17 morts, pour l’ins­tant… Le pro­cu­reur en­quête, Trump s’in­surge…

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités - Pour ten­ter de « sé­cu­ri­ser le bâ­ti­ment ».

Le bi­lan des vic­times de l’in­cen­die qui a dé­vas­té une tour à Londres s’est alour­di, hier, à 17 morts, tan­dis que les se­cours res­tent à la re­cherche de nom­breux dis­pa­rus.

«Je peux mal­heu­reu­se­ment confir­mer que 17 per­sonnes sont dé­cé­dées », a an­non­cé, hier, Stuart Cun­dy, com­man­dant à la Me­tro­po­li­tan Po­lice. Un bi­lan qui est pro­vi­soire. Six des 17 corps ont été re­trou­vés en de­hors de la tour, les autres se trou­vant à l’in­té­rieur.

La Pre­mière mi­nistre The­re­sa May, qui s’est ren­due sur place dans la ma­ti­née, a or­don­né l’ou­ver­ture d’une « en­quête pu­blique sur ce dé­sastre » sur­ve­nu dans la nuit de mar­di à mer­cre­di.

« Nous de­vons sa­voir ce qui s’est pas­sé, nous de­vons avoir des ex­pli­ca­tions, nous le de­vons à ces gens qui ont per­du leurs proches », a­t­elle dé­cla­ré. Stuart Cun­dy a pré­ci­sé qu’une équipe spé­cia­li­sée al­lait ten­ter de « sé­cu­ri­ser le bâ­ti­ment », afin de per­mettre aux se­cou­ristes et aux équipes cy­no­philes de pro­gres­ser dans les étages, à la re­cherche des dis­pa­rus. NACELLE.

Mais la chef des pom­piers Da­ny Cot­ton a peu d’es­poir. « Ce se­rait un mi­racle de re­trou­ver des sur­vi­vants », a­t­elle dé­cla­ré, en pré­ci­sant que les re­cherches pour­raient prendre des se­maines. Des fa­milles en­tières n’ont tou­jours pas don­né signe de vie et des mé­dias évoquent des di­zaines de per­sonnes tou­jours por­tées dis­pa­rues.

L’ori­gine du si­nistre res­tait in­con­nue hier mais la co­lère monte par­mi les ré­si­dents qui pointent des dé­faillances à ré­pé­ti­tion dans la ges­tion de l’im­meuble de 24 étages, qui comp­tait 120 ap­par­te­ments et hé­ber­geait quelque 600 per­sonnes dans une en­clave po­pu­laire du quartier cos­su de Ken­sing­ton.

Scènes tra­giques

Le nou­veau re­vê­te­ment de Gren­fell To­wer, en par­ti­cu­lier, fai­sait dé­bat. Se­lon la BBC, il in­cor­po­rait une couche de plas­tique, ce qui pour­rait ex­pli­quer la vi­tesse à la­quelle le feu s’est pro­pa­gé. Le quo­ti­ di­en The Guar­dian écrit que c’est le même re­vê­te­ment qui a été mis en cause lors d’un in­cen­die « si­mi­laire » dans la ville aus­tra­lienne de Mel­bourne en 2014, qui n’avait pas fait de vic­time.

Sa­lah Che­biou­ni, 45 ans, qui a réus­si à sor­tir de l’im­meuble à temps, a dé­cla­ré que ce­la sen­tait « le plas­tique brû­lé » et dé­plo­ré une ré­no­va­tion à bas coûts : « Ça res­sem­blait à du mé­tal. Je pen­sais qu’ils avaient fait quelque chose de bien. En fait, c’était du plas­tique. »

La so­cié­té Ry­don, qui a pro­cé­dé à la ré­no­va­tion de près de 10 mil­lions d’eu­ros, a af­fir­mé pour sa part qu’elle res­pec­tait « tous les contrôles obli­ga­toires en ma­tière de normes in­cen­die et de règles de sé­cu­ri­té ».

L’in­cen­die a don­né lieu à des scènes tra­giques. Des res­ca­pés ont ra­con­té avoir vu des ha­bi­tants sau­ter dans le vide pour échap­per aux flammes. D’autres té­moins ont vu des pa­rents je­ter leurs en­fants par la fe­nêtre pour ten­ter, dans un geste déses­pé­ré, de les sau­ver : « C’était hor­rible, hor­rible. Nous les avons vus mou­rir, com­ment ou­blier ça ? » ■ Do­nald Trump est dé­sor­mais dans le vi­seur du pro­cu­reur spé­cial amé­ri­cain Ro­bert Muel­ler, qui en­quête sur les af­faires russes et veut sa­voir – se­lon de nou­velles ré­vé­la­tions – si le pré­sident amé­ri­cain a fait en­trave à la jus­tice.

Do­nald Trump s’est in­di­gné, hier, de ces in­for­ma­tions sans les dé­men­tir. Il a qua­li­fié de nou­veau, sur Twit­ter, de « bi­don » l’hy­po­thèse d’une col­lu­sion entre cer­tains de ses proches et la Rus­sie pen­dant la cam­pagne élec­to­rale amé­ri­caine. L’en­jeu est consi­dé­rable pour le pré­sident amé­ri­cain. Si des preuves d’en­trave à la jus­tice étaient réunies, ce­la pour­rait ou­vrir la voie à une pro­cé­dure de des­ti­tu­tion. « Ils ont fa­bri­qué une col­lu­sion bi­don avec l’his­toire russe, ils n’ont trou­vé au­cune preuve, et donc main­te­nant ils se lancent dans l’en­trave à la jus­tice sur cette his­toire bi­don. Sym­pa », a­t­il twee­té.

Ces af­faires, qui em­poi­sonnent sa jeune pré­si­dence, sont l’ob­jet de la « plus grande chasse aux sor­cières de l’his­toire po­li­tique des États­Unis », a éga­le­ment af­fir­mé Do­nald Trump. La se­maine der­nière, l’an­cien chef du FBI James Co­mey, li­mo­gé par Do­nald Trump dé­but mai, avait fait état de pres­sions du pré­sident amé­ri­cain dans l’en­quête sur la Rus­sie. James Co­mey a dé­cla­ré que le pré­sident amé­ri­cain lui avait fait com­prendre qu’il sou­hai­tait voir aban­don­née la par­tie de l’en­quête concer­nant son an­cien conseiller à la sé­cu­ri­té na­tio­nale Mi­chael Flynn.

Pou­tine pré­fère en rire

Ré­pu­té proche de la Rus­sie et au coeur des soup­çons de conni­vence avec Mos­cou, Flynn a dé­mis­sion­né le 13 fé­vrier, ac­cu­sé de n’avoir pas dit toute la vé­ri­té sur ses contacts avec l’am­bas­sa­deur russe à Wa­shing­ton. Mis en cause per­son­nel­le­ment par les ser­vices de ren­sei­gne­ment amé­ri­cains pour avoir pi­lo­té les pi­ra­tages in­for­ma­tiques de la cam­pagne d’Hilla­ry Clin­ton, le pré­sident russe Vla­di­mir Pou­tine a une fois de plus tour­né en dé­ri­sion toute l’affaire. James Co­mey pour­rait ob­te­nir « l’asile po­li­tique » en Rus­sie, s’est­il amu­sé hier. ■

PHO­TO AFP

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