La trans­for­ma­tion

La Montagne (Vichy) - - Elections Legislatives -

La Ve Ré­pu­blique, construite pour avoir des ma­jo­ri­tés stables, n’a que faire des in­quié­tudes face à des vagues qui conduisent au Pa­lais­Bour­bon un par­ti ul­tra­do­mi­nant. Ce qui est en train de se pas­ser avec la Ré­pu­blique en Marche ! a eu des pré­cé­dents avec l’ex­RPR en 1993, avec le PS en 1981, etc. Et, au­jourd’hui, les par­tis d’op­po­si­tion ont mau­vaise grâce de tré­pi­gner, cer­tains d’entre eux ont été les pre­miers bé­né­fi­ciaires du phé­no­mène des vagues. Ils au­raient pu chan­ger le sys­tème en in­tro­dui­sant une dose de pro­por­tion­nelle pour mo­dé­rer la dy­na­mique ma­jo­ri­taire, ils ne l’ont pas fait.

Ce pre­mier tour se ca­rac­té­rise en outre par un très fort taux d’abs­ten­tion. En­vi­ron la moi­tié du corps élec­to­ral ne s’est pas ren­du aux urnes. Outre la las­si­tude au terme d’une très longue sé­quence élec­to­rale, c’est le quin­quen­nat et le lien étroit entre lé­gis­la­tives et pré­si­den­tielle qui est res­pon­sable de cette mi­no­ra­tion des lé­gis­la­tives. Com­ment chan­ger alors ? En re­ve­nant au sep­ten­nat pour avoir des lé­gis­la­tives dé­cou­plées de la pré­si­den­tielle, of­frant alors un dé­bat de pro­jets.

L’abs­ten­tion ré­vèle par ailleurs un com­por­te­ment connu. Le camp du per­dant s’abs­tient et donne ain­si une prime au camp du vain­queur. Mais en 2017 il y a une nuance de taille. Il n’y a pas un per­dant de la pré­si­den­tielle, mais trois : le FN, LR et la gauche. Ceux­ci ont ad­di­tion­né leurs ab­sen­tions. Par ailleurs, la faible par­ti­ci­pa­tion ré­duit le nombre de tri­an­gu­laires au se­cond tour et fa­vo­rise ain­si la dy­na­mique de La Ré­pu­blique en Marche ! en po­si­tion cen­trale.

Avec ces lé­gis­la­tives, Em­ma­nuel Ma­cron trans­forme sa marche triom­phante lan­cée il y a à peine un an. Il illustre sa vo­lon­té non pas de chan­ger le pay­sage po­li­tique, mais de le rem­pla­cer. Car ce qui se passe est tout à fait in­édit, la France ne va pas vivre une al­ter­nance clas­sique droite gauche, elle va vivre un rem­pla­ce­ment qui se si­tue dans un large centre de l’échi­quier po­li­tique, ren­voyant loin à droite et à gauche des op­po­si­tions crou­pions. Grand clerc se­rait ce­lui qui di­rait au­jourd’hui com­ment le pay­sage po­li­tique se re­cons­trui­ra après un tel tsu­na­mi. Mais c’est bien la fin d’une époque.

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