Vers une ma­jo­ri­té plé­tho­rique !

AS­SEM­BLÉE NATIONALE ■ Le score tient de la per­for­mance pour un mou­ve­ment qui n’a qu’un an d’exis­tence

La Montagne (Vichy) - - Franéclec & Tiomnos -

Un mois après son en­trée à l’Ély­sée, Em­ma­nuel Ma­cron est en po­si­tion de force pour s’as­su­rer une ma­jo­ri­té plé­tho­rique après un pre­mier tour des lé­gis­la­tives où son par­ti a la­mi­né tous ses ad­ver­saires.

«Ma­cron en marche vers une ma­jo­ri­té écra­sante » (Le Fi­ga­ro), « Ma­cron plie le match » (L’Opi­nion), « Un coup de maître » ( Le Pa­ri­sien), « L’OPA » (Li­bé­ra­tion). Les titres des quo­ti­diens na­tio­naux d’hier ne laissent au­cun doute sur la cou­leur de la fu­ture « chambre bleu Ma­cron » (L’Hu­ma­ni­té).

Se­lon les pro­jec­tions par sièges, LREM et son allié du MoDem ra­vi­raient dimanche pro­chain entre 400 et 455 des 577 sièges de l’As­sem­blée nationale, lar­ge­ment au­des­sus de la ma­jo­ri­té ab­so­lue (289 élus).

Les par­tis tra­di­tion­nels dy­na­mi­tés

Le Pre­mier mi­nistre, Édouard Philippe, a ju­gé que les élec­teurs avaient confir­mé leur « at­ta­che­ment dans le pro­jet de re­nou­vel­le­ment, de ras­sem­ble­ment et de conquête » d’Em­ma­nuel Ma­cron. Ce score tient de la per­for­mance pour un mou­ve­ment qui, après seu­le­ment un an d’exis­tence, a réus­si à dy­na­mi­ter les par­tis tra­di­tion­nels de gauche et de droite qui se par­ta­geaient le pou­voir en France de­puis 60 ans.

Le Par­ti so­cia­liste, qui contrô­lait la moi­tié de l’As­sem­blée sor­tante, s’ef­fon­dre­rait (avec ses al­liés) au­tour de 15 à 40 sièges, soit en­core moins que les 57 de la dé­bâcle de 1993. C’est un « re­cul sans précédent de la gauche », a re­con­nu son pre­mier se­cré­taire, Jean­Chris­tophe Cam­ba­dé­lis, qui a mis en garde contre le risque de « l’una­ni­misme » au Par­le­ment.

Le pa­tron du PS, éli­mi­né à Pa­ris, fait par­tie du cor­tège des bat­tus, avec les an­ciens mi­nistres Ma­thias Fekl, Pas­cale Bois­tard, Aurélie Fi­lip­pet­ti, François La­my, Ka­der Arif, Ch­ris­tian Eckert… Le can­di­dat du PS à la pré­si­den­tielle, Be­noît Ha­mon, a également été éli­mi­né dès le 1er tour, tout comme les ex­mi­nistres éco­lo­gistes Cé­cile Du­flot et Em­ma­nuelle Cosse.

D’autres sont en bal­lot­tage très dé­fa­vo­rable, comme Na­jat Val­laud­Bel­ka­cem. Pro­té­gés par le camp Ma­cron, Sté­phane Le Foll, Ma­ri­sol Tou­raine et l’exP­re­mier mi­nistre Ma­nuel Valls sont, eux, en bal­lot­tage fa­vo­rable.

La droite, qui es­pé­rait pri­ver le nou­veau pré­sident de ma­jo­ri­té, ter­mi­ne­rait avec 70 à 130 élus LR et UDI. Dont une par­tie de­vrait sou­te­nir la ma­jo­ri­té pré­si­den­tielle... Chef de la cam­pagne LR­UDI, François Baroin a ap­pe­lé à la mo­bi­li­sa­tion pour évi­ter des « pou­voirs concen­trés » dans « un seul et même par­ti ».

Quant au Front na­tio­nal, un mois après son score re­cord au se­cond tour de la pré­si­den­tielle, il ob­tien­drait seu­le­ment 1 à 10 sièges, contre 2 lors de la pré­cé­dente lé­gis­la­ture. Avec un score de 13,2 % très éloi­gné du score de Ma­rine Le Pen au pre­mier tour de la pré­si­den­tielle (21,3 %). Ma­rine Le Pen, en tête avec 46 % des voix dans sa cir­cons­crip­tion du Pas­de­Ca­lais, a cen­tré sa ri­poste sur le « taux d’abs­ten­tion ca­tas­tro­phique ».

La France in­sou­mise de JeanLuc Mé­len­chon ob­tien­drait, elle, 10 à 23 fau­teuils, PCF in­clus.

Le par­ti ma­cro­niste est en passe d’ob­te­nir une des plus larges ma­jo­ri­tés de la Ve Ré­pu­blique, sans ef­fa­cer le re­cord de l’UD­FR­PR en 1993 (484 sièges). En re­vanche, il peut es­pé­rer battre le re­cord de sièges pour un seul par­ti, dé­te­nu par l’UMP en 2002 (365 sièges).

Quatre dé­pu­tés seu­le­ment (dont deux pro­Ma­cron) ont été élus au pre­mier tour, contre 36 en 2012. Ef­fet de la faible par­ti­ci­pa­tion, il n’y au­ra qu’une seule tri­an­gu­laire le 18 juin, dans la 1re cir­cons­crip­tion de l’Aube, contre 34 il y a cinq ans.

Cinq des six membres du gou­ver­ne­ment – qui de­vraient dé­mis­sion­ner en cas de dé­faite – virent net­te­ment en tête : Ri­chard Fer­rand, malgré une af­faire im­mo­bi­lière qui a ter­ni la cam­pagne de la REM, Chris­tophe Cas­ta­ner, Bru­no Le Maire, Ma­rielle de Sar­nez et Mou­nir Mah­jou­bi. Seule An­nick Gi­rar­din fe­ra face à un se­cond tour dé­li­cat à Saint­Pierre­et­Mi­que­lon.

L’As­sem­blée nationale se­ra pro­fon­dé­ment re­nou­ve­lée à l’is­sue du se­cond tour dimanche pro­chain : 224 dé­pu­tés sor­tants ne se re­pré­sen­taient pas. ■

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