Son der­nier dé­fi : « Ce­la fait seize ans que je fais le bou­lot » !

La Montagne (Vichy) - - Elec­tions Legislatives - Fa­brice Re­don

D’hu­meur cha­fouine, dimanche, au soir du pre­mier tour, Da­niel Du­glé­ry a re­trou­vé le sou­rire au contact des ha­bi­tués du mar­ché d’Ai­nay-le-Châ­teau, mar­di ma­tin.

Le can­di­dat des Ré­pu­bli­cains a éva­cué son « double ma­laise ». Tou­ché par une abs­ten­tion « re­cord », car­ré­ment son­né par sa place de dau­phin trois points der­rière Lau­rence Van­ceu­ne­brock­Mia­lon.

« Pas un an­tiMa­cron »

« Être coif­fé par une in­con­nue qui n’a au­cune ex­pé­rience des col­lec­ti­vi­tés, c’est dif­fi­ci­le­ment com­pré­hen­sible. Beau­coup d’élec­teurs ont vo­té pour le la­bel Ma­cron, je me suis pris ça en pleine tête ».

Le choc pas­sé, le maire de Mont­lu­çon est re­par­ti en cam­pagne avec l’en­thou­siasme d’un jeu­not en po­li­tique. A Ai­nay­le­Châ­teau, Du­glé­ry a fait du Du­glé­ry. Le trac­tage au pas de charge, la poi­gnée de main franche et le verbe haut en toutes cir­cons­tances.

Conduit par Jean­Claude Lar­dy, l’an­cien di­rec­teur du centre hos­pi­ta­lier spé­cia­li­sé, le can­di­dat a re­çu un ac­cueil cour­tois. « J’ai vo­té pour vous. Ne vous in­quié­tez pas, ça va pas­ser », po­si­tive une com­mer­çante sé­den­taire.

Un ha­bi­tant de Braize, une com­mune voi­sine, se dé­sole. « On n’a pas réus­si à vous pla­cer en tête. Quand je vois que des gens votent Front na­tio­nal, ça me rend ma­lade ».

La dis­cus­sion dure plus long­temps avec les mar­chands de fro­mage. Eux ont choi­si la can­di­date de La Ré­pu­blique en Marche. Il tente de les convaincre de chan­ger leur fu­sil d’épaule.

« Je ne suis pas un an­tiMa­cron. Je veux être un dé­pu­té construc­tif et com­pé­tent. Vous ne pré­fé­rez pas avoir un can­di­dat qui connaît par coeur son ter­ri­toire plu­tôt que quel­qu’un qui le re­pré­sente mal ? »

A Ai­nay, Da­niel Du­glé­ry est ar­ri­vé huit points der­rière Lau­rence Van­ceu­ne­brock­Mia­lon. Alors, le sou­tien du maire, Sté­phane Mi­la­veau, est très ap­pré­cié. « Sur le dos­sier de la mai­son de san­té, ça blo­quait. J’ai pris mon té­lé­phone et j’ai ap­pe­lé Da­niel. Le pro­blème a été ré­glé tout de suite. Je n’ai pas ou­blié ».

« On est à éga­li­té »

At­ta­blé à la ter­rasse d’un ca­fé, un verre de to­mate Ri­card ar­ro­sé d’un quart de Per­rier à la main, Da­niel Du­glé­ry se pro­jette sur le se­cond tour avec op­ti­misme. « Trois can­di­dats m’ont dé­jà ra­lié. Ça fait trois points ga­gnés. On est à éga­li­té ».

Tou­jours vain­queur aux mu­ni­ci­pales, tou­jours per­dant aux législatives, Da­niel Du­glé­ry a bien conscience de l’en­jeu de ce scru­tin. C’est sa qua­trième et der­nière chance de de­ve­nir dé­pu­té. Un stra­pon­tin qui vien­drait clô­tu­rer une car­rière po­li­tique bien rem­plie.

« Ce­la fait seize ans que je fais le bou­lot sans sou­tien par­le­men­taire. Si ce­la de­vait mal se pas­ser, je sau­rai ti­rer les en­sei­gne­ments »…

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.