Le vio­lo­niste hu­mo­riste sur ses terres

Na­tif de Vi­chy, Jef­fe­rey Jordan est en tour­née de­puis deux ans et de­mi. Mais cet hu­mo­riste n’avait en­core ja­mais pré­sen­té son one-man-show à Vi­chy. Il est au Back Step ce sa­me­di soir en­core.

La Montagne (Vichy) - - Vichy Vivre Sa Ville - De­nis Lo­rut de­nis.lo­rut@cen­tre­france.com

Âgé de 26 ans, l’hu­mo­riste Jef­fe­rey Jordan est né à Vi­chy où il a vé­cu jus­qu’à ses 18 ans. Il a pré­sen­té, pour la pre­mière fois à Vi­chy, son spec­tacle « Jef­fe­rey Jordan s’af­fole ! » au Back Step, hier soir, et à nou­veau ce soir. ■ Quel est votre par­cours ? Après le col­lège Jules­Fer­ry, je suis al­lé à Presles où j’ai pas­sé un bac L. J’ai en­suite fait une mise à ni­veau en arts ap­pli­qués à Mou­lins avant de par­tir à Lyon pour suivre un BTS en de­si­gn gra­phique. J’ha­bite Lyon de­puis. ■ Com­ment est ve­nu votre goût

pour le spec­tacle ? J’avais 15 ans quand, après un re­pas de fa­mille chez une tante, nous avons re­gar­dé une vieille cas­sette de Mu­riel Ro­bin. J’ai eu le coup de foudre pour le one­man­show. Dans ce spec­tacle, Mu­riel Ro­bin avait un ca­rac­tère de co­chon, elle était très sûre d’elle. Tout l’in­verse de moi qui suis très calme. Et au fond de moi, j’au­rais vrai­ment vou­lu avoir le même ca­rac­tère dans la vie, ce­la aide pour se dé­fendre. Je me suis alors lan­cé dans l’écri­ture de sketches. Mais je voulais lui res­sem­bler et du coup c’était mau­vais. Il ne faut ja­mais imi­ter quel­qu’un. J’ai re­tra­vaillé ce­la et j’ai construit douze autres sketches. ■ Vous les avez joués ? Oui car je voulais ab­so­lu­ment les tes­ter sur une vraie scène et sa­voir si je de­vais per­sis­ter. J’ai loué le pe­tit théâtre du Centre cultu­rel Va­le­ry­Lar­baud où sont ve­nus ma fa­mille, des amis, des amis de la fa­mille et des amis des amis. Un pu­blic conquis mais ce­la m’a énor­mé­ment mo­ti­vé. Puis un jour, j’ai écrit un sketch de 10 mi­nutes où j’uti­li­sais mon vio­lon car j’ai pas­sé dix ans au con­ser­va­toire de Vi­chy. J’ai mis une vi­déo sur You tube et j’ai eu plein de contacts. ■ Des contacts in­té­res­sants ? On

m’a no­tam­ment pro­po­sé de pas­ser en pre­mière par­tie de Mi­chael Gre­go­rio, au Zé­nith de Cler­mont­Fer­rand. Pour ma deuxième scène, je suis pas­sé de­vant 5.000 per­sonnes ! Je suis en­tré dans le vif du su­jet et j’ai

été dé­fi­ni­ti­ve­ment pi­qué. J’ai fi­ni mes études pour avoir mon di­plôme en poche et je me suis dé­ci­dé d’al­ler frap­per aux portes des ca­fés théâtres lyon­nais. Le pre­mier fut l’Es­pace Ger­son qui vou­lait lan­cer des pla­teaux dé­

cou­vertes. On m’a de­man­dé si j’avais une heure de spec­tacle. J’ai dit oui même si mon sketch ne fai­sait que 10 mi­nutes. J’ai dé­ve­lop­pé ce­lui du vio­lon, re­pris cer­tains de mon pre­mier spec­tacle au CCVL. J’ai alors croi­sé des pro­duc­teurs de spec­tacle qui m’ont don­né des conseils comme ce­lui de plus par­ler de moi, de ma vie. Et j’ai ren­con­tré Na­ho qui a mis en scène mon spec­tacle. Ça a com­men­cé à mar­cher, je suis al­lé dans des fes­ti­vals et les ren­contres avec le mi­lieu professionnel se sont en­chaî­nées. Et j’ai été ap­pe­lé par des salles qui m’ont pro­gram­mé. C’était il y a deux ans et de­mi. ■ Quelles salles ? D’abord le théâtre des Ton­tons flin­gueurs, de Di­dier Na­than. Ce der­nier m’a dit : « j’ai en­vie de re­prendre ton spec­tacle pour en faire un truc pré­sen­table sur Pa­ris ». C’est ce que nous avons fait. Et Di­dier Na­than m’a pro­gram­mé chaque se­maine aux Ton­tons Flin­gueurs pen­dant deux ans. En pa­ral­lèle, j’ai tour­né par­tout en France, aux Fes­ti­vals du rire de Mon­treux et de Mon­tréal… mais ja­mais à Vi­chy. J’ai de­man­dé au Back Step qui m’a trou­vé deux dates. Je suis content de ve­nir jouer à Vi­chy. ■ De quoi parle votre spec­tacle ? De vos ori­gines vi­chys­soises ? Je parle du cau­che­mar de vivre en Au­vergne. C’est une ca­ri­ca­ture qui fait rire le pu­blic ur­bain tout au­tant que les ha­bi­tants de la cam­pagne qui se re­trouvent. Et je parle de mon his­toire d’amour avec Jean­Jacques mon vio­lon. ■ Une his­toire d’amour avec un vio­lon ? J’ai tou­jours eu dans l’idée qu’un spec­tacle serve à quelque chose, qu’il porte un mes­sage. Je pré­fère les gar­çons aux filles. Ça ne m’a ja­mais po­sé de pro­blème ni à mon en­tou­rage. Je voulais com­mu­ni­quer cette joie que tout se soit tou­jours bien pas­sé. Et le faire sans cho­quer mais en fé­dé­rant les gens. On parle d’ho­mo­sexua­li­té sans gêne, au tra­vers de mon vio­lon Jean­Jacques, que j’ai ren­con­tré il y a 15 ans. ■ Quels sont vos pro­jets ? J’ai un nou­veau spec­tacle, com­plè­te­ment dif­fé­rent : « Pour­quoi les mouches ». C’est un es­sai de théâtre ab­surde, co­écrit avec Mar­tine Fo­res­ti, la soeur de Flo­rence. ■

➔ Pra­tique. Jef­fe­rey Jordan se­ra sur la scène du Back Step ce sa­me­di 10 juin à 21 heures.

PHOTO DE­NIS LO­RUT

HU­MO­RISTE. Jef­fe­rey Jordan est heu­reux de ve­nir en­fin jouer à Vi­chy, sa ville na­tale.

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