Grand cham­boule­tout à l’As­sem­blée

Plus jeune, plus fé­mi­nine, plus di­ver­si­fiée… Une pe­tite ré­vo­lu­tion de­vrait s’opé­rer di­manche

La Montagne (Vichy) - - Elec­tions Le­gis­la­tives - Pau­line Ma­reix ig@cen­tre­france.com

Em­ma­nuel Ma­cron a po­sé les pierres d’une ma­jo­ri­té di­verse, pro­fon­dé­ment re­nou­ve­lée… et fé­mi­nine. Si les pro­jec­tions se confirment, la France pour­rait faire un pas de géant vers la pa­ri­té en po­li­tique.

Exit les dé­pu­tés­maires ! Af­fai­blis, les par­tis tra­di­tion­nels qui ont pris de plein fouet la vague du « dé­ga­gisme ». Di­manche, tout va chan­ger. Non seule­ment l’As­sem­blée na­tio­nale va être pro­fon­dé­ment re­nou­ve­lée mais elle se­ra aus­si plus fé­mi­nine que ja­mais. Un cham­boule­tout dont la cause est à re­cher­cher du cô­té de la loi sur le non­cu­mul des man­dats et de la re­com­po­si­tion (ou de la dé­com­po­si­tion ?) po­li­tique qui s’opère. Gé­né­ra­tion Ma­cron oblige.

Des têtes nou­velles.

Près de 40 % de dé­pu­tés n’ont pas rem­pi­lé. Cer­tains ont pré­fé­ré se consa­crer à leur man­dat lo­cal. D’autres ont sim­ple­ment sen­ti le vent du bou­let. Tous par­tis confon­dus, 124 dé­pu­tés sor­tants ont été éli­mi­nés dès le pre­mier tour. Un mou­ve­ment qui n’est pas sans rap­pe­ler les élec­tions lé­gis­la­tives de 1958, les pre­mières de la Ve Ré­pu­blique. 338 nou­veaux dé­pu­tés à l’époque. Re­cord à battre.

So­cié­té ci­vile : oui, mais…

Dé­fi­cit de no­to­rié­té rime­t­il avec dé­fi­cit d’ex­pé­rience ? La raz­zia ma­cro­nienne laisse cer­tains par­le­men­taires cir­cons­pects. Ils « ne connaissent pas les règles. C’est pas la dé­mo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive, l’As­sem­blée », lâche un par­le­men­taire. « S’ils se servent de leur cer­veau et es­saient de bien faire, ce n’est pas in­quié­tant », tem­père un autre. D’au­tant que ces no­vices im­pa­tients d’en dé­coudre ne se­raient pas si in­ex­pé­ri­men­tés que ce­la, constate Luc Rou­ban, cher­cheur au CNRS, qui a ana­ly­sé le pro­fil des can­di­dats LREM, lar­ge­ment di­plô­més et re­pré­sen­tant les classes su­pé­rieures pour la ma­jo­ri­té d’entre eux. Quand so­cié­té ci­vile ne rime pas for­cé­ment avec re­nou­veau, mais plu­tôt avec frac­ture so­ciale…

En marche vers la pa­ri­té.

Di­manche, 246 can­di­dates sont ar­ri­vées en tête dans leur cir­cons­crip­tion. Un re­cord his­to­rique per­mis par La Ré­pu­blique en Marche !, qui a in­ves­ti 52 % de can­di­dates. 192 d’entre elles sont ar­ri­vées en tête au soir du pre­mier tour contre 207 hommes. Par­tout ailleurs, elles sont sous­re­pré­sen­tées. Tou­jours es­til que, si ces 246 femmes par­viennent à se his­ser en tête à l’is­sue du se­cond tour, on pour­rait at­teindre les 42,5 % de dé­pu­tées à l’As­sem­blée !

La se­maine der­nière, l’Ob­ser­va­toire des in­éga­li­tés s’in­quié­tait d’une pro­gres­sion trop lente. « On ne compte pas plus de can­di­dates cette an­née qu’il y a cinq ans », avan­çait­il. Oui. Mais la Ré­pu­blique en Marche ! a in­ves­ti des femmes dans des cir­cons­crip­tions ac­ces­sibles. Il y a, certes, en­core du che­min à faire avant d’at­teindre la pa­ri­té tant sou­hai­tée, mais c’est ain­si que l’on pas­se­rait de 27 % des sièges oc­cu­pées par des femmes en 2012 (on s’en ré­jouis­sait dé­jà !) à près de 43 % au­jourd’hui.

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