Un avenir des plus in­cer­tains

La Montagne (Vichy) - - Elections Legislatives - Yves Car­roué yves.car­roue@cen­tre­france.com

La­mi­né par le score de Be­noît Ha­mon à la pré­si­den­tielle, le PS n’a bé­né­fi­cié, hier, d’au­cun mi­racle et a fait pire qu’aux dé­sas­treuses lé­gis­la­tives de 1993.

«Un re­cul sans pré­cé­dent », a ad­mis dès le dé­but de la soi­rée élec­to­rale, hier, Jean­Ch­ris­tophe Cam­ba­dé­lis, pre­mier se­cré­taire d’un PS cré­di­té par des son­dages d’en­vi­ron 10 % des suf­frages seule­ment.

De­puis les lé­gis­la­tives de 1978 qui mar­quèrent le dé­but de l’as­cen­sion de la gauche vers le pou­voir, le Par­ti so­cia­liste n’était ja­mais tom­bé aus­si bas.

Sans sur­prise

Avec un score es­ti­mé, hier soir, à un peu plus de 10 % des voix, le par­ti de l’ex­pré­sident de la Ré­pu­blique ne pour­rait bien ob­te­nir que de 15 à 40 sièges sur 577 à l’As­sem­blée, alors qu’il contrô­lait la moi­tié de l’as­sem­blée sor­tante, élue en 2012, dans la fou­lée de la vic­toire de Fran­çois Hol­lande.

Même les lé­gis­la­tives de 1993, his­to­ri­que­ment les JEAN-CH­RIS­TOPHE CAM­BA­DÉ­LIS. Pre­mier se­cré­taire d’un Par­ti so­cia­liste en dé­route.

pires pour le PS (57 dé­pu­tés seule­ment), qui avaient abou­ti à la se­conde co­ha­bi­ta­tion entre Fran­çois Mit­ter­rand et un Pre­mier mi­nistre RPR, Édouard Bal­la­dur, n’avaient pas consti­tué un échec aus­si cin­glant.

Le score d’hier n’a ce­pen­dant sur­pris per­sonne rue de Sol­fé­ri­no, après l’éli­mi­na­tion du can­di­dat

Be­noît Ha­mon, ar­ri­vé en cin­quième po­si­tion au pre­mier tour de la pré­si­den­tielle avec seule­ment 6,36 % des voix, der­rière l’en­ne­mi ju­ré de Fran­çois Hol­lande, Jean­Luc Mé­len­chon (La France in­sou­mise), à 19,58 % des voix.

Il pose avec acui­té la ques­tion de la sur­vie du par­ti et de sa re­com­po­si­tion alors que des his­to­ri­

ques comme Mar­tine Au­bry, Anne Hi­dal­go, maire de Pa­ris, et Ch­ris­tiane Tau­bi­ra, ex­garde des Sceaux de Fran­çois Hol­lande, an­non­çaient dès le 10 mai le lan­ce­ment d’un mou­ve­ment com­mun, « Dès de­main », quand Be­noît Ha­mon fai­sait part d’in­ten­tions com­pa­rables.

Les ca­nots de sau­ve­tage lan­cés par La Ré­pu­blique en marche ! vers Ma­ri­sol Tou­raine, Sté­phane Le Foll, « hol­lan­dais » his­to­rique, ou My­riam El Khom­ri, no­tam­ment, aux­quels les ma­cro­niens n’op­po­saient au­cun can­di­dat, et la fuite d’élus vers la fu­ture ma­jo­ri­té pré­si­den­tielle po­se­ront le pro­blème de la po­si­tion du PS.

Quelle place ?

Op­po­sant, sa­tel­lite de la forte ma­jo­ri­té La Ré­pu­blique en marche ! qui se pro­file ? Quelle place pour­ra oc­cu­per un par­ti do­té d’un groupe par­le­men­taire ré­duit au strict mi­ni­mum et pri­vé, de dé­faites en dé­faites, des for­te­resses ré­gio­nales et dé­par­te­men­tales et de la ma­jo­ri­té sé­na­to­riale que dé­te­nait le PS à l’ar­ri­vée de Fran­çois Hol­lande à l’Ély­sée ?

Les dé­faites sym­bo­liques du pa­tron du PS, JeanCh­ris­tophe Cam­ba­dé­lis, éli­mi­né à Pa­ris, qui fait par­tie du cor­tège des bat­tus avec les an­ciens mi­nistres Mat­thias Fekl, Pas­cale Bois­tard, Au­ré­lie Fi­lip­pet­ti, Fran­çois La­my, et du can­di­dat du PS à la pré­si­den­tielle, Be­noît Ha­mon, confirment la re­com­po­si­tion du pay­sage po­li­tique. Un autre dé­sir d’avenir. ■

PHOTO AFP

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