Le Ma­jor­quin est im­bat­table, c’est vrai­ment l’ogre de l’ocre

La Montagne (Vichy) - - Sports L'actu Nationale -

Ra­fael Na­dal n’a pas d’égal sur la terre : avec son lift mons­trueux, ses glis­sades, son phy­sique in­al­té­rable et son in­oxy­dable men­tal, l’Es­pa­gnol, dix fois vain­queur de Ro­land-Gar­ros, est le plus grand joueur de l’his­toire sur la sur­face ocre.

Le ré­duire à cette seule di­men­sion se­rait certes une er­reur. Avec 15 vic­toires en Grand Che­lem, dont la col­lec­tion com­plète des quatre « Ma­jors », 73 tro­phées sur le cir­cuit de l’ATP, la place de n°1 mon­dial oc­cu­pée pen­dant 141 se­maines, quatre Coupes Da­vis et deux mé­dailles d’or olym­pique, en simple et en double, il pos­sède à 31 ans le pal­ma­rès le plus foi­son­nant der­rière ce­lui de Ro­ger Fe­de­rer. NA­DAL. In­trai­table sur terre bat­tue.

Lui­même place au­des­sus de tout ses deux vic­toires sur le ga­zon de Wim­ble­don, en 2008 et 2010, sur­tout la pre­mière, con­ quise dans un match de lé­gende contre le cham­pion suisse, co­au­teur avec lui d’un des plus pas­sion­nants feuille­tons de l’his­toire du sport qui tour­na sou­vent à son avan­tage : 23 vic­toires à 14 (6 à 3 en fi­nales de Grands Che­lems).

Mais c’est sur la terre bat­tue, le ter­rain le plus lent et le plus exi­geant pour la tête comme pour les jambes, que son art a at­teint sa per­fec­tion. Pen­dant plus d’une dé­cen­nie, d’avril à juin, il a été presque im­bat­table : 389 matchs ga­gnés sur 424 dis­pu­tés, soit près de 92% de suc­cès.

Ses triomphes pa­ri­siens, un qua­dru­plé de 2005 à 2008, puis un quin­tu­plé de 2010 à 2014 avant ce­lui de 2017, ont été ses chefs d’oeuvre. Au­cun cham­pion n’a ja­mais réus­si à ga­gner aus­si sou­vent un même tour­noi du Grand Che­lem.

Per­sonne non plus n’a ja­mais pu rem­por­ter 81 matchs de suite sur terre bat­tue, re­cord éta­bli entre avril 2005 et mai 2007, ni em­pi­ler 53 titres sur cette sur­face.

Cet amour du rouge était ins­crit dans son acte de nais­sance. A Ma­jorque, comme en Es­pagne en gé­né­ral, on a long­temps conçu le ten­nis comme un sport se pra­ti­quant sur terre bat­tue ex­clu­si­ve­ment.

Né d’une mère com­mer­çante et d’un père chef d’en­tre­prise à Ma­na­cor, la troi­sième ville d’une île à la­quelle il est tou­jours res­té pas­sion­né­ment at­ta­ché, Na­dal a pas­sé son en­fance dans un im­meuble où lo­geait toute sa fa­mille, ou plu­tôt son clan, tant un es­prit de corps à la mé­di­ter­ra­néenne sou­dait tous ses membres (à cet égard la sé­pa­ra­tion de ses pa­rents, en 2009, a été une très rude épreuve).

Par­mi eux, ses oncles ont eu une im­por­tance dé­ci­sive : Mi­guel An­gel Na­dal, le foot­bal­leur du FC Bar­ce­lone, qui lui a fait prendre conscience très jeune des exi­gences du sport pro­fes­sion­nel, et sur­tout To­ni, son unique men­tor de­puis l’âge de quatre ans. ■

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