Porte au top, Froome en re­tard Cap au nord pour La­ville­nie et les per­chistes fran­çais

La Montagne (Vichy) - - Sport - Jean-Philippe Béal

Le ba­ro­mètre du Dau­phi­né place Ri­chie Porte, l’Aus­tra­lien deuxième de l’épreuve al­pestre, en pre­mière ligne avant le Tour de France, à moins de trois se­maines du dé­part (1er juillet à Düs­sel­dorf).

Ch­ris Froome (G.-B., vain­queur du Tour en 2013, 2015, 2016), 4e du Dau­phi­né. Toujours en quête de vic­toire cette sai­son, le Bri­tan­nique, loin de son meilleur ni­veau lors de sa sor­tie pré­cé­dente en Ro­man­die, a ras­su­ré ses sup­por­ters... par­tiel­le­ment. « Je me sens de mieux en mieux », as­sure­t­il. « Il progresse et ter­mine très bien le Dau­phi­né », confirme son di­rec­teur spor­tif Ni­co­las Por­tal. Si le lea­der de la Sky a élar­gi son re­gistre et gom­mé ses points faibles (descente, tac­tique pré­vi­sible), le fos­sé qui le sé­pa­rait de ses ad­ver­saires dans la mon­tagne lors de ses deux pre­miers Tours vic­to­rieux a ré­tré­ci.

Ri­chie Porte (Aus., 5e du Tour 2016), 2e du Dau­phi­né. L’Aus­tra­lien, en forme de pointe au risque d’être trop tôt en condi­tion, a certes per­du le Dau­phi­né le der­nier jour au pro­fit du Da­nois Ja­kob Fu­gl­sang. Mais il a PORTE. L’Aus­tra­lien, même s’il n’a pas ga­gné le Dau­phi­né, a mon­tré de belles choses.

do­mi­né la se­maine, dans le contre­la­montre et les as­cen­sions. A lui de ti­rer les consé­quences de la der­nière étape, qui a sou­li­gné les li­mites de son équipe BMC (ren­for­cée pour le Tour) et la dif­fi­cul­té à trou­ver des al­liés. « Des cou­reurs ont pré­fé­ré me voir perdre la course, quitte à perdre une place sur le po­dium », a consta­té le Tas­ma­nien. Sa bonne

en­tente pas­sée avec Froome ré­sis­te­ra­t­elle à l’épreuve ?

Al­ber­to Con­ta­dor (Esp., vain­queur du Tour 2007 et 2009), 11e du Dau­phi­né. Mo­teur bri­dé pour le Ma­dri­lène, qui a uti­li­sé la course seu­le­ment pour mon­ter en ré­gime. Le « pis­to­le­ro » de Trek es­time avoir grillé des car­touches l’an pas­sé dans le Dau­phi­né. Il veut abor­der le Tour avec le maxi­mum de fraî­cheur pour avoir une chance de ren­ver­ser la si­tua­tion. Dix ans après son pre­mier suc­cès, Con­ta­dor (34 ans) est conscient que l’âge joue contre lui. Mais sa science de la course, son tem­pé­ra­ment d’at­ta­quant et sa dé­ter­mi­na­tion in­citent ses ad­ver­saires à la cir­cons­pec­tion. Il reste l’un des grands per­son­nages du pe­lo­ton, à même de faire pen­cher la ba­lance.

Fa­bio Aru (Ita., 13e du Tour 2016), 5e du Dau­phi­né. Pour son retour à la com­pé­ti­tion après trois mois d’ab­sence, le Sarde a frap­pé fort, sans ja­mais connaître de baisse de ré­gime. Tout comme Fu­gl­sang, qui en­tend être son al­ter ego de l’équipe As­ta­na. A eux deux, l’Ita­lien et le Da­nois forment une paire of­fen­sive sus­cep­tible de prendre leurs ad­ver­saires en te­naille dans les étapes de haute et sur­tout moyenne mon­tagne du Tour. L’ho­mo­gé­néi­té d’en­semble, chez les meilleurs, joue en leur fa­veur. Mais Fu­gl­sang, qui n’a pa­ru ja­mais aus­si fort à l’âge de 32 ans, par­vien­dra­t­il à gar­der ce ni­veau de ren­de­ment jus­qu’aux Alpes, dans la troi­sième se­maine du Tour ? ■ Après la conquête de l’ouest, à Eu­gene (Ore­gon), cap au nord pour Re­naud La­ville­nie, ce soir (18 h 55), à Tur­ku (Fin­lande).

Si le dé­pla­ce­ment s’ef­fec­tue en terre in­con­nue pour le per­chiste cler­mon­tois qui, ren­sei­gne­ments pris, s’at­tend à de bonnes condi­tions, sans cha­leur ni vent, Re­naud La­ville­nie n’est pas seul du voyage, ac­com­pa­gné de son frère Va­len­tin, de Stan­ley Jo­seph et de Ke­vin Me­nal­do. Et ce, au sein d’une start­list qui ne pré­sente que le Po­lo­nais Wo­j­cie­chows­ki comme autre per­for­mer mar­quant : « De bonnes condi­tions, un peu moins de den­si­té, ça me va bien, pour n’avoir qu’à me concen­trer sur ce que j’ai à faire. »

À cha­cun ses ob­jec­tifs, chez les Fran­çais mais ceux du re­cord­man du monde, en tout cas, sont bien dé­fi­nis : « Avoir pas­sé 5,80 m en trois com­pé­ti­tions, c’est très bien. À Tur­ku, je veux d’abord main­te­nir ce ni­veau de per­for­mance, voire l’amé­lio­rer. Mais je veux aus­si com­men­cer à prendre de nou­veaux re­pères, puisque je viens juste de pas­ser d’un élan de 16 à 20 fou­lées. »

Si nou­veaux que ce­la les re­pères ? « Il est clair que cette an­née, comme je n’ai pas fait la sai­son en salle, j’ai eu plus de pertes dans ce do­maine, que d’ha­bi­tude. Mais à la fin de la séance que j’ai faite mar­di, certes en salle en rai­son LA­VILLE­NIE. Pre­mière à Tur­ku, ce soir.

des condi­tions mé­téo, j’étais vrai­ment sa­tis­fait car j’avais re­trou­vé le bon tem­po », ex­plique le Cler­mon­tois.

Qui a par ailleurs re­pris le tra­vail de sprint mais aus­si des haies : « Et sans problème, ce qui dé­montre que je suis en bon état phy­sique. D’ailleurs, les perfs que j’ai faites sur tous mes différents exer­cices sont plu­tôt en­cou­ra­geantes. »

Pour au­tant, Re­naud La­ville­nie ne veut pas se pro­je­ter trop haut : « Main­te­nant, il faut at­tendre quand même le concours (de ce soir, NDLR) pour voir com­ment ça se passe, com­ment ça se gère. Une pre­mière com­pé­ti­tion à 20 fou­lées, c’est par­ti­cu­lier : ça peut très bien se pas­ser comme vi­rer à la ca­tas­trophe. Mais je me connais suf­fi­sam­ment bien pour m’en sor­tir. » ■

PHO­TO R. BRU­NEL

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