Le Guègue a réus­si à se faire ou­blier

Près de huit fois moins de si­gna­le­ments d’odeurs ont été ef­fec­tués par les ri­ve­rains, ces deux derniers mois, par rap­port à la même pé­riode de 2016.

La Montagne (Vichy) - - Vichy Vivre Sa Ville - Laurent Ber­nard

«Ces jours­ci, avec le beau temps, on ap­pré­cie vrai­ment de pou­voir pas­ser les soi­rées de­hors. » Non, Fran­çoise Cap­po­ni ne vient pas de découvrir les joies de vivre à la cam­pagne. Sa mai­son du quar­tier Meu­nière, à Cus­set, elle y ha­bite de­puis 1994 avec Mar­tin, son ma­ri. Fran­çoise Cap­po­ni constate sim­ple­ment la dif­fé­rence avec la fin du prin­temps et l’été 2016 : les odeurs éma­nant du centre d’en­fouis­se­ment du Guègue, sur les hau­teurs de la ville, fré­quentes et fortes, ont pra­ti­que­ment dis­pa­ru. « Le ma­tin, c’était hor­rible, on avait l’im­pres­sion qu’il y avait une fuite de gaz dans la mai­son. Et le soir, on ne pou­vait pas res­ter de­hors », se sou­vient­elle.

Moins de deux si­gna­le­ments par mois

En 2015, Fran­çoise Cap­po­ni a in­té­gré le ju­ry de nez char­gé de faire re­mon­ter les pro­blèmes d’odeurs consta­tés au­tour du centre d’en­fouis­se­ment. Cette se­maine, la réunion du co­mi­té de sui­vi, au­quel elle a par­ti­ci­pé, a per­mis de confir­mer l’im­pres­sion : le taux de si­gna­le­ment d’odeurs est tom­bé à 0,4 par se­maine, entre fé­vrier et mai der­nier, c’est­à­dire après la sé­rie

de tra­vaux réa­li­sés par Si­ta Suez pour mieux cap­ter les bio­gaz. Alors qu’entre juillet et octobre 2016, le nombre de si­gna­le­ments était de 3,1 par se­maine.

Entre avril et mai de 2016 et les mêmes mois de 2017, la dif­fé­rence est du même aca­bit. Un ré­sul­tat d’au­tant plus sa­tis­fai­sant que les condi­tions mé­téo­ro­lo­giques étaient moins fa­vo­rables cette an­née. Si­ta Suez met

en ef­fet le nombre de si­gna­le­ment d’odeurs en pers­pec­tive grâce à un in­dice at­mo­sphé­rique moyen (c’est­à­dire, les condi­tions mé­téo­ro­lo­giques plus ou moins dé­fa­vo­rables en termes d’odeurs).

Des ré­sul­tats qui ont de quoi sou­la­ger le dé­lé­ga­taire, puisque la si­tua­tion s’était ten­due, après des pics d’odeurs consta­tés fin 2015, au cours de l’été 2016 et à

nou­veau au dé­but de l’été der­nier. Pire, les gaz qui étaient jusque­là res­sen­tis « seule­ment » au­tour du centre d’en­fouis­se­ment, sur les com­munes de Cus­set, Molles ou Saint­Etienne­de­Vicq, s’étaient pro­pa­gés jus­qu’à Creu­zier­le­Vieux et Saint­Ré­my­en­Rol­lat. « Si tout n’est pas par­fait, on sent une écoute de la part de l’ex­ploi­tant », as­sure Fran­çoise Cap­po­ ni. Sur­tout, ad­met­elle, de­puis qu’existe l’ob­ser­va­toire des odeurs.

Pas ques­tion pour Si­ta­Suez de crier vic­toire, à quelques jours de l’été, pé­riode à risques par ex­cel­lence... « Nous res­tons humbles et vi­gi­lants », as­sure pru­dem­ment Sé­bas­tien Man­got. Ren­dez­vous en no­vembre pour la pro­chaine réunion du ju­ry de nez. ■

PHO­TO ÉMERIC ENAUD

CENTRE D’EN­FOUIS­SE­MENT. 80.00 tonnes de dé­chets mé­na­gers sont en­fouies chaque an­née sur le centre du Guègue.

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