Gar­der le contrôle

La Montagne (Vichy) - - Elec­tions Le­gis­la­tives - BER­NARD STÉ­PHAN ber­nard.ste­phan@cen­tre­france.com

Mal­gré la pers­pec­tive d’une As­sem­blée in­trou­vable, tel­le­ment le groupe ma­cro­nien y se­rait hé­gé­mo­nique, on doit sa­luer quelques bons points. Ain­si la nou­velle chambre de­vrait être très fé­mi­ni­sée et très ra­jeu­nie. On ne de­vrait pas en­core at­teindre la pa­ri­té, mais l’As­sem­blée qui sor­ti­ra des urnes di­manche pro­met d’ac­cueillir au moins 250 femmes contre seule­ment 145 lors de la lé­gis­la­ture qui s’achève. Quant à l’âge des par­le­men­taires, il va être bous­cu­lé. Les can­di­dats de La Ré­pu­blique en Marche ! af­fichent une moyenne de 46 ans quand les dé­pu­tés sor­tants portent bien leurs 60 ans.

Une se­conde rai­son de se ré­jouir est le re­nou­vel­le­ment so­cio­pro­fes­sion­nel des élus. Avec la fin des pro­fes­sion­nels de la po­li­tique, c’est l’ar­ri­vée mas­sive au Pa­lais­Bour­bon des jeunes en­tre­pre­neurs, des start­upers, des consul­tants, tous très agiles sur les ré­seaux so­ciaux, ce qu’on ap­pelle à tort ou à rai­son la « so­cié­té ci­vile ». Le re­vers de la mé­daille est la faible re­pré­sen­ta­tion des classes po­pu­laires : ou­vriers, pe­tits pay­sans, em­ployés, pré­caires, de­man­deurs d’em­ploi.

Faut-il s’in­quié­ter du pro­fil d’élus qui n’au­raient pas en­core ga­gné leurs ga­lons po­li­tiques ? La han­tise d’Em­ma­nuel Ma­cron, ce sont les fron­deurs. Du­rant le quin­quen­nat pas­sé, il a pu ob­ser­ver, aux pre­mières loges, l’oeuvre des contes­ta­taires dans le groupe so­cia­liste et l’ef­fet « mine à re­tar­de­ment » dans le fonc­tion­ne­ment de la ma­jo­ri­té. Le nou­veau pré­sident ne veut pas re­vivre ça. Rai­son de plus pour pri­vi­lé­gier les dé­pu­tés no­vices qui lui de­vront tout et sur­tout fi­dé­li­té.

Mais at­ten­tion à ne pas avoir une illu­sion d’op­tique avec cette ma­jo­ri­té plé­tho­rique, au risque d’ou­blier de l’en­ca­drer. En ef­fet, l’ur­gence pour Em­ma­nuel Ma­cron se­ra de do­ter les postes clés de ti­tu­laires en ca­pa­ci­té de faire mar­cher le sys­tème. C’est vrai pour la pré­si­dence de l’As­sem­blée na­tio­nale, la pré­si­dence du groupe La Ré­pu­blique en marche !, la pré­si­dence des com­mis­sions. Une né­ces­si­té pour ac­com­pa­gner la co­horte des nou­veaux et les ini­tier à la ri­gueur par­le­men­taire. Car si la po­li­tique n’est pas une pro­fes­sion, elle de­mande, comme pour tous les mé­tiers, un peu d’ex­per­tise pour être ef­fi­cace.

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