Les Vieilles Ca­nailles vous sa­luent !

En tour­née dans toute la France pour dix­sept dates dont le 16 juin au Zé­nith d’Au­vergne

La Montagne (Vichy) - - Magdimanche -

Ils re­mettent le cou­vert. Dix­sept dates en France pour les Vieilles Ca­nailles. Avec John­ny ? Oui, bien sûr, avec John­ny. Par­lons­en.

Mar­di der­nier, il est presque 19 heures sur l’Ile Se­guin, à Bou­lo­gneBillan­court. Au bord de Pa­ris. Les bâ­ti­ments in­dus­triels qui ont fait l’his­toire de la construc­tion au­to­mo­bile fran­çaise, en l’oc­cur­rence Re­nault, ne sont plus que sou­ve­nirs. Une fa­çade, seule, a été conser­vée, com­ me le mi­roir du pas­sé. L’ar­chi­tecte Jean Nou­vel pi­lote le pro­jet qui consiste à re­vi­si­ter to­ta­le­ment ce site de plu­sieurs di­zaines de mil­liers de mètres car­rés.

Sur le pont­pas­se­relle qui en­jambe la Seine, à la pointe de l’Ile, des cen­taines de per­sonnes at­tendent l’ou­ver­ture des portes de La Seine Mu­si­cale, nou­velle uni­té à do­mi­nante cultu­relle, en forme de vais­seau inau­gu­rée par Dy­lan en avril der­nier. Ce soir, on s’y

presse pour voir et en­tendre l’hom­mage sym­pho­nique à Mi­chel Ber­ger.

Juste der­rière, au stu­dio RiFFX, c’est un autre spec­tacle qui se joue, en off : les ré­pé­ti­tions des Vieilles Ca­nailles dont la tour­née a dé­bu­té hier à Lille et passe par Cler­mont le 16 juin. John­ny Hal­ly­day, Ed­dy Mi­chell, Jacques Du­tronc. Ces ré­pé­ti­tions ter­mi­nées, ils se pré­sentent tous les trois de­vant la presse ve­nue d’un peu par­tout. Il ne s’agit pas d’une confé­rence tout à fait clas­sique…. La plu­part des jour­na­listes ap­plau­dissent à l’en­trée de ces trois mo­nu­ments. John­ny, puisque c’est avant tout lui que cha­cun at­tend de voir, s’avance le pre­mier. L’hu­meur est plus à la dé­con­nade qu’à la li­vrai­son d’in­fos vé­ri­tables,

es­prits vieilles ca­nailles en quelque sorte.

Tra­fic d’in­fluences. « To­ny Ben­nett, Tom Jones et d’autres font par­tie de ceux qui m’ont in­fluen­cé, mais j’ai sur­tout été mar­qué par El­vis, qui était un chan­teur hors­norme. Et avant d’être ce chan­teur, c’était un croo­ner for­mi­dable. Sa femme, que j’ai ren­con­trée à Los An­geles, m’a ex­pli­qué qu’il au­rait rê­vé d’être chan­teur d’opé­ra » a d’abord ex­pli­qué John­ny avant que

Du­tronc pré­cise : « moi, je suis un chan­teur d’apé­ro ». Les rires pas­sés, le play­boy re­prend : To­ny Ben­nett, ef­fec­ti­ve­ment c’est ex­cellent, Si­na­tra c’est trop fa­cile, mais Ben­nett… ». « Et Dean Mar­tin ou Sam­my Da­vis Jr » ! dixit Ed­dy.

À trois, c’est com­ment ? « Chan­ter à trois, c’est amu­sant d’abord. On ne chante ef­fec­ti­ve­ment pas vrai­ment de la même ma­nière que lorsque l’on est seul. On fait un peu plus le croo­ner ar­gu­mente John­ny. Vous sa­vez, on se connaît de­puis long­temps… De­puis qu’on a quinze ou seize ans, au Golf Drouot ». Les ex­pli­ca­tions sur qui a ren­con­tré qui et à quel mo­ment di­vergent un peu, mais il semble que… John­ny et Du­tronc

ha­bi­taient le quar­tier du Golf Drouot, rue de Pro­vence et rue de la Tour­desDames ». C’est en­suite qu’Ed­dy est en­tré dans la danse.

Appelez-les Mous­tique, Sch­moll et Gas­ton. Les époques passent mais par­fois, les sur­noms de­meurent. « Ben moi c’était Sch­moll ; lui (dé­si­gnant Du­tronc) on l’a ap­pe­lé Gas­ton à un mo­ment… ». « Non, je ne suis pas tout à fait d’ac­cord, on m’a ap­pe­lé ca­le­çon ou ca­le­cif… ».

« Et moi, pour­suit John­ny, on m’ap­pe­lait Mous­tique. J’avais un co­pain, qui est en­suite de­ve­nu le bas­siste de Jacques, c’est lui qui m’avait bap­ti­sé comme ça ».

