­ga­tif.

Sur une sé­lec­tion de 150 ré­fé­rences, « toutes les marques ont des pro­duits ver­tueux » – y com­pris celles ven­dues en su­per­mar­ché – et « des pro­duits à ban­nir », même les marques la­bel­li­sées bio qui com­prennent par­fois trop de sub­stances ir­ri­tantes (al­cool, par­fums), note Ade­line Tré­gouët.

Dans les hy­dra­tants pour le corps, la crème de ka­ri­té Mo­no­prix Bio, le lait hy­dra­tant Pur Aloé et le lait amande We­le­da re­çoivent ain­si un sa­tis­fe­cit.

En re­vanche, le soin Bio­Oil, la crème Der­ma Spa de Dove et l’Huile pro­di­gieuse de Nuxe sont mises au ban car elles contiennent des in­gré­dients soup­çon­nés d’être des per­tur­ba­teurs en­do­cri­niens, des mo­lé­cules al­ler­gi­santes ou des sub­stances pol­luantes car per­sis­tant dans l’en­vi­ron­ne­ment.

Par­mi les crèmes so­laires, les quatre ré­fé­rences à pri­vi­lé­gier sont la­bel­li­sées Eco­cert ou Cos­me­bio. Quant aux autres, elles contiennent toutes des filtres chi­miques per­tur­ba­teurs en­do­cri­niens, toxiques pour

la faune aqua­tique ou al­ler­gène. Soixante­dix­sept in­gré­dients dans toutes les fa­milles de pro­duits du rayon hy­giène­beau­té sont aus­si pas­sés au crible par le ma­ga­zine de l’Ins­ti­tut na­tio­nal de la consom­ma­tion (INC) : vert pour ceux qui ne posent pas de pro­blème, orange pour ceux qui sont ir­ri­tants, al­ler­gènes ou qui pol­luent l’en­vi­ron­ne­ment, et rouge pour ceux sus­pec­tés d’être per­tur­ba­teurs en­do­cri­niens ou can­cé­ro­gènes.

Ain­si, si le lau­ryl glu­co­side ou le co­cos nu­ci­fe­ra oil (huile vé­gé­tale de noix de co­co) sont un bon signe dans un gel douche, mieux vaut évi­ter ceux qui af­fichent du me­thy­li­so­thia­zo­li­none (MIT), un conser­va­teur al­ler­gi­sant.

60 mil­lions de con­som­ma­teurs donne aus­si quelques clés pour s’y re­trou­ver : les in­gré­dients doivent fi­gu­rer par ordre dé­crois­sant de pré­sence si leur concen­tra­tion dans le pro­duit égale ou dé­passe 1 %.

La sim­pli­ci­té, « gage de moindre risque »

Et un nom en la­tin dé­signe un in­gré­dient is­su de plantes qui n’a pas su­bi de trans­for­ma­tion tan­dis qu’un nom en an­glais si­gni­fie une sub­stance na­tu­relle trans­for­mée chi­mi­que­ment.

De fa­çon gé­né­rale, la « sim­pli­ci­té » – un nombre ré­duit d’in­gré­dients –, est « un gage de moindre risque » pour le consom­ma­teur, juge Ade­line Tré­gouët. Elle en­cou­rage aus­si à ne pas mettre dans le même pa­nier les in­gré­dients in­dé­si­rables ou in­utiles et ceux qui sont vé­ri­ta­ble­ment toxiques.

Ain­si, du so­dium lau­reth sul­fate, un ten­sio­ac­tif très cou­rant, « par­ti­cu­liè­re­ment dé­crié, presque dia­bo­li­sé » alors qu’il ne « pose pas vé­ri­ta­ble­ment de pro­blème dans les pro­duits rin­cés, à l’ex­cep­tion des sham­pooings ».

Pour contour­ner les pro­blèmes que posent de nom­breux conser­va­teurs, mieux vaut ache­ter ses crèmes en tube qu’en pot, car ils en contiennent moins, conseille aus­si le ma­ga­zine.

De son cô­té, l’as­so­cia­tion UFC­Que Choi­sir a pu­blié, mer­cre­di, une liste ac­tua­li­sée de plus de 1.000 cos­mé­tiques avec des in­gré­dients ju­gés « in­dé­si­rables » dont 23 pro­duits conte­nant même des sub­stances in­ter­dites dont elle de­mande le « re­trait im­mé­diat ».

Le pré­sident de la Fé­dé­ra­tion fran­çaise des en­tre­prises de la beau­té (Fe­bea), Pa­trick O’Quin, a éga­le­ment ap­pe­lé les dis­tri­bu­teurs à les « re­ti­rer im­mé­dia­te­ment du mar­ché, confor­mé­ment à la ré­gle­men­ta­tion. » ■

« Toutes les marques ont des pro­duits ver­tueux »

PHO­TO D’ILLUS­TRA­TION L’YONNE RÉ­PU­BLI­CAINE

CRÈMES SO­LAIRES. Sé­pa­rer le bon grain de l’ivraie passe par une lec­ture at­ten­tive de l’éti­quette.

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