Un « plan d’ac­tion » conjoint an­ti­ter­ro­riste

La Montagne (Vichy) - - France & Monde -

Les né­go­cia­tions du Brexit com­men­ce­ront comme pré­vu la se­maine pro­chaine, a as­su­ré, hier soir à Pa­ris, la Pre­mière mi­nistre The­re­sa May aux cô­tés du pré­sident Em­ma­nuel Ma­cron. Ce­lui-ci a an­non­cé « un plan d’ac­tion » conjoint et « très concret » pour ren­for­cer la lutte an­ti­ter­ro­riste.

Ce der­nier su­jet était en toile de fond de la soi­rée des deux di­ri­geants, qui ont as­sis­té à la ren­contre de foot ami­cale entre leurs équipes na­tio­nales, pré­cé­dée par un hom­mage aux vic­times des at­ten­tats de Londres et Man­ches­ter.

« Le ca­len­drier pour les né­go­cia­tions du Brexit est main­te­nu et elles com­men­ce­ront la se­maine pro­chaine », a dé­cla­ré The­re­sa May, très af­fai­blie de­puis son échec aux lé­gis­la­tives la se­maine der­nière, dans le jar­din de l’Ély­sée. Em­ma­nuel Ma­cron ve­nait de re­dire son sou­hait que ces né­go­cia­tions « dé­marrent le plus ra­pi­de­ment pos­sible ». Comme le mi­nistre al­le­mand des Fi­nances Wolf­gang Schäuble l’avait fait dans la journée, le pré­sident fran­çais a lan­cé que « la porte (était) tou­jours SOU­RIRES. Lors de la confé­rence de presse dans les jar­dins de l’Ély­sée.

ou­verte » pour que le Royaume­Uni reste dans l’Union eu­ro­péenne « tant que la né­go­cia­tion du Brexit n’est pas ache­vée ». Mais « une fois com­men­cée, il est beau­coup plus dif­fi­cile de re­ve­nir en ar­rière », a­t­il ajou­té.

The­re­sa May va de­voir abor­der ces né­go­cia­tions en po­si­tion fra­gi­li­sée, contras­tant avec le triomphe presque in­so­lent de la stra­té­gie élec­to­rale du nou­veau pré­sident fran­çais. In­ter­ro­gée pour sa­voir si son af­fai­blis­se­ment po­li­tique la fe­rait re­ve­nir

sur l’hy­po­thèse d’un « Brexit dur », The­re­sa May a af­fir­mé qu’il exis­tait « une vo­lon­té com­mune au sein du peuple bri­tan­nique », puis­qu’il « a vo­té pour quit­ter l’UE », « que leur gou­ver­ne­ment le fasse et en fasse un suc­cès ».

« Cam­pagne conjointe »

Évo­quant la co­opé­ra­tion an­ti­ter­ro­riste, quelques jours après les at­ten­tats de Londres et de Man­ches­ter, Em­ma­nuel Ma­cron a af­fir­mé avoir tra­vaillé « de­puis plu­sieurs jours » avec The­

re­sa May « sur un plan d’ac­tion très concret », vi­sant no­tam­ment à « ren­for­cer les obli­ga­tions des opé­ra­teurs en ligne pour sup­pri­mer les conte­nus qui pro­meuvent la haine ».

Le G7, réuni fin mai en Si­cile, avait signé une dé­cla­ra­tion com­mune sur le ter­ro­risme dans la­quelle il ac­cen­tuait la pres­sion sur les grands groupes in­ter­net pour qu’ils luttent da­van­tage contre les conte­nus ra­di­caux, à la de­mande de la Gran­deB­re­tagne. « Nous avons dé­ci­dé en­semble d’al­ler plus loin », a sou­li­gné Em­ma­nuel Ma­cron. Il faut que, « dans des condi­tions qui pré­servent la confi­den­tia­li­té, les mes­sa­ge­ries ne soient pas les ou­tils des ter­ro­ristes », a­t­il in­sis­té.

« Nous lan­çons une cam­pagne conjointe bri­tan­ni­co­fran­çaise pour faire en sorte qu’in­ter­net ne puisse pas ser­vir de lieu sûr pour les cri­mi­nels et les ter­ro­ristes et d’en­droit où af­fi­cher des ma­té­riels vi­sant à la ra­di­ca­li­sa­tion qui mènent à tant de mal », a dé­cla­ré de son cô­té The­re­sa May.

Un point « cru­cial » dans ce pro­jet se­ra de ré­flé­chir à la pos­si­bi­li­té de pour­suivre les opé­ra­teurs « s’ils ne font pas ce qu’il faut pour faire re­ti­rer ces conte­nus in­ac­cep­tables ».

Les deux di­ri­geants ont en­suite as­sis­té, au Stade de France, à la ren­contre ami­cale de foot­ball France­An­gle­terre. À cette oc­ca­sion, alors que le pro­to­cole pré­voit nor­ma­le­ment que le « God Save the Queen » soit en­ton­né avant la Mar­seillaise, cet ordre a été in­ver­sé en hom­mage aux vic­times des ré­cents at­ten­tats en Grande­Bre­tagne. ■

PHO­TO AFP

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