Ca­va­gna, vice-roi de Bel­gique !

La Montagne (Vichy) - - Sports Au­vergne - Ra­phaël Ro­chette ra­phael.ro­chette@cen­tre­france.com

Tout s’ac­cé­lère pour Ré­mi Ca­va­gna. Le néo-pro au­ver­gnat a por­té le maillot de lea­der au Tour de Bel­gique. Il l’a fi­ni à la 2e place et son adap­ta­tion chez les pros est dé­jà réus­sie.

Il s’en est fal­lu de quelques se­condes. Six exac­te­ment pour que Ré­mi Ca­va­gna égale Jean Sta­blins­ki et Syl­vain Cha­va­nel, les der­niers Fran­çais à avoir rem­por­té le Tour de Bel­gique, en 1965 et 2004.

Lea­der avant l’ul­time étape, le jeune Au­ver­gnat n’a fi­na­le­ment pas imi­té ces grands cham­pions. Mais le néo­pro a mar­qué les es­prits, ré­cem­ment, avec sa 2e place fi­nale sur les routes du plat pays.

Lea­der de Quick Step !

À 21 ans, l’Au­bié­rois a flir­té avec la vic­toire sur un tour na­tio­nal. Son adap­ta­tion chez les pros, au sein de la Quick Step Floors, se fait à la vi­tesse grand V. Ce­ci dit, il s’est tout de même sur­pris à être ca­pable de ba­tailler ain­si pour la vic­toire sur une épreuve de ce ni­veau.

Pour bien mettre en re­lief sa perf, on rap­pel­le­ra que l’Au­ver­gnat a de­van­cé au gé­né­ral l’Al­le­mand To­ny Mar­tin (3e), qua­druple cham­pion du monde du chro­no, et Phi­lippe Gil­bert (4e), le der­nier lau­réat du Tour des Flandres…

« On m’au­rait dit avant la course que je se­rais deuxième, j’au­rais si­gné tout de suite, com­men­tet­il. Après, quand t’es de­dans, t’au­rais pré­fé­ré faire

mieux. Mais c’est dé­jà sa­tis­fai­sant pour une pre­mière an­née pro­fes­sion­nelle. Il faut que je conti­nue comme ça. »

En Bel­gique, le cham­pion de France es­poirs du contre­la­montre a vé­cu des mo­ments très forts sur les trois der­nières étapes.

« Au contre­la­montre, j’ai réa­li­sé une belle per­for­mance (5e). Je ne fi­nis pas très loin (à 21 se­condes du vain­queur, sur 13,4 km, ndlr) et ça me re­place 7e au gé­né­ral. Après, l’étape du len­de­main, j’ai réus­si à prendre l’échap­pée. On était un groupe as­sez consé­quent. Du coup, j’ai com­men­cé à y croire. Je me suis ac­cro­ché jus­qu’au bout. Et puis, j’ai fait une belle jour­née (4e à l’ar­ri­vée et nou­veau lea­der pour une se­conde, ndlr) .»

Toute l’équipe Quick Step s’est mise à son ser­vi­

ce, y com­pris le cham­pion de Bel­gique Phi­lippe Gil­bert, mais ça n’a pas suf­fi. Ca­va­gna s’est fait souf­fler la vic­toire fi­nale par Jens Keu­ke­laire, de la sé­lec­tion belge. Pour quelques se­condes de bo­ni­fi­ca­tion, que le sprin­teur fla­mand a réus­si à grap­piller.

« C’est dé­jà bien »

« C’est un peu ra­geant de perdre là­des­sus, mais pas tant que ça, es­time le cou­reur for­mé au Team Pro Im­mo. Les di­rec­teurs spor­tifs de l’équipe étaient contents de moi. Je n’avais pas vrai­ment de pres­sion. Je suis jeune et là pour ap­prendre. C’est dé­jà bien ce que j’ai fait. »

Sa dé­faite sur le fil, l’Au­bié­rois l’ac­cepte avec phi­lo­so­phie. « C’est comme ça, c’est la vie. J’au­rais ga­gné, ce­la au­rait été en­core plus jo­li. Une 2e pla­

ce, on l’ou­blie vite. Mais moi, ça m’a ras­su­ré vis­àvis de ma pré­pa­ra­tion. Je sais où j’en suis. »

Et au vu de sa bonne forme, il semble en me­sure d’abor­der les cham­pion­nats de France du contre­la­montre, le 22 juin à Saint­Omer (Pas­de­Ca­lais), avec un rôle à y jouer. D’out­si­der qui pour­rait dé­jouer les pro­nos­tics. Et en­trer dans le top 5 ?

Ré­mi ne s’en­flamme pas, ce­pen­dant. Aux France, la dis­tance (51 km) se­ra près de quatre fois su­pé­rieure à celle de l’épreuve belge. Et le par­cours, qu’il est al­lé re­con­naître, est au­tre­ment plus sé­lec­tif, avec une suc­ces­sion de côtes. Le rou­leur au­ver­gnat se dit « im­pa­tient d’y être », mais ne se fixe pas d’ob­jec­tif. « On ver­ra bien. Je ne veux pas être dé­çu à la fin… » ■

MAILLOT ROUGE. Ré­mi Ca­va­gna a été lea­der du Tour de Bel­gique lors de la der­nière étape.

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