La mé­moire en hé­ri­tage

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités - Pas­cal Ra­ti­naud

Le pré­sident de la Ré­pu­blique a sou­hai­té mettre les en­fants en avant lors des cé­ré­mo­nies com­mé­mo­ra­tives, hier, à Ora­dour-surG­lane. Pour qu’ils de­viennent à leur tour des pas­seurs de mé­moire.

Ils étaient ve­nus de par­tout. De Li­moges bien sûr, mais aus­si de Mul­house, de Lyon, de Mar­seille, de Gan­nat dans l’Al­lier ou en­core de Riom dans le Puy­de­Dôme.

La plu­part étaient tout de blanc vê­tus. Les en­fants étaient, hier, pla­cés au coeur des cé­ré­mo­nies com­mé­mo­ra­tives du mas­sacre d’Ora­dour­sur­Glane (Haute­Vienne), le 10 juin 1944. C’était une vo­lon­té pré­si­den­tielle.

« Tout peu re­com­men­cer »

Ceux du vil­lage ont en­ton­né Le chant d’Ora­dour. Ceux de l’école Jo­liot­Cu­rie de Li­moges ont chan­té a cap­pel­la La Mar­seillaise. Quand Em­ma­nuel Ma­cron et Ro­bert Hé­bras, le der­nier sur­vi­vant, ont pris un peu de champ pour vi­si­ter le vil­lage mar­tyr, ils ont re­trou­vé d’autres en­fants au pied des ruines. TÉ­MOI­GNAGES. Le chef de l’État en­tou­ré d’en­fants dans un lieu de sup­plice du vil­lage mar­tyr d’Ora­dour. Là où Ro­bert Hé­bras, der­nier sur­vi­vant, a été lais­sé pour mort.

De­vant un pan béant, Ro­bert Hé­bras leur a ex­pli­qué que c’est ici qu’il a re­trou­vé morte sa pe­tite soeur. Puis, à la grange Lau­dy, il leur a ra­con­té son vé­cu de mi­ra­cu­lé.

Le chef de l’État, lui, a peu par­lé, lais­sant le vieil homme re­don­ner vie, même par la porte de l’ef­froi, à « son » Ora­dour.

Il s’est ex­pri­mé plus tard, dans un dis­cours simple mais puis­sant, s’adres­sant

di­rec­te­ment au de­mi­mil­lier de jeunes pré­sents.

« J’ai vou­lu que vous soyez les té­moins, vous aus­si, de ce que fut Ora­dour. Quand vous ren­tre­rez chez vous, vous en par­le­rez au­tour de vous. Vous vous sou­vien­drez de vi­sages et de noms ja­mais pro­non­cés dans cer­tains en­droits du pays. Vous se­rez alors de­ve­nus des pas­seurs de mé­moire. »

Et de lan­cer un ap­pel à la vi­gi­lance : « Le mar­tyr d’Ora­dour concentre tout ce qui nous ré­vulse et nous ré­volte. Tout le monde a crié “Plus ja­mais ça”, mais on sait bien que tout peut re­com­men­cer. Il ne faut pas que ça re­com­mence. C’est à vous d’y veiller main­te­nant. Vous se­rez dé­sor­mais des té­moins, j’es­père que vous se­rez de­ve­nus aus­si des consciences. » ■

PHOTO THO­MAS JOUHANNAUD

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