Le FN en bien mau­vaise pos­ture

La Montagne (Vichy) - - Elections Legislatives -

Le FN n’est plus sûr d’ob­te­nir un groupe à l’As­sem­blée, un af­fai­blis­se­ment sup­plé­men­taire qui avi­ve­rait en­core les ten­sions.

Ma­rine Le Pen, en mee­ting jeu­di soir à Ca­lais, a pris les de­vants : si le FN bu­tait sur le seuil de 15 dé­pu­tés né­ces­saire pour ob­te­nir un groupe par­le­men­taire, ça ne se­rait « pas le pro­blème du FN mais de la dé­mo­cra­tie dans notre pays ». Ob­te­nir un groupe, au­tre­fois un mi­ni­mum, est dé­sor­mais l’ob­jec­tif du parti qui se pré­sente comme la « seule op­po­si­tion » à Em­ma­nuel Ma­cron.

« Tout le monde en a marre »

De source fron­tiste, Ma­rine Le Pen, Bru­no Bilde et Phi­lippe Oli­vier dans le Pas­de­Ca­lais, Sé­bas­tien Che­nu et Lu­do­vic de Danne dans le Nord, PaulHen­ry Han­sen­Cat­ta, Fran­çois de Voyer et Da­mien Phi­lip­pot dans l’Aisne, Jean­Lin La­ca­pelle et Sté­phane Ra­vier dans les Bouches­du­Rhône, Her­vé de Lé­pi­neau dans le Vau­cluse ou Jé­rôme Ri­vière dans le Var de­vraient faire leur en­trée à l’As­sem­blée. Mais que 2016 pa­raît loin, lorsque Ma­rine Le

Pen s’ima­gi­nait, en cas d’ac­ces­sion à l’Ély­sée, une ma­jo­ri­té au Pa­lais Bour­bon, ou qu’un té­nor mi­sait sur « 200 dé­pu­tés » FN en cas de dé­faite…

« Tout le monde en a marre. Il est temps que la cam­pagne s’achève », confie un res­pon­sable fron­tiste : dans cette courte cam­pagne, le FN n’a pas « im­pri­mé » sur le fond.

En cause, au­de­là de la

ré­vé­la­tion de pro­pos pas­sés an­ti­is­lam, homophobes ou ra­cistes de cer­tains can­di­dats, la mau­vaise dy­na­mique en­clen­chée avec le se­cond tour de la pré­si­den­tielle ra­té : re­trait de Ma­rion Ma­ré­chal­Le Pen, re­tour à l’iso­le­ment d’un Nicolas Du­pont­Ai­gnan très af­fai­bli et di­vi­sions in­ternes sur la place de l’eu­ro dans le pro­gramme.

Dans la trans­for­ma­tion in­terne du parti, « Ma­rine Le Pen se­ra­t­elle au­des­sus de la mê­lée ? Est­ce qu’elle par­ti­ci­pe­ra au dé­bat ? », se de­mande un di­ri­geant. Et lais­se­ra­t­elle la pos­si­bi­li­té d’écar­ter la sor­tie de l’eu­ro du pro­gramme ?

Les par­ti­sans de Ma­rion Ma­ré­chal­Le Pen es­pèrent pro­fi­ter du pro­chain congrès, fin 2017 ou dé­but 2018, pour re­mi­ser cette pro­po­si­tion et se lan­cer à la conquête de l’élec­to­rat de droite.

Autre en­jeu du dé­bat in­terne, la place de Flo­rian Phi­lip­pot, qui a aga­cé Ma­rine Le Pen en lan­çant son as­so­cia­tion « Les Pa­triotes » en pleine cam­pagne. Il a me­na­cé de quit­ter le FN si le congrès abou­tis­sait à ne plus vou­loir sor­tir de l’eu­ro, don­nant du re­lief à des pro­pos de l’été der­nier : « En 2017, le FN, je vais voir com­ment ça tourne. Je vais pas for­cé­ment y res­ter des an­nées. » ■

➔ As­si­gné en jus­tice. Trois an­ciens élus du FN du con­seil ré­gio­nal Pro­vence-Alpes-Côte d’Azur ont as­si­gné leur an­cien parti en jus­tice pour ob­te­nir le rem­bour­se­ment de sommes qui leur au­raient été illé­ga­le­ment ponc­tion­nées pen­dant leur man­dat. Le FN dé­nonce une dif­fa­ma­tion.

PHOTO AFP

MA­RINE LE PEN. Ne pas ob­te­nir de groupe par­le­men­taire se­rait un « pro­blème » pour la dé­mo­cra­tie, dit-elle.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.