Rock’n’roll for ever. « On n’a ja­mais ima­gi­né que ça du­re­rait si long­temps ! C’est le

Du­tronc : « Moi on m’a ap­pe­lé ca­le­çon ou ca­le­cif… »

ha­sard, la vie qui a fait ça. Ce mé­tier est for­mi­dable, vous sa­vez pour­quoi ? Parce qu’on rend les gens heu­reux. Et don­ner un peu de rêve c’est fa­bu­leux, sur­tout au­jourd’hui ! », se­lon John­ny.

Pour toute la France. Les Vieilles Ca­nailles, le spec­tacle, a été joué cinq fois en 2014. Et s’ils re­com­mencent au­jourd’hui c’est parce que… « Les im­pôts » ! lâche en riant Ed­dy Mit­chell. Qui pour­suit, « non, c’est John­ny qui est à l’ori­gine ». Ex­pli­ca­tion : J’ai trou­vé dom­mage de n’avoir fait que ces cinq dates à Pa­ris. Je re­ce­vais des lettres de fans qui me di­saient : mais pour­quoi vous ne ve­nez pas en Pro­vince ? Voi­là com­ment c’est par­ti ». « Mais à condi­tion

qu’on rentre tous les soirs à la mai­son », re­prennent de concert et tou­jours aus­si sé­rieu­se­ment les deux autres com­pères go­gue­nards.

Ras-le-bol des sa­lades gour­mandes… ! « Sou­vent, ex­plique Ed­dy Mit­chell, en tour­née, on se re­trouve à man­ger une sa­lade gour­mande à une heure du ma­tin à l’hô­tel. Moi je pré­fère un pe­tit sand­wich dans l’avion. Donc, là, nous al­lons très sou­vent ren­trer chez nous juste après le concert… ».

« Moi, je ne sup­porte plus les hô­tels ra­joute John­ny. Ca fait 55 ans que je fais tour­née sur tour­née, et main­te­nant j’aime dor­mir dans mon lit… »

Alors on joue quoi ? « C’est à peu près la même chose qu’il y a deux ans et de­mi – par­mi les titres : Noir c’est noir, J’ai ou­blié de vivre, J’aime les filles, L’op­por­tu­niste, Le ci­me­tière des élé­phants, Be bop a lu­la, Ex­cuse moi par­te­naire , etc – Il y a un grand or­chestre qui dé­marre, et nous en­trons en scène. En­suite nous jouons les play­boys. Et on en­chaîne.

74 + 75 = John­ny Hal­ly­day au­ra 74 ans le 15 juin, veille du concert à Cler­mont. Ed­dy Mit­chell, lui, au­ra 75 ans le 3 juillet. « Nous ne se­rons pas sur scène ces deux soirs­là mais on se fe­ra un pe­tit dî­ner » dixit Ed­dy.

« Ed­dy ? Il n’aime rien »

Can I do, for you…. Se­lon les ar­tistes, la dé­fi­ni­tion de Ca­naille va­rie. « C’est pas mé­chant ca­naille » avance Ed­dy. Du­tronc, lui, re­cule… « Est­ce que je peux re­prendre une plai­san­te­rie que j’ai dé­jà faite ? Oui ? Merci. Alors, un jour, on me de­mande, Les vieilles ca­nailles…, et je ré­ponds : Can I do… for you… Oui bon d’ac­cord… ». Pe­tit bide mais bon…

« Ca­naille, re­prend Ed­dy, ça me rap­pelle Serge (cf Gainsbourg) et le duo que nous avions fait. D’ailleurs, je pen­sais que c’était lui qui avait écrit les pa­roles alors que pas du tout. Il m’a ex­pli­qué à l’époque que c’était une adap­ta­tion de You ras­cal you – chan­son de Sam Theard et Tho­mas Dor­sey sor­tie en 1929.

Et lui, qu’en pen­sez-vous ? Ed­dy : « chez Jacques c’est son cô­té pro­fes­sion­nel de la dé­ri­sion que j’aime le plus. Chez John­ny, c’est… John­ny, c’est Ro­bo­cop ! Un bat­tant. Re­cou­su de par­tout mais tou­jours là, tou­jours de­bout, c’est ex­tra­or­di­naire ». Moi, ce que j’aime chez Ed­dy, c’est son sens de l’hu­mour, et... en­fin, il faut pré­ci­ser qu’il n’aime rien : à chaque fois que je lui parle d’un film ou d’un bou­quin il me ré­pond ouais c’est gen­tillet… Quant à Jacques, il est res­té un en­fant pu­dique. Il est très ti­mide, c’est aus­si pour ce­la que je l’aime ». « Mais toi aus­si tu es ti­mide » ! ■

ILS AR­RIVENT. Près de 220 ans de chan­son à tous les trois. Du­tronc, Hal­ly­day et Mit­chell re­prennent la route. À l’ori­gine des vieilles ca­nailles, le Rat Pack, cé­lèbre trio réu­nis­sant, dans les an­nées 1950 aux États-Unis, less chan­teurs Dean Mar­tin, Frank Si­na­tra et Sam­my Da­vis Jr.

PHOTO DR

s chan­teurs Dean Mar­tin, Frank Si­na­tra et Sam­my Da­vis Jr.

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