Six cé­lé­bri­tés ra­content leur phi­lo

La Montagne (Vichy) - - La Une - PHO­TO THIER­RY LINDAUER

AU­VERGNE. Ce ma­tin, la phi­lo­so­phie ouvre les épreuves du bac­ca­lau­réat pour les 6.600 ly­céens au­ver­gnats de la fi­lière gé­né­rale.

ILS ONT PLAN­CHÉ ! Cé­cile Cou­lon, Jacques Mail­hot, Gé­rard Klein, Fré­dé­ric Bou­ra­ly… Six per­son­na­li­tés évoquent leurs sou­ve­nirs de can­di­dat au bac.

Les épreuves du bac­ca­lau­réat gé­né­ral dé­butent ce ma­tin. En Au­vergne, ils se­ront 6.601 ly­céens à plan­cher sur la phi­lo. Un clas­sique. À cette oc­ca­sion, nous avons de­man­dé à des per­son­na­li­tés au­ver­gnates de nous li­vrer leurs sou­ve­nirs de can­di­dats au « ba­chot ».

Ni­co­las Stouf­flet (ani­ma­teur du Jeu des 1.000 eu­ros, sur France In­ter). « C’est mar­rant, parce que j’ai re­trou­vé il y a quelques se­maines en fai­sant un peu de range­ ment chez moi le su­jet de mon épreuve : c’était “L’ave­nir est­il une page blanche ? “J’avais dû avoir une note as­sez cor­recte, sans être ex­cep­tion­nelle… comme j’étais en sec­tion L, il va­lait mieux ne pas perdre trop de points en phi­lo ! Ce que je peux dire, avec le re­cul, c’est que pour moi l’ave­nir n’a pas été une page blanche !

Je garde de ce bac phi­lo un double sou­ve­nir, très contras­té : d’un cô­té, il y avait le stress ; de l’autre, j’ai un sou­ve­nir très fort et très po­si­tif des mois de juin à Cler­mont­Fer­rand, la dou­ceur de vivre, les flirts, le jar­din Le­coq, c’étaient des mo­ments de pre­mière grande li­ber­té, au dé­but de notre vie d’adulte.

Je me sou­viens aus­si de mon pro­fes­seur au ly­cée Mas­sillon, M. Guieze, un prof pas­sion­nant qui nous fai­sant des confé­rences, da­van­tage que des cours. On ne pre­nait des notes qu’en toute fin de cours, où il nous fai­sait un ré­su­mé. C’était un très bon moyen d’ap­prendre. »

Gé­rard Klein (co­mé­dien, ac­teur

de la sé­rie L’Ins­tit). « J’ai pas­sé un bac en sciences ex­pé­ri­men­tales en 1961, à Eper­nay, car je vou­lais faire mé­de­cine. Je n’avais pas d’in­quié­tudes, c’était juste un exa­men. Au­jourd’hui on a l’im­pres­sion que ceux qui ne passent pas le bac sont rin­gards, ça met une pres­sion ter­rible. Je ne me sou­viens pas du su­jet du bac de phi­lo, mais je me rap­pelle qu’on avait un pro­fes­seur que l’on ap­pe­lait le « gang­ster » parce qu’il avait un peu le look d’Al Ca­pone. Il nous dic­tait son cours. Mon jeu, c’était de l’in­ter­rompre et comme ça, on dis­cu­tait. J’en ai re­te­nu Berg­son, j’aime sa fa­çon de voir les choses. Et j’em­mène en voyage son livre Le Rire. »

Cé­cile Cou­lon (écri­vain). « Je me sou­viens que j’étais beau­coup plus ten­due l’an­née pré­cé­dente, pour le bac fran­çais. C’est d’ailleurs là que j’avais eu des très mau­vaises notes. Ça ne m’a pas em­pê­chée d’écrire des livres au­jourd’hui. Comme quoi j’ai l’im­pres­sion que plus on stresse, plus on se vautre. De la phi­lo, je me sou­viens juste que j’avais pris un com­men­taire de texte, et j’avais eu une meilleure note que ce que j’avais eu toute l’an­née, alors que je pen­sais que dans cette ma­tière j’al­lais lâ­cher des points. Il faut y al­ler en se di­sant que c’est un jeu, et que vu le ni­veau des épreuves au­jourd’hui, il n’y a pas de rai­son que ça ne marche pas. Je crois que c’est plus com­pli­qué d’avoir son per­mis de conduire que d’avoir son bac ! » Fré­dé­ric Bou­ra­ly (co­mé­dien, joue Jo­sé dans Scènes de mé­nage).

