Juste des pe­tits coins de pa­ra­dis

Au Por­tu­gal, la Ro­ta Vin­cen­ti­na, sur le che­min des pê­cheurs en Alen­te­jo

La Montagne (Vichy) - - Magdimanche - Cin­dy Bon­naud cin­dy.bon­naud@cen­tre­france.com

Les mots ne sont pas gal­vau­dés. Au­then­tique, pré­ser­vée, sau­vage, éblouis­sante. Sur le che­min des pê­cheurs, dans la ré­gion de l’Alen­te­jo, au Por­tu­gal, la côte in­vite au voyage et au ro­man­tisme.

Un pay­sage de carte pos­tale. À chaque pas ou presque. Des plages de sable fin. Une eau trans­pa­rente. Des ro­chers taillés à la force des vagues. Des fa­laises es­car­pées. Une vé­gé­ta­tion va­riée. Des ports en­cas­trés. Des pe­tits coins de pa­ra­dis à perte de vue, al­liés à la quié­tude. Où l’on prend le temps. De s’ar­rê­ter. D’ob­ser­ver. Au Por­tu­gal. Coin­cée entre Lis­bonne et la très tou­ris­tique Al­garve, l’Alen­te­jo offre cette sé­ré­ni­té rare.

120 ki­lo­mètres

Cha­mi­na Voyages la fait dé­cou­vrir et par­ta­ger, à tra­vers la Ro­ta Vin­cen­ti­na. Deux cir­cuits de ran­don­nées : le che­min his­to­rique (lire par ailleurs) et ce­lui des pê­cheurs. Quatre étapes (de 15 à 20 ki­lo­mètres), cinq cir­cuits com­plé­men­taires (de 6 à 14 ki­lo­mètres) : 120 ki­lo­mètres de sen­tiers, lon­geant la côte et son parc na­tu­rel pro­té­gé.

L’en­tre­prise, dont l’un des an­crages est à Cler­montFer­rand, est spé­cia­li­sée dans la ran­don­née en France et en Eu­rope. Dont beau­coup d’iti­né­rantes, clé en main, au cours des­quelles les ran­don­neurs posent leur bar­da chaque nuit en des lieux dif­fé­rents. Le temps de dé­cou­vrir des mai­sons d’hôtes, des pe­tits res­tau­rants lo­caux… De s’im­mer­ger to­ta­le­ment dans la cul­ture lo­cale. Le trans­fert des ba­gages aus­si. His­toire de ne pas par­cou­rir les di­zaines de ki­lo­mètres avec un sac à dos trop char­gé. L’ac­com­pa­gne­ment peut se faire avant même d’avoir po­sé le pied sur le sol por­tu­gais. Par­te­naire de la com­pa­gnie TAP Por­tu­gal, Cha­mi­na Voyages peut aus­si ré­ser­ver les vols.

« La dy­na­mique ne peut fonc­tion­ner qu’en tra­vaillant avec les lo­caux sur place », in­sistent Bar­ba­ra et Fa­brice de Cha­mi­na Voyages. Ri­car­do est l’un d’eux. Cet en­fant du pays a mon­té son en­tre­prise d’ac­ti­vi­tés out­door Aven­tu­rac­ti­va. Mais il donne de son temps et de ses sou­ve­nirs pour gui­der les ran­don­neurs à tra­vers les sen­tiers.

Por­to Co­vo est l’une des villes étapes de la Ro­ta Vin­cen­ti­na. Et le vil­lage dé­part du che­min des pê­cheurs. Les rues pa­vées mènent au lit­to­ral. Quelques échoppes re­gorgent de tra­di­tion­nels sou­ve­nirs. Des an­ciens pro­fitent de la fraî­cheur, à l’ombre des mai­sons blanches, aux contours de portes et de fe­nêtres peints en

Le che­min cô­tier, un jar­din à ciel ou­vert

bleu ou jaune. « Pour se pro­té­ger de la cha­leur » et « du mau­vais oeil ». Bien ca­lés dans leurs sièges pliants.

Les bornes en bois, mar­quées d’un trait vert et bleu, ja­lonnent le par­cours. L’étape est l’une des plus sa­blon­neuses. Pas be­soin d’être un grand spor­tif pour se lan­cer dans l’aven­ture. Tou­te­fois, un mi­ni­mum de condi­tion phy­sique est re­quis. Les mol­lets tra­vaillent. Les dunes de sable laissent place à la vé­gé­ta­tion sau­vage, un mé­lange de plantes mé­di­ter­ra­néennes et océa­niques, plantes grasses, en­dé­miques, si­lène, thym, fe­nouil. Le che­min cô­tier est un jar­din à ciel ou­vert. Entre le Cap Sar­dao et Zam­bu­jei­ra, l’étape peut aus­si se faire à VTT, Ri­car­do dé­niche de l’ail sau­vage, au bout d’une fleur. « À cô­té, il y a des fruits, mais ils ne sont pas en­core mûrs. »

Les ki­lo­mètres s’en­glou­tissent, le re­gard cap­té par

l’océan, les pe­tits dé­tails de la na­ture : les ci­gognes ni­chées au mi­lieu des ro­chers ; l’im­men­si­té des lieux ; les fa­laises en­tre­cou­pées de plages qua­si dé­sertes. Où l’on po­se­rait vo­lon­tiers sa ser­viette. Fou­ler le sable blanc né­ces­site par­fois de ne pas avoir peur du vide. Les cailloux se dé­robent sous les bas­kets, une par­tie de la des­cente se fait à l’aide d’une corde. Et puis. Le si­lence. En­fin, les bruits des vagues. L’eau est un peu fraîche. Peu im­porte.

Cordes

Des es­ca­liers en bois ont été amé­na­gés à cer­tains en­droits pour ac­cé­der plus fa­ci­le­ment aux plages. « Quand j’avais 3­4 ans, je ve­nais ici avec mon père, ra­conte Ri­car­do, au ni­veau d’une autre plage. On des­cen­dait en rap­pel. »

Quelques cordes sont tou­jours ac­cro­chées aux ro­chers. Elles servent es­sen­

tiel­le­ment aux pê­cheurs. Car si cer­tains tentent de fer­rer les pois­sons per­chés au bout des fa­laises, d’autres n’hé­sitent pas à des­cendre au plus près de l’océan. Dans les pis­cines na­tu­relles, à ma­rée basse, les moules, pouces­pieds, our­sins, cou­teaux et autres crus­ta­cés se dé­voilent.

Les tré­sors de la ré­gion ne se dé­couvrent pas seule­ment à la sueur du front. Mais aus­si aux coups de four­chettes. As­sis à une bonne table. Ou au res­tau­rant des mai­sons d’hôtes. Comme à celle de Très Ma­rias, si­tuée dans la cam­pagne de Vi­la No­va de Mil­fontes, bor­dée par une ré­serve na­tu­relle. Pour dé­gus­ter fro­mages, pois­sons, crus­ta­cés ou mets lo­caux. Et pour­quoi pas ter­mi­ner par une pe­tite li­queur du pays. Avant une bonne nuit de som­meil, et le dé­part pour d’autres mer­veilles. ■

PAY­SAGE. Après avoir par­cou­ru les ki­lo­mètres de sen­tiers de la Ro­ta Vin­cen­ti­na, les ran­don­neurs peuvent dé­cou­vrir d’autres sports na­ture, comme le paddle, avec Ri­car­do, l’un des guides lo­caux.

TRA­DI­TION. Sur les fa­laises, les pê­cheurs ferrent le pois­son.

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