Sans mo­dé­ra­tion

La Montagne (Vichy) - - Cinéma - Vé­ro­nique La­coste-Met­tey veronique.met­tey@cen­tre­farnce.com

« Ce qui nous lie » est un film sur le vin mais aus­si sur la fra­ter­ni­té, l‘amour fa­mi­lial et ce qu’il im­plique. Le der­nier film de Cé­dric Kla­pisch, qu’il a tour­né en Bour­gogne est à consom­mer sans mo­dé­ra­tion.

Le film de­vait s’ap­pe­ler « Le vin et le vent ». Il ra­conte une his­toire sur quatre sai­sons, dans les vignes, en Bour­gogne. Il nous em­mène dans une fa­mille de vi­ti­cul­teurs. Jean (Pio Mar­maï) est par­ti faire le tour du monde et re­vient au pays où il re­trouve sa soeur Ju­liette (Ana Gi­rar­dot) et son pe­tit frère Jé­ré­mie (Fran­çois Ci­vil).

Ce der­nier long mé­trage de Cé­dric Kla­pisch s’ap­pelle fi­na­le­ment « Ce qui nous lie ». Al­lu­sion au dé­pôt de vin, nous l’avions com­pris mais aus­si et sur­tout aux rap­ports fa­mi­liaux (*). « C’est un faux film sur le vin » s’amuse le réa­li­sa­teur. « C’est un film sur la fra­ter­ni­té, l’amour fra­ter­nel, l’amour que l’on éprouve pour ses pa­rents, pour ses en­fants ou quand on

est amou­reux. C’est ce lien, ce que l’on a en com­mun ».

Au gré de ces quatre sai­sons, du soin que l’on donne à la vigne jus­qu’aux ven­danges, le rai­sin ma­ture puis le vin fer­mente. En même temps, ces trois grands ado­les­cents confron­tés à la mort de leur père puis aux tra­cas­se­ries d’hé­ri­tage vont gran­dir, de­ve­nir adultes.

Le tour­nage a du­ré un an. L’équipe se re­trou­vait en fonc­tion des condi­tions mé­téo­ro­lo­giques, de la date des ven­danges… Le ci­néaste a res­pec­té ce rythme, pris le temps. Dans ce « faux film sur le vin » il y a en

même temps les vraies ven­danges, me­nées par Jean­Marc Rou­lot, à la fois co­mé­dien et vi­ti­cul­teur à Meur­sault. « Sans lui, je n’au­rais pas pu faire le film ». Il était aus­si conseiller, pour la cré­di­bi­li­té des gestes, des tech­niques ; pour les ac­teurs.

Cé­dric Kla­pisch, amou­reux du vin et dont le père lui a fait dé­cou­vrir le bour­gogne rend aus­si hom­mage à la na­ture qu’il filme mer­veilleu­se­ment, lui qui est d’ha­bi­tude si ci­ta­din. « Je vou­lais mo­der­ni­ser l’image du vin », ajoute­t­il. « Par­ler de cette jeune gé­né­ra­tion de vi­gne­rons qui partent à l’étran­ger. Il y a une mon­dia­li­sa­tion de l’échange des gens ». Jean, ce­lui qui est par­ti et qui re­vient a créé une vigne avec la mère de son pe­tit gar­çon en Aus­tra­lie. Le filme se double de ce dé­chi­re­ment entre sa fra­trie ici et sa fa­mille là­bas.

Fête des ven­danges

Ce qui nous lie est aus­si un mé­lange de ces sen­ti­ments, de ces doutes. Cer­taines scènes, no­tam­ment celle de la Pau­lée, grande fête de fin de ven­danges sont drôles et mé­mo­rables. D’autres, plus émou­vantes quand il s’agit des rap­ports entre le père (Éric Ca­ra­va­ca) et Jean ; ou alors crous­tillantes comme quand Jé­ré­mie a la vel­léi­té de dire à An­selme, son beau­père au­to­ri­taire, ce qu’il pense de lui. Jean­Ma­rie Wind­ling, dans ce se­cond rôle de grand bour­geois de la vigne est re­mar­quable. Comme dit Cé­dric Kla­pisch : « On adore le dé­tes­ter ! »

Ce vrai film sur la fa­mille a fait pleu­rer les spec­ta­teurs à Beaune, pour la pre­mière. Mais Bour­gui­gnons, vi­ti­cul­teurs ou non, cha­cun re­trou­ve­ra quelque chose dans ce très bon cru du ci­né­ma. ■

(*) Et la mai­son de pro­duc­tion de Cé­dric Kla­pisch s’ap­pelle Ce qui me meut, ré­fé­rence à l’un de ses pre­miers courts mé­trages (pri­mé à Cler­mont).

➔ Ce qui nous lie. De Cé­dric Kla­pisch, avec Pio Mar­maï, Ana Gi­rar­dot et Fran­çois Ci­vil (1h53).

©CE QUI ME MEUT

FRÈRES ET SOEUR. Fran­çois Ci­vil, Pio Mar­maï et Ana Gi­rar­dot.

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