Convaincre les abs­ten­tion­nistes, faire chan­ger d’avis les autres

La Montagne (Vichy) - - Région Actualité - Mat­thieu Per­ri­naud

Di­gé­rer. Re­par­tir au front. En en­tre­pre­neur che­vron­né, Ga­briel Ma­quin, pre­mier ad­joint au maire de Vi­chy, en a vu d’autres. Même s’il fut rude, ce coup por­té par les élec­teurs – et l’ab­sence d’élec­teurs – di­manche, pour le pre­mier tour.

Qu’il n’ar­rive pas en tête (il a ob­te­nu 19,8 %), soit. Mais se faire souf­fler la ve­dette par une in­con­nue en po­li­tique, jusque sur ses terres vi­chys­soises, c’est un peu fort !

De quoi re­froi­dir. Pour un temps seule­ment. Aus­si­tôt, Ga­briel Ma­quin est re­par­ti. « Chaque jour, de­puis deux mois et de­mi, je me rends de bourg en bourg, à la ren­contre des élus et des élec­teurs. Et aus­si de ferme en ferme, dans les en­tre­prises, et sur les mar­chés. »

Fi­dèle à son style dis­cret, af­fable

Comme à La­pa­lisse, hier ma­tin. Pas ano­din, loin de là. Jus­te­ment sur les terres de Jacques de Cha­bannes (PRG), maire de la com­mune ar­ri­vé troi­sième (14 %) au pre­mier tour. Avec peut­être un coup à jouer du cô­té de ses élec­teurs, dé­çus d’avoir per­du leur cham­pion. En­core faut­il les convaincre. Loin de son fief. « Mais ce n’est pas non plus ce­lui de Bé­né­dicte Pey­rol ! D’ailleurs, elle n’en a pas, de fief. »

Convaincre, Ga­briel Ma­quin s’y em­ploie, fi­dèle à son style dis­cret, af­fable. « Ici, les gens ont vo­té pour l’homme, ils fe­ront pa­reil au deuxième tour. Elle n’a pas l’ex­pé­rience de la vie, de la ges­tion d’une col­lec­ti­vi­té, et n’a pas connu l’en­tre­prise, c’est un peu lé­ger quand même… »

À ses cô­tés, son sup­pléant, Ni­co­las Ray, est re­mon­té à bloc. Droite, gauche, il dis­tri­bue les tracts sans re­lâche. « Il y a des gens qui ont vo­té pour Pey­rol qui vont chan­ger d’avis ! » Mé­thode Coué in­dis­pen­sable pour le duo en bal­lot­tage dé­fa­vo­rable, avec 5.778 voix de re­tard sur la can­di­date ma­cro­niste. Ga­briel Ma­quin sou­rit ici, sa­lue là.

« C’est pra­ti­que­ment le tour de trop »

Au gré de la pé­ré­gri­na­tion ma­ti­nale, des pas­sants re­poussent le pros­pec­tus d’un re­gard ré­pro­ba­teur. « Al­lez, un der­nier vote et on ne vous em­bê­te­ra plus », sou­rit Ni­co­las Ray, bon joueur. « Avec toutes ces élec­tions, je crois qu’il y a beau­coup de las­si­tude, ana­lyse Ga­briel Ma­quin, phi­lo­sophe. C’est pra­ti­que­ment le tour de trop. »

D’autres tendent la main vo­lon­tiers. Dom­mage, des va­can­ciers en go­guette, qui ne vo­te­ront pas, for­cé­ment. Mais heu­reu­se­ment, le duo trouve aus­si des al­liés. « Oh, c’est vous Mon­sieur Ma­quin ? Je ne vous con­nais pas, mais ma fille si, et je sais que vous êtes très sym­pa ! »

Nou­velle ren­contre. Bonne pioche, en­core. Cette femme a vo­té Jacques de Cha­bannes. Cette fois, elle l’as­sure, elle don­ne­ra sa voix à Ga­briel Ma­quin. « Je croise les doigts pour vous ! » Pas ano­din, le mar­ché de La­pa­lisse… ■

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