MAR­CEL JA­COB.

La Montagne (Vichy) - - Affaire Grégory -

Mar­cel Ja­cob, 71 ans, est le il y a 32 ans. D’un ca­rac­tère af­fir­mé, cet ou­vrier était en mau­vais termes avec Al­bert Ville­min, le ma­ri de sa grande soeur Mo­nique, et sur­tout avec leur fils Jean-Ma­rie, père de Gré­go­ry, dont il consi­dé­rait l’as­cen­sion so­ciale illé­gi­time. En 1982, il apos­trophe son ne­veu qui vient d’être pro­mu contre­maître : « Je ne serre pas la main à un chef. Tu n’es qu’un ram­pant qui n’a pas de poils sur la poi­trine », lance cet oncle en­vieux. Mar­cel Ja­cob est en re­vanche par­ti­cu­liè­re­ment lié à Ber­nard La­roche, un autre ne­veu avec le­quel il a été éle­vé. Les deux com­pères sont voi­sins et se rendent vi­site ré­gu­liè­re­ment, « même si au dé­but de l’en­quête, Mar­cel Ja­cob s’était ef­for­cé de dis­si­mu­ler cette ami­tié », avaient rap­pe­lé les juges dans un ar­rêt de 1993. Mieux : oncle et ne­veu cultivent une res­sem­blance phy­sique, mous­tache et fa­vo­ris, sus­ci­tant par­fois la confu­sion. Mar­cel Ja­cob avait été soup­çon­né une pre­mière fois d’être le cor­beau lors­qu’une lettre ano­nyme avait fait état d’une al­ter­ca­tion entre deux frères de Jean-Ma­rie dont il avait été le seul té­moin. Mais il n’avait en­core ja­mais été in­quié­té par la justice. ■ cer­ti­tude. « L’éven­tua­li­té d’une ab­sence mo­men­ta­née de leur lieu de tra­vail ne sau­rait être ex­clue », avaient consi­dé­ré les en­quê­teurs de l’époque. Se­lon les nou­veaux élé­ments de l’en­quête, le couple Ja­cob s’adon­nait à l’échan­gisme, une pra­tique qui, une fois ébrui­tée, a d’au­tant ac­cen­tué le cli­mat dé­lé­tère au sein de la fa­mille Ville­min. ■ Ber­nard La­roche est le avec qui il en­tre­tient des rap­ports mé­diocres, à l’op­po­sé de sa com­pli­ci­té avec un autre cou­sin, Mi­chel Ville­min, et de son oncle Mar­cel Ja­cob. En no­vembre 1984, la jeune soeur de son épouse Ma­rie-Ange, Mu­rielle Bolle, le dé­nonce comme ce­lui qui a en­le­vé Gré­go­ry de­vant la mai­son de Jean-Ma­rie et Ch­ris­tine Ville­min, avant de se ré­trac­ter. Il est tout de même inculpé d’as­sas­si­nat, ac­ca­blé par des ex­per­tises gra­pho­lo­giques et les contours d’un mo­bile construit sur la ja­lou­sie à l’égard de Jean-Ma­rie, dont il ne sup­porte pas les suc­cès pro­fes­sion­nels et pri­vés. Re­mis en li­ber­té en fé­vrier 1985 tout en de­meu­rant inculpé, il est abat­tu à l’âge de 29 ans par le père de Gré­go­ry moins de deux mois plus tard. « En dé­fi­ni­tive, à l’is­sue de l’ins­truc­tion, il existe contre Ber­nard La­roche des charges très sé­rieuses d’avoir en­le­vé Gré­go­ry ; en re­vanche […], il est im­pos­sible d’af­fir­mer que Gré­go­ry a été tué par Ber­nard La­roche », concluent les ma­gis­trats en 1993. « Mo­nique Ville­min (ici en 1985) a été soup­çon­née par beau­coup de ses proches de dé­te­nir la clé de l’énigme. Elle a tou­jours af­fir­mé qu’il n’en était rien », no­taient les ma­gis­trats dans leur ar­rêt de 1993. Au­jourd’hui soup­çon­née d’avoir joué les cor­beaux, cette oc­to­gé­naire ap­pa­raît comme la

,à la tête d’une fra­trie de cinq en­fants, dont le pre­mier, illé­gi­time, a été re­con­nu par son ma­ri Al­bert. C’est elle qui a éga­le­ment éle­vé son ne­veu, Ber­nard La­roche, dont la mère – sa soeur – avait suc­com­bé en couche. Si la réus­site de son fils Jean-Ma­rie lui inspire une ad­mi­ra­tion sans borne, ses sen­ti­ments à l’en­droit de sa belle-fille Ch­ris­tine sont contras­tés : lorsque la mère de Gré­go­ry est soup­çon­née d’être l’as­sas­sin de son propre fils, Mo­nique Ville­min se consti­tue par­tie ci­vile et sou­tient l’ac­cu­sa­tion. Elle s’em­ploie en outre à dé­fendre la mé­moire de Ber­nard La­roche, tué par son fils Jean-Ma­rie en 1985, en se di­sant convain­cue de son in­no­cence. L’af­front lui vaut une rup­ture du­rable avec son fils et sa bru. ■

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