L’expérience face au « dé­ga­gisme »

Re­nou­veau contre expérience. Dans l’’Al­lier, la cam­pagne va s’ar­ti­cu­ler au­tour de cette opposition, entre les trois can­di­dates d’En Marche ! et leurs ad­ver­saires.

La Montagne (Vichy) - - Elections Legislatives - Laurent Bernard et Tan­guy Ol­li­vier

Quand Bé­né­dicte Pey­rol a vu le jour à Vi­chy, en mars 1991, Gabriel Ma­quin était dé­jà pre­mier ad­joint au maire de la ville de­puis deux ans. Il n’a, de­puis, ja­mais quit­té cette fonc­tion. Trois ans plus tard, quand la can­di­date de la Ré­pu­blique En Marche ! était en âge de s’as­seoir sur les bancs de l’école ma­ter­nelle, lui pre­nait place sur un fau­teuil de conseiller dé­par­te­men­tal qu’il n’a plus ja­mais quit­té.

Pas be­soin de dé­ve­lop­per da­van­tage : l’expérience d’élu est clai­re­ment du cô­té de Gabriel Ma­quin (67 ans) et pas de Bé­né­dicte Pey­rol (26 ans).

Ma­quin en­fonce le clou

Le can­di­dat de droite at­il vrai­ment be­soin d’in­sis­ter, alors que ce fait

saute aux yeux ? Pour­tant, il en a fait un de ses ar­gu­ments ma­jeurs de la cam­pagne au pre­mier tour. Et il compte bien en­fon­cer le clou au se­cond. « Les élec­teurs n’ont pas vo­té pour des can­di­dats pas connus et pas ex­pé­ri­men­tés, mais

pour le pré­sident de la Ré­pu­blique », es­ti­mait­il en­core hier.

Et si en pla­çant en tête de cha­cune des trois cir­cons­crip­tions de l’Al­lier des no­vices en po­li­tique, les élec­teurs avaient aus­si et sur­tout fait le choix du

re­nou­vel­le­ment ? Comme Gabriel Ma­quin, Daniel Du­glé­ry n’a pas tar­dé à dé­gai­ner un ar­gu­ment qu’il avait lui aus­si lar­ge­ment uti­li­sé avant le pre­mier tour. Hier, il a pos­té un court mes­sage sur sa page Fa­ce­book, dans le­

quel il af­firme que « la com­pé­tence et l’expérience sont les deux grandes va­leurs dont ont be­soin le Bour­bon­nais et les Bour­bon­nais. »

La veille, le maire de Mont­lu­çon, par ailleurs pré­sident de la com­mu­ nau­té d’ag­glo­mé­ra­tion et conseiller ré­gio­nal, avait es­ti­mé que Lau­rence Van­ceu­ne­brock­Mia­lon « ne connaît pas les pro­blèmes de la cir­cons­crip­tion. »

« Dire qu’on ne connaît pas les pro­blèmes, c’est faux »

Chris­tophe Bou­let, di­rec­teur de cam­pagne de la can­di­date LREM, se gausse. « Dire qu’on ne connaît pas les pro­blèmes, c’est faux. On a fait as­sez de réunions pu­bliques pour ça. Quant aux dos­siers, on ne les connaît évi­dem­ment pas aus­si bien que mon­sieur Du­glé­ry. Mais dites­moi à quoi ce­la lui a ser­vi ces dernières an­nées ? »

À Mou­lins, Jean­Paul Du­frègne n’a pas at­ta­qué Pau­line Ri­vière sur ce plan. Mais il n’a pas man­qué de rap­pe­ler son pas­sé de pré­sident du Con­seil gé­né­ral de l’Al­lier. Une ma­nière moins fron­tale d’af­fir­mer que l’expérience se trouve de son cô­té. ■

PHO­TO PHILIPPE BIGARD

PRE­MIÈRE CIR­CONS­CRIP­TION. Jean-Paul Du­frègne (à gauche) ne pointe pas di­rec­te­ment l’in­ex­pé­rience de Pau­line Ri­vière… mais il n’ou­blie pas de rap­pe­ler qu’il a pré­si­dé le Con­seil gé­né­ral de l’Al­lier.

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