Et la vague fut très forte

La Montagne (Vichy) - - Elections Legislatives - Flo­rence Ché­do­tal flo­rence.che­do­tal@cen­tre­france.com

Elle était at­ten­due, cette dé­fer­lante, comme si ces lé­gis­la­tives n’étaient qu’une for­ma­li­té pour le pré­sident à qui les Fran­çais semblent vou­loir don­ner une chance et les clefs de l’As­sem­blée. Mais la dé­ser­tion des élec­teurs n’est pas un bon signe.

Les Fran­çais (du moins ceux qui sont al­lés vo­ter) au­raient vou­lu ti­rer le ta­pis qu’ils ne s’y se­raient pas pris au­tre­ment. Ba­layés, les vieux par­tis ré­duits à por­tion congrue, et ta­pis rouge aux can­di­dats de La Ré­pu­blique en Marche ! al­liée au MoDem (plus de 32 %) qui, se­lon les pro­jec­tions, pour­raient s’as­seoir sur 400 à 455 sièges du Pa­lais­Bour­bon. C’est beau­coup, c’est même ver­ti­gi­neux. La vague en marche em­porte tout sur son pas­sage.

L’éti­quette Ma­cron, le Graal. Vi­si­ble­ment, l’éti­quette Ma­cron a suf­fi pour por­ter des can­di­dats sou­vent in­ex­pé­ri­men­tés, sou­vent in­con­nus au ba­taillon, aux portes du Par­le­ment. Preuve de la forte en­vie de re­nou­vel­le­ment des ci­toyens, las­sés du mou­ve­ment de ba­lan­cier de la CAS­TA­NER. Le porte-pa­role du gou­ver­ne­ment lar­ge­ment en tête dans les Alpes-de-Haute-Pro­vence.

vie po­li­tique fran­çaise… d’avant. Une éti­quette Ma­cron qui a por­té chance au mi­nistre Le Maire se fé­li­ci­tant hier soir de son « meilleur score de pre­mier tour » aux lé­gis­la­tives, avec 45 %.

Les pleins pou­voirs ? Le pré­sident olym­pien de­vrait avoir, di­manche pro­chain, les cou­dées franches, pour ne pas dire les pleins pou­voirs, avec une As­sem­blée re­de­vable et dé­vouée à sa

cause, les forces d’op­po­si­tion ne pe­sant pas lourd dans ce nou­veau pay­sage. Le fait ma­jo­ri­taire de la Ve Ré­pu­blique n’a ja­mais aus­si bien mar­ché et, bien­tôt, des voix ré­cla­me­ront à nou­veau une dose de pro­por­tion­nelle aux lé­gis­la­tives. La concen­tra­tion des pou­voirs est presque in­quié­tante. Le par­ti ma­cro­nien, d’es­sence cen­triste, a toutes les chances de ré­cu­pé­rer au se­cond tour, quand il le faut, les voix de droite ou de gauche, pour bou­ter hors champ ses concur­rents fron­tistes, in­sou­mis ou Les Ré­pu­bli­cains.

Pas d’eu­pho­rie non plus… Raz­de­ma­rée, tsu­na­mi, dé­fer­lante… Les qua­li­fi­ca­tifs tombent dru, mais sont as­sez trom­peurs, au re­gard de la forte ab­sen­tion. Si la vague est là, ce n’est pas non plus l’eu­pho­rie, un en­thou­siasme dé­bri­dé, ni une adhé­sion de toute la po­pu­la­tion fran­çaise à un pro­jet pré­si­den­tiel.

Ga­geure : ca­na­li­ser. Mais les can­di­dats LREM n’ont au­cune rai­son de bou­der leur plai­sir. Leur res­te­ra un chal­lenge : res­ter unis. Et là, ce ne se­ra pas une mince af­faire. Le poste de pré­sident du groupe LREM se­ra, à cet égard, ex­trê­me­ment stra­té­gique pour ca­na­li­ser l’en­semble. Quand cer­tains es­pèrent que cette « ar­mée de pu­ceaux po­li­tiques » (se­lon les termes d’un proche du duo exé­cu­tif) se­ra moins por­tée sur les cal­culs d’ap­pa­reil et plus do­cile, d’autres pré­disent que tous ne res­te­ront pas in­dé­fi­ni­ment des « bé­ni­oui­oui ». Entre leurs mains, ré­side la ca­pa­ci­té de dé­bat de notre dé­mo­cra­tie. ■

PHOTO AFP

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