Le Bren­nus adu­lé par les Au­ver­gnats

La Montagne (Vichy) - - La Une - Ju­lien Mo­reau ju­lien.mo­reau@cen­tre­france.com

RE­TOUR. Après une es­ca­pade de sept ans, le bou­clier de Bren­nus a re­trou­vé l’Au­vergne avec la vic­toire de l’ASM Cler­mont contre Tou­lon di­manche der­nier.

PAS­SION­NÉS. Hier, un mil­lier de sup­por­ters ont pa­tien­té plu­sieurs heures de­vant le stade Mar­cel­Mi­che­lin pour le tou­cher et im­mor­ta­li­ser le mo­ment.

Un mil­lier de sup­por­ters ont pa­tien­té des heures, hier, au stade Mar­celMi­che­lin, à Cler­mont-Fer­rand, es­pé­rant pou­voir tou­cher le bou­clier de Bren­nus et im­mor­ta­li­ser ce mo­ment. Le titre de cham­pion de France de l’ASM Cler­mont Au­vergne n’en fi­nit plus de ras­sem­bler les pas­sion­nés.

Le Graal. En chair et en bois. Mais pour avoir la chance de le tou­cher et de le pho­to­gra­phier, il faut bra­ver la file d’at­tente. In­ter­mi­nable. Im­pres­sion­nante. Sai­sis­sante. Pour être sûr d’em­por­ter chez soi un cli­ché pour la pos­té­ri­té, cer­tains sont ar­ri­vés dès 9 heures. At­ten­dant lan­gou­reu­se­ment que les portes du stade Mi­che­lin s’ouvrent à la fré­né­sie po­pu­laire. À 14 heures, en­fin, « Sé­same ouvre­toi ».

Maillot et tee­shirt es­tam­pillés « 2017 » sur le dos, pos­ters à la main, Fran­çoise et son fils JeanC­laude ont fait un dé­tour par la boutique avant de dé­gai­ner leurs smart­phones de­vant le fa­meux « bout de bois ». « On est content de l’avoir tou­ché, c’est la deuxième fois qu’on le voit. On veut gar­der un sou­ve­nir de cette grande an­née. C’est une fa­çon de sou­te­nir les joueurs. » Les longues heures d’at­tente s’en­volent en une frac­tion de se­conde au mo­ment de dé­clen­cher l’ap­pa­reil photo. « L’Au­vergne s’in­carne à tra­vers l’ASM »

Le voyage a été long pour Ch­ris­tian, ve­nu de Quillan, près de Car­cas­sonne. Qu’im­porte les 450 km ava­lés en « bla­bla­bla car », l’homme réa­lise le rêve de sa vie. D’au­tant qu’en 2010, il n’avait pas pu ve­nir le voir après la fi­nale. Né à Cler­mont il y a 61 ans, Ch­ris­tian vit dans l’Aude de­puis ses 5 ans. Et ça s’en­tend. « J’ai pas le verbe mais le sang qui coule dans mes veines est au­ver­gnat. Di­manche, j’ai dit à ma femme “si on gagne, je monte à Cler­mont tou­cher le bou­clier.” Main­te­nant, je peux par­tir tran­quille, al­ler voir le bon Dieu avec le bou­clier. En­fin, pas tout de suite ! Mes col­lègues, ils vont être es­pan­tés (éba

his en lan­gage su­diste) de­vant les photos de Ch­ris­tian qui est al­lé à Mont­fer­rand. » Le sexa­gé­naire a les larmes aux yeux. « De­puis le temps que je voulais le voir… »

Un peu plus haut dans la file, trois gé­né­ra­tions de Bour­bon­nais ve­nues de Bour­bon­l’Ar­cham­bault. Le Bren­nus est en vi­su, à quelques mètres de là. Plus qu’une poi­gnée de mi­nutes, le stress monte pour Pé­guy. « Cette am­biance, c’est ma­gique… » Dans sa fa­mille, on sup­porte Cler­mont de 2 à 72 ans. Le pre­mier qui a été frap­pé de « mon­fer­ran­dite ai­guë », c’est Jean­Pierre. « J’ai com­men­cé à les suivre quand il y avait Ro­meu et sa clique, dans les an­nées 70. J’ai connu les tri­bunes en bois. Une fois qu’on a goû­té cette am­biance, on ne peut plus s’en pas­ser. Les dé­pla­ce­ments avec le sau­cis­son, le saint­nectaire… C’est toute une ré­gion réunie. »

C’est une pre­mière pour Lu­ca, 10 ans. Son père avait tou­ché le bou­clier en 2010 et main­te­nant, ils le tou­che­ront en­semble. « J’ai dit à tous mes co­pains que j’al­lais lou­per l’école pour al­ler voir le bou­clier ! » « Il y a un cô­té cultu­rel, ana­lyse son père. L’Au­vergne s’in­carne à tra­vers l’ASM. Dans les autres clubs, les sup­por­ters viennent boire trois bières si ça gagne mais ne re­viennent pas si ça perd. Cler­mont, c’est autre chose. Ça nous ras­semble. » Jusque dans l’at­tente pour ac­cé­der au Bren­nus. « Je l’ai tou­ché, res­pire Ma­non. C’est la fier­té de Cler­mont, ça re­pré­sente notre ville, notre ré­gion. »

Après son sel­fie, Vé­ro­nique presse le pas. Elle va être en re­tard pour re­par­tir au bou­lot. Tant pis ! « Ça fait chaud au coeur de le tou­cher, ça re­pré­sente toute une an­née de sup­por­ter. C’est pour dire qu’on y était. »

PHOTO FRANCK BOI­LEAU

PHOTOS FRANCK BOI­LEAU

Elle était in­ter­mi­nable, hier après-mi­di, pour at­teindre le Graal. FILE D’AT­TENTE.

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