Tant que Trump garde sa ma­jo­ri­té…

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités - Ig@cen­tre­france.com

Lu­do­vic Au­ré­gan (avec AFP) DO­NALD TRUMP. En­core se­rein. le pré­sident. Aux États­Unis, il s’agit d’un acte po­li­tique. Il ap­par­tient donc au Congrès – à la ma­jo­ri­té des deux tiers – de des­ti­tuer le chef de l’État. Pour un tel cas de fi­gure, les re­pré­sen­tants et sé­na­teurs doivent es­ti­mer que le pré­sident s’est ren­du cou­pable de « tra­hi­son, cor­rup­tion ou autres crimes et dé­lits ma­jeurs ».

Dans l’his­toire ré­cente américaine, deux cas si­mi­laires se sont pré­sen­tés. Le pre­mier re­monte à 1974. À l’époque, Ri­chard Nixon était em­pê­tré dans le scan­dale du Wa­ter­gate. Ac­cu­sé d’avoir ten­té de faire po­ser des mou­chards dans le quar­tier gé­né­ral du parti dé­mo­crate, le suc­ces­seur de Lyn­don B. John­son n’était pas for­mel­le­ment mis en cause par la jus­tice. Ce­la n’a pas em­pê­ché l’ouverture d’une pro­cé­dure de des­ti­tu­tion qui n’est pas al­lée à son terme, suite à la dé­mis­sion du pré­sident.

Celle concer­nant Bill Clin­ton, pour par­jure et obs­truc­tion de l’ins­truc­tion dans le cadre de l’af­faire Mo­ni­ca Le­wins­ky – le ma­ri d’Hilla­ry était ac­cu­sé d’avoir eu une re­la­tion sexuelle avec sa sta­giaire à la Mai­son Blanche, ce qui l’a conduit à men­tir sous ser­ment – en 1998, la pro­cé­dure s’est sol­dée par un vote au Congrès. Ma­jo­ri­taires, les dé­mo­crates vo­tèrent contre, les ré­pu­bli­ cains pour. Clin­ton ne fut pas des­ti­tué.

En l’état actuel des choses, l’af­faire Co­mey se sol­de­rait très pro­ba­ble­ment par le même sort. Le camp de Do­nald Trump, les ré­pu­bli­cains, est majoritaire au Congrès. Et pour le mo­ment, il lui laisse le bé­né­fice du doute. « Il est nou­veau pour ce qui est de gou­ver­ner, donc il n’était pro­ba­ble­ment pas au fait des pro­to­coles exis­tant de­puis long­temps éta­blis­sant les re­la­tions entre le dé­par­te­ment de la jus­tice, le FBI et la Mai­son Blanche », a ana­ly­sé le pré­sident ré­pu­bli­cain de la Chambre des re­pré­sen­tants, Paul Ryan.

Si l’af­faire évo­luait en pro­fon­deur – le dé­lit d’en­trave est dif­fi­cile à prou­ver et re­quiert beau­coup d’in­for­ma­tions sur « l’in­ten­tion de la per­sonne », in­dique Mark Tu­sh­net, pro­fes­seur de droit à Har­vard – et que Do­nald Trump était ame­né à être des­ti­tué, son vice­pré­sident Mike Pence pren­drait sa place. Cet ul­tra­conser­va­teur proche du Tea Party est ré­pu­té mi­so­gyne, ho­mo­phobe, cli­ma­to­scep­tique et an­ti­avor­te­ment. Avant de de­ve­nir vice­pré­sident, il fut dé­pu­té, puis gou­ver­neur de l’In­dia­na, après y avoir exer­cé comme avo­cat. Tou­te­fois, ses états de ser­vice ne men­tionnent pas s’il était spé­cia­li­sé dans les af­faires de des­ti­tu­tion… ■

PHOTO AFP

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