Un dé­tour­ne­ment de pho­tos « cultes »

Dans sa sé­rie Loo­king for the mas­ters in Ri­car­do’s gol­den shoes Ca­the­rine Ba­let rend hom­mage à des au­teurs de por­traits icônes, au CCVL.

La Montagne (Vichy) - - Vi­chy Vivre Sa Ville - Fa­bienne Fau­rie

Por­trait(s), édi­tion N° 5 s’ouvre de­main avec la pre­mière ré­tros­pec­tive à ciel ou­vert du pho­to­graphe chi­nois Liu Bo­lin, qui a l’art du ca­mou­flage et de la contes­ta­tion, sur l’es­pla­nade du lac d’Al­lier. Le fes­ti­val vi­chys­sois ne faillit pas et dé­cline le por­trait in­time, de fic­tion ou do­cu­men­taire. Dans les ga­le­ries du centre cultu­rel Va­le­ry Lar­baud (CCVL), le re­gard pour­ra se ré­jouir des pho­tos de Ca­the­rine Ba­let ; Pierre Gon­nord ; Clau­dia Im­bert ; Ch­ris­ter Ström­holm ; Ste­phen Shames, l’agence fran­çaise de por­trai­tistes Modds.

176 ans de pho­tos icônes

San­dra Ro­cha, pho­to­graphe por­tu­gaise, ex­pose dans les gares de Vi­chy et Pa­ris­Ber­cy et sur le par­vis de l’église SaintLouis, les images bu­co­liques de sa ré­si­dence à Vi­chy. Et, le lau­réat du concours Por­trait(s), Ber­nard Che­va­lier, est ac­cueilli à la mé­dia­thèque Va­le­ry Lar­baud pour sa sé­rie Por­traits fan­tômes.

Ca­the­rine Ba­let pré­sente sa sé­rie Loo­king for the mas­ters in Ri­car­do’s gol­den shoes au CCVL dans la­quelle elle re­vi­site des por­traits icônes à tra­vers 176 ans de créa­tion pho­to­gra­phique. In­ter­view. ■ La pho­to­gra­phie après les

Beaux-Arts, une conti­nui­té ? Je m’en­nuyais un peu avec la pein­ture et les nou­veaux ou­tils qui per­met­taient de tra­vailler l’image m’at­ti­raient. Avec pho­to­shop, on peut tra­vailler son image du dé­but jus­qu’à la fin. J’avais en­vie aus­si de dé­cou­vrir le monde et la pho­to­gra­phie per­met ce­la. J’ai réa­li­sé de la pho­to do­cu­men­taire puis je suis re­ve­nue à l’art avec mes sé­ries sur l’ex­pres­sion de l’iden­ti­té chez les ados par exemple [Iden­ti­ty 1 ; 2 ; 3 ; N.D.L.R]. ■ Sur quels cri­tères avez-vous choi­si vos pho­tos icônes ? C’est très sub­jec­tif, c’est mon ap­proche des pho­tos qui m’ont mar­quée mais aus­si l’in­cons­cient

col­lec­tif. Je me suis in­té­res­sée au pour­quoi ces images sont res­tées dans l’his­toire de la pho­to­gra­phie ? A leur lu­mière, com­po­si­tion et ex­pres­sion. J’ai eu en­vie de re­trans­crire ce­la avec les nou­velles tech­no­lo­gies. C’est une re­vi­site. Ce n’était pas de co­pier, c’est à la ma­nière de. Je vou­lais être le plus fi­dèle pos­sible à l’es­prit du pho­to­graphe (New­ton ; Man Ray ; Ave­don ; Wa­rhol ; Sa­rah Moon ; Pierre et Gilles, Bras­saï ; Ro­nis, etc.) ■ Ri­car­do Mar­ti­nez Paz, sty­liste pour les pho­to­graphes est de­ve­nu votre mo­dèle, votre com­plice. Je vou­lais su­bli­mer au mieux la na­ture de Ri­car­do qui a son âge, une gueule, une peau. Il y a une

lu­mi­no­si­té dans sa per­sonne. Il de­vient dif­fé­rentes per­sonnes. Cette sé­rie avec lui est aus­si une ré­flexion sur l’iden­ti­té. ■ C’est une re-vi­site des pho­tos icônes mais avec un dé­ca­lage. C’est ma fa­çon d’abor­der la vie. Il y a un amour et un res­pect pour les au­teurs. Il y a une in­ter­pré­ta­tion liée à l’ac­tua­li­té. Bai­ser de l’hô­tel de ville de Dois­neau, par exemple, j’ai réa­li­sé cette pho­to au mo­ment de la loi sur le ma­riage pour tous, aus­si Ri­car­do pose avec un autre homme. De même dans la pho­to de Dois­neau, il y a une Trac­tion, j’ai choi­si de pla­cer un dé­fi­lé de femmes mo­tards en ar­rière­plan. ■ Qu’est ce qui vous a ani­mé dans cet hom­mage à ces pho­to­graphes ? J’ai me­né cette ré­flexion à la fois sur l’image icône, sur l’iden­ti­té et sur la place de la pho­to au­jourd’hui. Il existe un flux d’images qui nous sub­merge. Qu’est ce qui l’en reste ? Cette sé­rie, c’est ma fa­çon de dire stop à ce flux conti­nu et de mon­trer que ces pho­to­graphes ont créé et en­ra­ci­né l’his­toire de la pho­to­gra­phie. À leur époque, c’était peut­être plus fa­cile de se mettre dans la lu­mière comme Ri­boud avec Le peintre de la tour Eif­fel. Par contraste, cette image l’a pour­sui­vi toute sa vie alors qu’il a réa­li­sé un tra­vail re­mar­quable.

■ Jus­te­ment au­jourd’hui com­ment un pho­to­graphe peut-il être dans la lu­mière ? Il faut réa­li­ser des sé­ries avec des concepts. On n’est plus dans la pho­to qui sort du lot. De plus, on doit beau­coup écrire sur son tra­vail. Ce bas­cu­le­ment vers le concept s’ex­plique car la pho­to est en­trée dans le do­maine ar­tis­tique et l’art est concep­tuel. C’est notre fa­çon de nous dé­mar­quer de la pho­to prise sur le vif avec un smart­phone. (*) ■

(*) Livre Loo­king for the mas­ters in Ri­car­do’s gol­den shoes de Ca­the­rine Ba­let avec Ri­car­do Mar­ti­nez Paz, Ed. De­wi Le­wis Pu­bli­shing, 256 p. 102 pho­tos, 45 €.

PHO­TOS VIC­TO­RIA PU­LI­DO

POR­TRAITS ICÔNES. Hom­mage aux pho­to­graphes à tra­vers 176 ans de pho­to­gra­phie. avec la sé­rie Loo­king for the mas­ters in Ri­car­do’s gol­den shoes de Ca­the­rine Ba­let.

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