LIBRES PRO­POS

La Montagne (Vichy) - - Jeux -

You­pi ! Eu­ré­ka ! Le pro­blème est ré­so­lu. Comme par en­chan­te­ment la so­lu­tion de l’em­ploi dans l’ave­nir vien­dra du di­gi­tal, du nu­mé­rique, des mé­ca­niques in­vi­sibles gé­rées par ce que l’on ap­pelle l’In­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle.

Le champ du monde nou­veau est ou­vert. Des em­plois in­con­nus se­ront créés. Le sa­lon Vivatech à Pa­ris lon­gue­ment vi­si­té par le pré­sident Ma­cron, cette se­maine, était dans l’eu­pho­rie : dé­sor­mais tous « start­up » c’est­à­dire tous ca­pables de faire naître des en­tre­prises lé­gères où les or­di­na­teurs et lo­gi­ciels ad­ja­cents se­ront en me­sure de tout faire, de tout in­ven­ter.

Une su­per puis­sance dé­jà en train de sup­plan­ter l’in­tel­li­gence hu­maine.

L’être hu­main pen­sant est ca­pable de ré­flexion, d’adaptation, il a sa ca­pa­ci­té de com­prendre, son adresse, sa vi­va­ci­té, il est au mi­ni­mum ma­lin, il ap­prend, dé­duit, ré­agit et fait montre de son « in­tel­li­gence » en réus­sis­sant des créa­tions, des ré­pa­ra­tions, en se mon­trant in­tui­tif aus­si.

Mais l’être hu­main a ima­gi­né, construit, mis au point des ma­chines pour le rem­pla­cer dans des tâches a priori in­sur­mon­tables en termes de temps et de moyens. Der­nier exemple : le logiciel mis au ser­vice de l’en­quête dans l’affaire de l’as­sas­si­nat de Gré­go­ry Ville­min en 1984. La ma­chine a ava­lé tous les do­cu­ments (des di­ zaines de mil­liers) et mis ça dans un ordre lo­gique fai­sant ap­pa­raître des in­co­hé­rences et donc ou­vrant des pers­pec­tives nou­velles pour les en­quê­teurs.

C’est un bien pour l’ordre ju­di­ciaire. Et dans beau­coup de do­maines in­dus­triels, ce sont des pro­grès per­met­tant de sup­pri­mer des tâches ou­vrières très lourdes, dans le sec­teur de la san­té et du han­di­cap ce sont des pers­pec­tives heu­reuses.

Mais c’est aus­si, en re­vers, une source d’in­quié­tude. Les ef­fets de cette mé­ca­nique af­fo­lante se font sen­tir dans la cy­ber­guerre, le pi­ra­tage des don­nées, on l’a vu lors des élec­tions amé­ri­caines.

D’ar­ti­fi­cielle et gé­ni­trice d’em­plois nou­veaux, l’in­tel­li­gence peut évi­dem­ment être mal­fai­sante.

Bill Gates, pas le moindre des in­no­va­teurs, ne cache pas que cette in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle l’in­quiète. Peu à peu les créa­tures su­per in­tel­li­gentes que l’homme a ain­si créées sup­plantent l’homme.

Elles ne sont su­per in­tel­li­gentes que si nous le vou­lons. Mais quelle ré­gu­la­tion, quel garde­fou doi­ton im­po­ser à cette nou­velle in­tel­li­gence ? Car si nous ac­cep­tons de lais­ser libre cours à ces ar­ti­fices ca­pables de sur­puis­sance, on peut tout re­dou­ter : une ma­chine qui fe­ra rire se­ra un clown ar­ti­fi­ciel mais la même ma­chine peut prendre le contrôle des vi­sages, des muscles et as­ser­vir son propre créa­teur. Ce n’est pas de la fic­tion. C’est pos­sible dès au­jourd’hui. ■

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