Des vic­times col­la­té­rales

La Montagne (Vichy) - - Franéclec & Tiom Ns Onlédgeislaatcivtueaslités -

Il n’y a pas que des dé­pu­tés sor­tants qui vont se re­trou­ver sur le car­reau di­manche soir : un nombre re­cord de leurs col­la­bo­ra­teurs vont être li­cen­ciés.

«Ça va être une tue­rie », re­doute un des 2.000 col­la­bo­ra­teurs par­le­men­taires dont les trois quarts risquent de se re­trou­ver sans em­ploi. L’As­sem­blée elle­même n’avait pas pré­vu un re­nou­vel­le­ment si ample, bud­gé­tant 27 mil­lions d’eu­ros pour prendre en charge un mil­lier de li­cen­cie­ments.

Plan so­cial

« Le plan so­cial est énorme, et pour­tant au­cun po­li­tique ne s’y in­té­resse ! », s’ex­clame Gon­zague de Chan­té­rac (CFTC). « Des col­la­bo­ra­teurs de­puis 20 ans s’in­quiètent en­fin des condi­tions de li­cen­cie­ment », grince un re­pré­sen­tant. Alors que la plu­part, par « pas­sion », n’ont pas comp­té leurs heures, pour 2.800 eu­ros brut men­suels en moyenne.

Une in­ter­syn­di­cale se mo­bi­lise de­puis plu­sieurs RE­CON­VER­SION. Beau­coup de col­la­bo­ra­teurs ont ou vont perdre leur dé­pu­té. Leur mé­tier a pâ­ti de l’affaire Fillon.

mois pour que la pro­cé­dure du li­cen­cie­ment éco­no­mique soit ap­pli­quée, et non, comme il est d’usage, celle du li­cen­cie­ment pour mo­tif per­son­nel.

« Le droit ne per­met pas le li­cen­cie­ment éco­no­mique, le Code du tra­vail ne re­con­naît pas le dé­pu­té comme une en­tre­prise », as­sure Ma­rie­Fran­çoise Cler­geau (PS), pre­mière ques­teur. Des ac­tions de col­la­bo­ra­teurs aux prud’hommes se pré­parent.

Alors que le « Pe­ne­lo­pe­gate » du­rant la cam­pagne

pré­si­den­tielle a mis en lu­mière le manque de ca­drage de leur ac­ti­vi­té, ils ré­clament aus­si un vé­ri­table « sta­tut » et es­pèrent que la fu­ture loi Bay­rou de mo­ra­li­sa­tion ne s’ar­rê­te­ra pas à l’in­ter­dic­tion des em­plois fa­mi­liaux.

Ma­cron-com­pa­tibles

Pour l’heure, l’at­mo­sphère os­cille entre in­cer­ti­tudes, in­quié­tudes… Thier­ry Bes­nier, se­cré­taire gé­né­ral du SNCP­FO, conseille « un bi­lan de com­pé­tences ». « Nous ne sommes pas qu’une pro­fes­sion, nous sommes des pro­fes­sion­nels », plaide­t­il, van­tant « le tra­vail de ma­na­ge­ment, de veille ».

Pour ces per­sonnes de 42 ans en moyenne, is­sues du vi­vier mi­li­tant ou des fi­lières de com­mu­ni­ca­tion po­li­tique, les dé­bou­chés traditionnels en po­li­tique, à Pa­ris comme dans les col­lec­ti­vi­tés, semblent ré­duits. Ils peuvent s’orien­ter vers les re­la­tions pu­bliques, le lob­bying, les as­so­cia­tions…

Il y a en­fin ceux qui comptent mettre un pied dans la porte des fu­turs dé­pu­tés LREM. « Je sais écrire les amen­de­ments, les dis­cours, je connais les règles écrites et non écrites de l’As­sem­blée », sou­ligne un col­la­bo­ra­teur de droite as­su­rant être « Ma­cron com­pa­tible »… contrai­re­ment à son dé­pu­té ac­tuel, au­quel il a ce­pen­dant tou­jours été loyal.

Et un col­lègue de glis­ser : « Il se­rait ju­di­cieux que les dé­pu­tés fassent des bi­nômes : quel­qu’un d’ex­pé­rience comme nous, et un “hel­per” (bé­né­vole) d’En Marche qu’il faut bien fi­nir par sa­la­rier ».

PHO­TO AFP

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