Les af­faires jus­qu’au bout

La Montagne (Vichy) - - Elections Legislatives -

Une en­quête pré­li­mi­naire a été ou­verte hier sur des as­sis­tants par­le­men­taires du MoDem, per­tur­bant un peu plus une cam­pagne pas épar­gnée par les af­faires.

Les lé­gis­la­tives marquent ain­si une cer­taine conti­nui­té avec la cam­pagne pré­si­den­tielle, plus pro­fon­dé­ment mar­quée par les af­faires, de Fran­çois Fillon au FN. Un ex­col­la­bo­ra­teur du MoDem a dé­non­cé cette se­maine à la jus­tice la réa­li­té de son em­ploi comme as­sis­tant par­le­men­taire d’un an­cien eu­ro­dé­pu­té, Le parti cen­triste conteste et as­sure avoir res­pec­té « toutes les règles ».

« Abus de confiance »

Le par­quet de Pa­ris a ou­vert une en­quête pré­li­mi­naire pour « abus de confiance et re­cel de ce dé­lit ». Elle va s’at­ta­cher à exa­mi­ner d’autres cas, Ra­dio France no­tam­ment ayant af­fir­mé que « sur la pé­riode 2009­2014, une di­zaine de sa­la­riés du siège du parti étaient pa­ral­lè­le­ment col­la­bo­ra­teurs des dé­pu­tés eu­ro­péens du MoDem ».

Em­ma­nuel Ma­cron s’est re­fu­sé au moindre com­men­taire. Jus­qu’à pré­sent,

seuls deux eu­ro­dé­pu­tés MoDem étaient tou­chés par des soup­çons d’em­plois fic­tifs au Par­le­ment eu­ro­péen, Ro­bert Ro­che­fort et Ma­rielle de Sar­nez, mi­nistre des Af­faires eu­ro­péennes et can­di­date aux lé­gis­la­tives à Pa­ris.

Une en­quête pré­li­mi­naire avait été ou­verte en mars, les vi­sant ain­si que 17 autres dé­pu­tés eu­ro­péens de tous bords. Plu­sieurs ont ré­pli­qué en por­

tant plainte pour dif­fa­ma­tion ou dé­non­cia­tion ca­lom­nieuse.

Autre mi­nistre en lice, dans le Fi­nis­tère, Ri­chard Fer­rand est aus­si dans la tour­mente. Cet ex­PS ral­lié de la pre­mière heure à Em­ma­nuel Ma­cron fait l’ob­jet d’une en­quête pré­li­mi­naire, après la ré­vé­la­tion fin mai par Le Ca­nard en­chaî­né que les Mu­tuelles de Bretagne, lors­qu’il en était di­rec­teur gé­né­ral, avaient dé­ci­dé en 2011 de louer des lo­caux com­mer­ciaux ap­par­te­nant à sa com­pagne. Ré­cu­sant toute ir­ré­gu­la­ri­té, il a ex­clu de dé­mis­sion­ner du gou­ver­ne­ment.

Édouard Phi­lippe, fait aus­si le dos rond à l’égard du MoDem. « Tout ce qui a pu être pra­ti­qué avant comme usage, en ha­bi­tude, qui n’était pas illé­gal mais pou­vait sem­bler contes­table au­jourd’hui doit être ré­glé par la loi », a­t­il sou­li­gné, ju­geant Fran­çois Bay­rou « cré­dible » pour por­ter les pro­jets de loi sur la confiance dans l’ac­tion pu­blique.

« Chan­ger la donne »

Le chef de l’État a van­té hier ce pro­jet qui va « chan­ger la donne » et « toute une sé­rie de pra­tiques pas­sées ren­dues im­pos­sibles dans l’ave­nir », tels les em­plois fa­mi­liaux par les élus, ou l’en­ca­dre­ment du fi­nan­ce­ment des par­tis ren­for­cé. En em­bus­cade, Les Ré­pu­bli­cains, et éga­le­ment FN, Parti so­cia­liste et La France in­sou­mise, tirent à bou­lets rouges sur les mi­nistres mis en cause et pointent « contra­dic­tions » ou « dé­ca­lage » entre pro­messes et pra­tique. ■

PHOTO AFP

FRAN­ÇOIS BAY­ROU. La pres­sion s’ac­croît sur le garde des Sceaux, res­té pré­sident du MoDem.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.