Douze ans de réclusion pour viol

La Montagne (Vichy) - - Région Faits Divers - Leï­la Aber­kane

Alors que l’avo­cat gé­né­ral avait re­quis une peine de dix ans contre Jé­ré­my Gué­neau, ac­cu­sé d’avoir vio­len­té et vio­lé sa concu­bine, la cour d’as­sises de l’Al­lier l’a condam­né, hier, à douze ans de réclusion cri­mi­nelle.

« On est de­vant la ques­tion du viol conju­gal. C’est une ques­tion com­plexe dans l’esprit des per­sonnes ; sur le pa­pier c’est simple », avait conclu Mi­chel Ber­nar­di, ex­pert psy­cho­logue.

Sur le pa­pier – l’ar­ticle de 222­23 du code pé­nal – il n’y a pas l’ombre d’un doute pour l’avo­cat gé­né­ral. En amorce de son ré­qui­si­toire, Jeanne­Chan­tal Ca­piez en a rap­pe­lé la dé­fi­ni­tion : « Tout acte de pé­né­tra­tion sexuelle, de quelque na­ture qu’il soit, com­mis sur la per­sonne d’au­trui par vio­lence, contrainte, me­nace ou surprise est un viol. Dans cette affaire, le viol est très clai­re­ment consti­tué ».

« Cli­mat de vio­lence »

La ques­tion que de­vaient tran­cher la cour et les ju­rés, hier, c’est celle du consen­te­ment de la concu­bine de Jé­ré­my Gué­neau dans les re­la­tions

sexuelles qu’ils ont eues dans la nuit du 21 au 22 no­vembre 2015, chez la vic­time, à Mou­lins.

Jé­ré­my Gué­neau, 32 ans, était ren­tré, ivre, d’une vi­rée entre co­pains. A­t­il im­po­sé des rap­ports sexuels à sa concu­bine ? L’avo­cat gé­né­ral s’ap­puie sur le contexte de la soi­rée pour écar­ter com­plè­te­ment le consen­te­ment : « Avant les rap­ports, il y a eu des vio­lences. Elle a re­çu des coups. Pen­dant les rap­ports, il l’a gi­flée, il l’a me­na­cée, il lui a fait peur. On est dans un cli­

mat to­tal de vio­lence et de contrainte. Elle ne pou­vait que faire pro­fil bas. Elle était vul­né­rable, in­ca­pable de dire “ar­rête !” ».

Jeanne­Chan­tal Ca­piez lit aus­si les dé­cla­ra­tions de la vic­time de­vant le juge d’ins­truc­tion : « Elle dit : “J’ai dit oui parce que je n’avais pas le choix. Je n’étais pas consen­tante. J’avais peur d’y res­ter”. Elle le dit ! ».

Mais, jeu­di, à la barre, la jeune femme de 27 ans, a été plus nuan­cée : « Pour moi, il ne m’a pas vio­lée. J’ai dit oui car je vou­lais que les coups s’ar­rêtent ».

Des pro­pos rap­pe­lés, dans sa plai­doi­rie, par Me Jau­vat, l’avo­cat de Jé­ré­my Gué­neau : « Elle n’a pas tou­jours eu la même ver­sion. Au dé­but, elle a dit qu’elle n’était pas d’ac­cord, puis elle a re­ti­ré sa plainte, puis, dans ce pro­cès, elle dit qu’elle n’a pas été vio­lée ».

Se tour­nant vers les ju­rés : « Ce sont des dé­cla­ra­tions im­por­tantes. Vous ne pou­vez pas re­te­nir le viol. À au­cun moment, les vio­lences n’ont été com­mises dans le but d’abu­ser d’elle. Elle n’a pas for­mu­lé de re­fus ».

Cette nuit­là, la vic­time n’au­rait pas dû avoir de rap­ports sexuels. Ayant su­bi une opé­ra­tion gy­né­co­lo­gique quelques jours au­pa­ra­vant, son mé­de­cin le lui avait in­ter­dit. Elle l’avait dit à Jé­ré­my Gué­neau. ■ è Dé­jà condam­né. Jé­ré­my Gué­neau est ori­gi­naire de la Nièvre. Il a gran­di à Neu­ville-lès-De­cize, puis à La Ma­chine, sans l’amour de sa mère qui lui don­nait des gifles quand il était en­fant, a-t-il ex­pli­qué. À la barre, celle-ci a, au contraire, ex­pli­qué avoir « tout fait pour ses en­fants ». Il a été condam­né sept fois en cor­rec­tion­nelle dont quatre fois pour des vio­lences.

CONDAM­NÉ. « Le viol est très clai­re­ment consti­tué », a af­fir­mé l’avo­cat gé­né­ral.

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