Avis de gros temps sur le Par­ti so­cia­liste

On n’évi­te­ra pas l’image écu­lée du Ti­ta­nic à l’ap­proche de l’ice­berg mais rien n’em­pê­che­ra le PS au­ver­gnat de plon­ger dimanche au fin fond des abysses. Quand bien même il pour­rait sau­ver de l’hé­gé­mo­nie ma­cro­niste un siège sur les sept qu’il dé­te­nait jus­qu

La Montagne (Vichy) - - Elections Legislatives -

Avis de gros temps et me­nace d’en­voi par le fond pour le Par­ti so­cia­liste au­ver­gnat ! Alors qu’à ses jours heu­reux, en 2012, le par­ti de François Hol­lande dé­te­nait sept sièges (*) sur les douze cir­cons­crip­tions d’Au­vergne, il pour­rait, dimanche, les perdre tous… à moins que la dé­pu­tée sor­tante de Riom (Puy­de­Dôme), Ch­ris­tine Pi­rès Beaune, ne sauve in ex­tre­mis sa tête aux dé­pens du can­di­dat ma­cro­niste, le maire de Vol­vic Mo­hand Ha­mou­mou. Tout dé­pen­dra de l’im­pli­ca­tion des élec­teurs de France in­sou­mise…

7 sièges sur 12 en 2012… que le PS pour­rait tous perdre dimanche

Cinq fois moins de voix pour le PS. Les chiffres sont im­pla­cables sur les quatre dé­par­te­ments : au pre­mier tour des lé­gis­la­tives de 2012, le PS avait re­cueilli 180.143 voix ; cinq ans plus tard, il ne ré­colte qu’une maigre mois­son de 35.000 élec­teurs. Cinq fois moins ! La perte est hé­mor­ra­gique…

Les Ré­pu­bli­cains tiennent vaille que vaille. En ayant de bonnes chances de sau­ve­gar­der leurs trois sièges sur la Haute­Loire (2) et le Can­tal (1), Les Ré­pu­bli­cains tiennent vaille que vaille, quoique sa­le­ment cha­hu­tés au contact de la dé­fer­lante Ma­cron. Mais que les cinq can­di­dats de La Ré­pu­blique en Marche !, don­nés pro­bables vain­queurs dimanche soir (Va­lé­rie Thomas, Lau­rence Vich­nievs­ky et Michel Fan­get dans le Puy­de­Dôme ; Bé­né­dicte Pey­rol

et Pau­line Ri­vière dans l’Al­lier ; François Dan­ne­mans dans le Can­tal) se gardent de toute exul­ta­tion : avec 478.432 abs­ten­tion­nistes (47,4 %), soit presque la moi­tié des élec­teurs au­ver­gnats, le triomphe an­non­cé de LREM se conten­te­ra d’être une vic­toire. La nuance est d’im­por­tance.

La droite al­ti­li­gé­rienne ré­siste aux si­rènes ma­cro­nistes. Un ma­cro­niste comme le qua­si­in­con­nu François Dan­ne­mans illustre bien le ca­rac­tère ir­ré­sis­tible du mou­ve­ment pré­si­den­tiel. Le maire du pe­tit vil­lage de Cal­vi­net a été pré­fé­ré au dé­pu­té PS en exer­cice Alain Cal­mette pour en­fi­ler le dos­sard En Marche ! sur la pre­mière cir­cons­crip­tion du Can­tal, le voi­là qui se re­trouve en po­si­tion de force contre un poids lourd de la po­li­tique lo­cale : l’an­cien dé­pu­té et pré­si­

dent du Con­seil dé­par­te­men­tal Vincent Des­coeur (LR­UDI).

L’élec­to­rat de la droite al­ti­li­gé­rienne ré­siste pour­tant aux si­rènes ma­cro­nistes par le biais d’Isabelle Va­len­tin, pro­mue par Laurent Wau­quiez sur la pre­mière cir­cons­crip­tion de la Haute­Loire, et de Jean­Pierre Vi­gier, dé­pu­té sor­tant LR ren­for­cé par son sup­pléant, le maire UDI du Puy, Michel Chapuis, sur la deuxième. L’une et l’autre ont la main…

Deux vic­times de re­nom en terre mou­li­noise. Il en va au­tre­ment dans l’Al­lier où un Daniel Du­glé­ry fu­rieux ne com­prend pas com­ment Lau­rence Van­ceu­ne­brock­Mia­lon, can­di­date LREM, a pu le dé­cro­cher de 1.316 voix. À l’at­taque de la der­nière se­maine de cam­pagne, le maire LR de Mont­lu­çon, fillon­niste des pre­miers jours, se pré­vau­dra, com­

me Gabriel Ma­quin à Vi­chy, de ses ré­seaux d’élus, de son expérience et de sa connais­sance ap­pro­fon­die de la deuxième cir­cons­crip­tion de l’Al­lier.

Cette mise à terre des « idoles » lo­cales a fait deux vic­times de re­nom en terre mou­li­noise. Pour­tant fa­vo­ri, l’an­cien pré­sident PCF du Con­seil dé­par­te­men­tal, Jean­Paul Du­frègne, ac­cuse 3.000 voix de re­tard sur la ma­cro­niste Pau­line Ri­vière, néo­phyte en po­li­tique. L’éti­quette pré­si­den­tielle est dé­ci­dé­ment un la­bel au­près des élec­teurs puisque Pau­line Ri­vière s’est payé le luxe de ren­voyer Pier­reAn­dré Pé­ris­sol à sa mai­rie. Pour ce­lui qui as­pi­rait à re­trou­ver un siège qu’il avait oc­cu­pé par deux fois (en 1993 et 2002), l’am­bi­tion nationale semble pas­sée. ■

(*) Aux six dé­pu­tés so­cia­listes s’ajou­tait

l’éco­lo­giste Da­nielle Au­roi sur Cler­mont-Mon­tagne, sou­te­nue également par le PS. Sans par­ler de Gérard Cha­rasse dans l’Al­lier, re­pré­sen­tant le Par­ti radical de gauche…

PHO­TO FRED MAR­QUET

VER­DICT. Seules trois cir­cons­crip­tions de Haute-Loire et du Can­tal échap­pe­raient aux am­bi­tions ma­cro­nistes. Mais si Les Ré­pu­bli­cains de­vraient sau­ver trois sièges, le PS pour­rait se re­trou­ver bre­douille…

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