Im­mo­bi­lier : taux en­core bas

La Montagne (Vichy) - - Tendances Bourse - Sandra Ma­tho­rel © LE BER­RY RÉ­PU­BLI­CAIN

La re­mon­tée des taux des cré­dits im­mo­bi­liers es­quis­sée de­puis quelques mois s’es­souffle dé­jà. Les condi­tions d’em­prunt res­tent par­ti­cu­liè­re­ment at­trayantes, même pour des échéances longues. La moyenne était de 1,56 % en mai toutes du­rées confon­dues.

Oui, les taux ont lé­gè­re­ment re­mon­té de­puis l’au­tomne, mais ils res­tent « his­to­ri­que­ment bas », ex­plique Cécile Ro­que­laure, di­rec­trice des études du cour­tier Em­prun­tis. En mai, les taux de cré­dit se sont éta­blis à 1,56 % en moyenne, toutes du­rées confon­dues, se­lon le der­nier Ob­ser­va­toire Cré­dit Lo­ge­ment.

Pas d’af­fo­le­ment

« Le plus fort de la hausse a été consta­té en fé­vrier et, de­puis, les aug­men­ta­tions ne sont que de faible am­pleur », sou­ligne l’Ob­ser­va­toire. Entre avril et mai, ils sont en ef­fet res­tés qua­si­ment stables à 0,01 % (1,55 % en avril), preuve que la lé­gère hausse est en train de s’es­souf­fler. Pas de quoi s’af­fo­ler, donc.

Certes, en no­vembre, les taux avaient at­teint un seuil ja­mais vu au­pa­ra­vant de 1,31 % en moyenne ! La hausse en­clen­chée de­puis a pro­vo­qué « le pas­sage à l’acte d’ache­teurs en­core in­dé­cis », re­marque Thier­ry De­le­salle, no­taire à Pa­ris.

S’il y a eu un ef­fet d’em­bal­le­ment, cette hausse

reste pour­tant as­sez in­do­lore pour l’em­prun­teur, même sur les longues du­rées. « Sur 20 et 25 ans, les meilleurs pro­fils peuvent en­core dé­cro­cher, res­pec­ti­ve­ment, un taux hors as­su­rance de 1,30 % et de 1,51 % en moyenne », dé­taille Cécile Ro­que­laure. Un couple de tren­te­naires pa­ri­siens vient, ain­si, d’ob­te­nir un prêt de 400.000 € sur 25 ans à 1,50 % brut, et ce avec seule­ment 15.000 € d’ap­port.

Sur les du­rées plus courtes, les taux sont tou­jours ul­tra­at­trac­tifs et peuvent même chu­ter à 0,60 % sur 7 ans ! On est bien loin de l’an­née 2008 où le taux moyen avait grim­pé à plus de 5 %.

Sur­tout, les taux ac­tuels sont tou­jours plus in­té­res­sants que ceux de l’an­née der­nière à la même époque. « Nous sommes en­core dans des condi­tions de cré­dit re­mar­quables », confirme Mi­chel Mouillart, éco­no­miste et di­rec­teur de l’Ob­ser­va­toire Cré­dit Lo­ge­ment, qui re­le­vait un taux moyen de 1,77 % en mai 2016.

Né­go­cia­tion aus­si

Il n’est pas non plus trop tard pour re­né­go­cier son prêt. « Les de­mandes de re­né­go­cia­tion re­pré­sentent en­core 20 % des dos­siers que nous trai­tons, in­dique Maël Ber­nier, por­te­pa­role du cour­tier Meilleur­taux.com. Le gain moyen réa­li­sé est de 30.000 € en moyenne avec un écart de taux hors as­su­rance de 1,80 %. »

Seule ombre au ta­bleau : même si cer­taines banques ac­ceptent en­core de fi­nan­cer à 110 % (prix d’achat et frais d’ac­qui­si­tion), elles sont moins en­clines à ac­cor­der des ris­tournes sur les taux de leurs propres ba­rèmes ou des op­tions gra­tuites (frais de dos­sier, re­ports d’échéances, etc.). « Les ré­seaux ont dé­jà réa­li­sé la qua­si­to­ta­li­té de leurs ob­jec­tifs, ex­plique Cécile Ro­que­laure. La baisse de la de­mande de prêts es­quis­sée en avril de­vrait être à l’avan­tage des fu­turs em­prun­teurs, qui au­ront plus de marge de né­go­cia­tion ». ■

EX­PER­TISE. « En­core dans des condi­tions de cré­dit re­mar­quables ».

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