Va­lé­rian en mis­sion pour la Ci­té

La Montagne (Vichy) - - Jeux -

La science sous la fic­tion : avant la sor­tie en juillet du block­bus­ter de Luc Bes­son, les deux hé­ros de la BD de science-fic­tion de Ch­ris­tin et Mé­zières, « Va­lé­rian et Lau­re­line », font es­cale à la Ci­té des Sciences, à Pa­ris, pour une séance de dé­cryp­tage sa­vant.

Une qua­ran­taine de planches ori­gi­nales, des murs re­cou­verts de des­sins de villes fu­tu­ristes, de plantes ex­tra­va­gantes et le doux chant d’oi­seaux ex­tra­ter­restres en fond so­nore : les vi­si­teurs de l’ex­po­si­tion « Va­lé­rian et Lau­re­line en mis­sion pour la Ci­té » sont trans­por­tés dans le monde foi­son­nant de Pierre Ch­ris­tin et Jean­Claude Mé­zières, avec pour guides trois scien­ti­fiques fon­dus de cette BD ap­pa­rue à la fin des an­nées 60.

Jean­Sé­bas­tien Steyer, doc­teur en pa­léon­to­lo­gie, s’amuse à étu­dier les créa­tures ima­gi­naires – Shin­gouz, Scha­mils ou Mar­cyams – comme il étu­die­rait une es­pèce réelle, mixant l’im­per­ti­nence de la BD et le sé­rieux des sciences. L’éco­lo­gie est éga­le­ment au ren­dez­vous : ANNIVERSAIRE. « Va­lé­rian » fête cette an­née ses 50 ans.

chez Ch­ris­tin et Mé­zières, chaque es­pèce consti­tue un maillon d’un équi­libre fra­gile. Cha­cun, être bi­zarre ou plante ef­frayante, est in­ti­me­ment lié à sa planète d’ori­gine par son cli­mat, son mi­lieu.

Cette ex­po­si­tion ne vise pas à éva­luer scien­ti­fi­que­ment la BD, qui n’a ja­mais eu pour but de faire la vul­ga­ri­sa­tion des sciences, ex­plique Ro­land Le­houcq,

as­tro­phy­si­cien au CEA, qui en­tend plu­tôt uti­li­ser « cette oeuvre comme pré­texte pour par­ler de science ».

« Va­lé­rian et Lau­re­line sont des adeptes du voyage spa­tio­tem­po­rel ; on ne pou­vait pas faire l’im­passe sur l’es­pace et le temps », s’amuse le cher­cheur, qui ex­plique, dans une vi­déo dif­fu­sée dans l’ex­po­si­tion, la théo­rie de la re­la­ti­vi­té gé­né­rale d’Ein­stein. Il évoque aus­si les trous noirs, la formation pla­né­taire et la trans­mu­ta­tion des élé­ments avec « le trans­mu­teur gro­gnon », cher aux fans de la BD.

Fic­tion aug­men­tée

« Si le vi­si­teur veut al­ler plus loin, il a ac­cès à de la réa­li­té aug­men­tée grâce à son smart­phone ou aux ta­blettes dis­per­sées dans l’ex­po­si­tion », ex­plique No­ra Red­da­ni, com­mis­saire de l’ex­po­si­tion. Grâce à une ap­pli­ca­tion té­lé­char­geable, le vi­si­teur aper­çoit des Shin­gouz qui sortent des planches de BD ou un zep­pe­lin ti­ré par des in­sectes au­des­sus de sa tête...

Il en­tend les bips du Saint­Es­prit, une caisse en­re­gis­treuse dé­tra­quée, peut chas­ser les oi­seaux­fo­lie comme il a chas­sé les Po­ké­mons. Le vi­si­teur peut éga­le­ment su­per­po­ser, sur une planche ori­gi­nale, une ta­blette mise à sa dis­po­si­tion et dé­clen­cher la vi­déo ex­pli­ca­tive d’un des scien­ti­fiques.

L’ex­po­si­tion – qui a été inau­gu­rée hier – est vi­sible jus­qu’au 14 jan­vier 2018. ■

PHO­TO AFP

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