Un nou­vel échec cin­glant

La Montagne (Vichy) - - Elections Legislatives - Claude Lesme claude.lesme@cen­tre­france.com

Dé­çus par Ma­rine Le Pen et les dis­sen­sions in­ternes, trop d’élec­teurs se sont ré­fu­giés dans l’abs­ten­tion, pro­vo­quant un échec cin­glant pour le Front na­tio­nal.

L’abs­ten­tion re­cord et his­to­rique en­re­gis­trée hier au­ra par­ti­cu­liè­re­ment nui au score du Front na­tio­nal puisque les couches po­pu­laires – le coeur de son élec­to­rat – et les jeunes semblent s’être abs­te­nus mas­si­ve­ment. Avec près de 3 mil­lions de voix, le FN a per­du près de 4 mil­lions de voix par rap­port au score de Ma­rine Le Pen au pre­mier tour de la pré­si­den­tielle (7,7 mil­lions).

Rêve in­as­sou­vi

Dans ce contexte de dé­mo­bi­li­sa­tion, le Front na­tio­nal, qui ne peut faire état ni de ré­serves de voix, ni d’al­liances, va se heur­ter au tra­di­tion­nel pla­fond de verre qui l’em­pêche de ga­gner au se­cond tour. Ain­si, le rêve ca­res­sé par les fron­tistes de faire élire de 50 à 80 dé­pu­tés res­te­ra un rêve in­as­sou­vi, puis­qu’il n’est main­te­nant même plus ques­tion de dis­po­ser d’un groupe à MA­RINE LE PEN. Elle est en bal­lot­tage fa­vo­rable à Hé­ninBeau­mont, l’une des rares sa­tis­fac­tions du FN hier.

l’As­sem­blée na­tio­nale (15 élus sont né­ces­saires). Le FN peut tout au plus es­pé­rer, se­lon les pro­jec­tions d’hier soir, dis­po­ser de 3 à 10 dé­pu­tés dans la pro­chaine lé­gis­la­ture.

Ma­rine Le Pen, en bal­lot­tage fa­vo­rable à Hé­ninBeau­mont (46 %), pour­rait être une des rares sa­tis­fac­tions et pour­rait re­trou­ver un peu de cré­dit après le crash de la pré­si­den­tielle. Mal­gré tout, le chat est

maigre pour un par­ti qui s’était pro­cla­mé il y a peu de temps, après des suc­cès aux eu­ro­péennes et aux élec­tions ter­ri­to­riales, le « pre­mier par­ti de France ».

C’était avant une pré­si­den­tielle ca­la­mi­teuse en dé­pit d’un re­cord his­to­rique de voix au se­cond tour avec près de 11 mil­lions de suf­frages. Cet échec a dé­çu nombre d’élec­teurs qui se sont re­ tran­chés dans l’abs­ten­tion.

De­puis la pré­si­den­tielle, le FN, qui avait mon­tré son « ama­teu­risme » no­tam­ment sur le dos­sier de l’eu­ro, se re­trouve en crise avec des dis­sen­sions qui portent sur le lea­der­ship re­mis en ques­tion de Ma­rine Le Pen, après l’ac­ci­dent in­dus­triel de son dé­bat contre Em­ma­nuel Ma­cron, et des bis­billes entre chefs (no­tam­ment après la créa­tion par Flo­rian Phi­lip­pot de son as­so­cia­tion « Les pa­triotes »). De sur­croît, le re­trait de Ma­rion Ma­ré­chal­Le Pen, très po­pu­laire dans le par­ti et chez les sym­pa­thi­sants, a dû ac­cen­tuer en­core la dé­mo­bi­li­sa­tion de l’élec­to­rat fron­tiste.

En re­flux à une élec­tion pour la pre­mière fois de­puis 2008, le Front na­tio­nal va main­te­nant de­voir ré­gler les ques­tions liées à sa ligne po­li­tique, cri­ti­quée et in­com­prise, et pro­ba­ble­ment la­ver son linge sale en fa­mille, comme après chaque échec. À sa dé­charge, re­con­nais­sons que le scru­tin uni­no­mal à deux tours lui est très dé­fa­vo­rable. Ce qui pose un pro­blème dé­mo­cra­tique. ■

PHOTO AFP

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