Les « med­techs » à la peine

La Montagne (Vichy) - - Tendances Bourse - Anne Bar­lou­taud

Le sec­teur des tech­no­lo­gies mé­di­cales (med­techs) a beau être très pro­met­teur au ni­veau mon­dial, les ac­teurs fran­çais sont confron­tés à des pro­blé­ma­tiques com­mer­ciales. Leur bi­lan bour­sier est très dé­ce­vant. Quelques so­cié­tés ont réus­si à ti­rer leur épingle du jeu.

Mal­gré les contraintes bud­gé­taires im­po­sées par les États aux hô­pi­taux et aux or­ga­nismes payeurs, l’équi­pe­ment mé­di­cal reste un des seg­ments les plus dy­na­miques du mar­ché de la san­té. Se­lon le ca­bi­net Eva­lua­teP­har­ma, il de­vrait pe­ser au ni­veau mon­dial 530 mil­liards de dol­lars en 2022, avec une pro­gres­sion an­nuelle es­ti­mée de 5,2 %. La Bourse de Pa­ris compte une ving­taine de start­up spé­cia­li­sées dans les im­plants or­tho­pé­diques, la ra­dio­lo­gie, les pro­thèses car­diaques et les ins­tru­ments chi­rur­gi­caux. Elles y sont en­trées entre 2010 et 2014 pour fi­nan­cer leur dé­ve­lop­pe­ment com­mer­cial.

In­té­rêt concret

Leur mo­dèle éco­no­mique pa­rais­sait alors moins ris­qué que ce­lui de la bio­tech. Il re­pose sur un pro­duit ou une tech­no­lo­gie dont l’in­té­rêt mé­di­cal est concret (meilleure qua­li­té d’image ra­dio­lo­gique, plus grande per­for­mance d’un im­plant…), le dis­po­si­tif dé­jà agréé par les au­to­ri­tés de san­té et l’ho­ri­zon MO­DÈLE ÉCO­NO­MIQUE. Les « med­techs », sec­teur moins ris­qué que ce­lui de la bio­tech et pro­met­teur au ni­veau mon­dial, mais avec un bi­lan dé­ce­vant pour les ac­teurs fran­çais.

bé­né­fi­ciaire proche. Or, au­cun de ces ac­teurs, hor­mis Vexim, n’a te­nu ses pro­messes. Mau­na Kea, qui a dé­ve­lop­pé un en­do­scope per­met­tant d’évi­ter les biop­sies, vi­sait par exemple 100 mil­lions d’eu­ros de re­ve­nus en 2015 mais n’en a en­re­gis­tré que 8 mil­lions en 2016. La sanc­tion bour­sière a été rude : 80 % de ces so­cié­tés sont en re­cul de 30 à 80 % de­puis leur ar­ri­vée en Bourse.

Au­cune n’ayant réus­si à de­ve­nir bé­né­fi­ciaire, le be­soin en tré­so­re­rie a né­ces­si­té des le­vées de fonds ré­pé­tées, en­tre­te­nant la chute. L’ab­sence de grands suc­cès, alors que le sec­teur des bio­techs a ré­vé­lé plu­sieurs stars, a aus­si

contri­bué au dés­in­té­rêt des in­ves­tis­seurs.

Re­tard

La conquête de l’Amé­rique, qui re­pré­sente près de la moi­tié du mar­ché mon­dial des dis­po­si­tifs mé­di­caux (les prix y sont 3 à 5 fois plus éle­vés qu’en Eu­rope), a échoué. Ces pe­tites so­cié­tés fran­çaises se sont confron­tées aux géants du sec­teur, tel Med­tro­nic, qui dis­posent de contrats­cadres avec les hô­pi­taux.

Deux med­techs fran­çaises, tou­te­fois, ont ré­cem­ment sé­duit des ma­jors amé­ri­caines. Zim­mer Bio­met s’est of­fert LDR Mé­di­cal pour 1 mil­liard de dol­lars en 2016. Ce spécialiste des im­plants ra­chi­diens,

en­core dé­fi­ci­taire, gé­né­re­rait 150 mil­lions d’eu­ros de ventes. En avril, Bos­ton Scien­ti­fic s’est em­pa­ré du concep­teur de valves aor­tiques Sy­me­tis pour en­vi­ron 400 mil­lions d’eu­ros. Le mul­tiple moyen de 6 à 8 fois les ventes consta­tées lors d’OPA est bien su­pé­rieur aux va­lo­ri­sa­tions des rares med­techs fran­çaises af­fi­chant un dy­na­misme com­mer­cial, soit Vexim, Am­pli­tude Sur­gi­cal et EOS Ima­ging. Pour les autres ac­teurs, aux ventes en­core confi­den­tielles, des ré­or­ga­ni­sa­tions ont été en­ga­gées. C’est le cas pour Sten­tys, Su­per­so­nic Ima­gine ou Mau­na Kea. Mais il leur fau­dra du temps pour rat­tra­per leur re­tard. ■

La ten­dance est res­tée né­ga­tive mal­gré le re­bond

. - ti es de hausse et la Rés rve fé­dé­rale n’a pas e clu une troi­sième re­mon­tée de ses taux cette an­né

PHO­TO AFP

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