« « J’avais quit­té Mou­lins pour être ly­céen à Mâ­con et sans que mes pa­rents le sachent je sui­vais des cours de théâtre à Lyon. J’y al­lais en fai­sant du stop ! J’avais be­soin de temps, donc j’ai de­man­dé à la CPE : “Quel bac de­mande le moins de tra­vail ?” C’était le bac com­merce, G3 à l’époque. Bi­zar­re­ment, j’ai eu des notes moyennes en phi­lo et en fran­çais qui étaient mes points forts. J’en avais peut­être trop fait. J’ai pas­sé le bac en frei­nant des quatre fers mais je dois tout à l’Édu­ca­tion na­tio­nale. Je ne viens pas d’un mi­lieu lit­té­raire. Ce sont des profs qui m’ont éveillé au fran­çais, à la phi­lo­so­phie et au théâtre… l’école, c’est for­mi­dable si le prof est pas­ sion­né. Si je dois don­ner un seul conseil aux ba­che­liers et aux jeunes, c’est de lire des ro­mans. On manque d’ex­pé­riences quand on est jeune et en li­sant l’his­toire des autres, on en ac­cu­mule. » Jacques Mail­hot (hu­mo­riste, di­rec­teur du théâtre des Deux ânes). « J’ai un ex­cellent sou­ve­nir de mon épreuve du bac phi­lo, tout sim­ple­ment parce que j’ai eu un coup de chance ter­rible : j’avais beau­coup ré­vi­sé Freud, et l’un des su­jets pro­po­sés ce jour­là était… sur l’in­ter­pré­ta­tion des rêves par Sig­mund Freud ! Je crois que j’ai fi­na­le­ment eu 17 ou 18. Comme je pas­sais un bac lit­té­raire, ça m’a pas mal ai­dé ! J’ai­mais beau­coup la phi­lo­so­phie, et j’ai eu la chance d’avoir un très bon pro­fes­seur, il était ré­pu­té pour avoir tou­jours un gros suc­cès au bac avec les étu­diants de ses classes. Pour l’anec­dote, j’étais à l’époque au ly­cée de gar­çons Mi­chel­del’Hos­pi­tal à Riom, et nous de­vions al­ler pas­ser le bac au ly­cée de filles Jeanne­d’Arc. »

Phi­lippe Meyer, jour­na­liste, au­teur des Chro­niques du temps pré­sent dans La Mon­tagne, pré­sident du fes­ti­val de théâtre de rue

d’Au­rillac. « Le sou­ve­nir que j’ai c’est que je m’étais fait col­ler en juin, et que j’ai dû al­ler à la ses­sion de sep­tembre. À vrai dire, j’étais un élève plu­tôt dé­ten­du ! Juste avant les épreuves, je suis quand même al­lé brû­ler un cierge au­près de Sainte­Emi­liede­Ro­dat, à Ro­dez. C’était une pa­rente, une re­li­gieuse qui avait fon­dé la Congré­ga­tion des soeurs de la sainte Fa­mille à Ville­franche­de­Rouergue. Elle avait été béa­ti­fiée dans les an­nées 40 et ca­no­ni­sée quelques an­nées avant que je passe mon bac. Je me suis donc pla­cée sous sa pro­tec­tion. Et ça m’a por­té bon­heur : grâce à elle, j’ai eu mon bac. À l’époque, il y en avait trois : le “bac phi­lo”, “sciences ex”, et “maths élem”. Et moi je pré­pa­rais jus­te­ment le “bac phi­lo”. Je ne me sou­viens ab­so­lu­ment plus ni du su­jet ni de ma note. Mais juste que j’ai ob­te­nu la men­tion pas­sable. Rien de gran­diose. Mais l’es­sen­tiel était dé­jà de l’avoir ce bac, à une époque où en­vi­ron 20 % des can­di­dats le dé­cro­chaient. »

GÉ­RARD KLEIN. Le cé­lèbre ac­teur de L’Ins­tit s’est ins­tal­lé à Blesle, en Haute-Loire.

PHO­TO JEAN-LOUIS GORCE

NI­CO­LAS STOUF­FLET. Ani­ma­teur du Jeu des 1.000 eu­ros, sur France In­ter, d’ori­gine cler­mon­toise.

CÉ­CILE COU­LON. Écri­vain d’ori­gine cler­mon­toise. PHO­TO FRED MAR­QUET

PHO­TO JEAN-LOUIS GORCE

JACQUES MAIL­HOT. Hu­mo­riste, di­rec­teur du théâtre des Deux ânes à Pa­ris, d’ori­gine cler­mon­toise.

PHO­TO PHI­LIPPE BI­GARD

FRÉ­DÉ­RIC BOU­RA­LY. Co­mé­dien ori­gi­naire de Mou­lins.

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