Ga­briel Ma­quin (LR) n’a pas pu re­te­nir ses larmes

La Montagne (Vichy) - - Elections Legislatives - Laurent Ber­nard

Le rêve de Ga­briel Ma­quin est pas­sé. Lui, l’élu lo­cal qui de­puis 1989 vit dans l’ombre de Claude Mal­hu­ret, ne se­ra sans doute ja­mais dé­pu­té.

« Avec cinq ans de plus, je se­rai pro­ba­ble­ment hors jeu », a lan­cé hier soir de­vant ses amis le can­di­dat Les Ré­pu­bli­cains (67 ans), qui se pré­sen­tait pour la pre­mière fois. Et puis dans cinq ans, le se­cond tour ne tom­be­ra pas for­cé­ment un 18 juin : lui, le Gaul­liste de la pre­mière heure, qui a plu­sieurs pho­tos du gé­né­ral dans son bu­reau, es­pé­rait bien être élu le jour de l’Ap­pel.

Lors de son in­ves­ti­ture, il y a un an, Ga­briel Ma­quin pou­vait ap­pa­raître comme le fa­vo­ri. Mais, au cours des der­niers mois, il a été en­traî­né par la dé­grin­go­lade de son par­ti des Ré­pu­bli­cains, d’abord plom­bé par les af­faires Fillon, puis écra­sé par la vague de la Ré­pu­blique en marche.

« Du mar­ke­ting »

Ga­briel Ma­quin a pro­non­cé son dis­cours de­vant une cen­taine de per­sonnes, à sa per­ma­nence, aux alen­tours de 20 h 30, alors que les ré­sul­tats dé­fi­ni­tifs n’étaient pas en­core con­

nus. Avant de s’adres­ser à ses sym­pa­thi­sants, il a em­bras­sé ses deux pe­ti­tes­filles, avant de tom­ber dans les bras de sa femme et de son fils, sans pou­voir re­te­nir ses larmes. Sa dé­faite, il l’a com­prise très tôt dans la soi­rée, peu­têtre même dès 18 heures, quand on a su le taux d’abs­ten­tion : sur la ville

de Vi­chy, il a par exemple at­teint 57,8 %, preuve que l’élec­to­rat, no­tam­ment de droite, ne s’est pas mo­bi­li­sé entre deux tours pour ten­ter d’in­ver­ser la ten­dance.

Son vi­sage d’or­di­naire si sou­riant est res­té fer­mé toute la soi­rée. Dans ses pro­pos, il n’a pas pu mas­quer de l’amer­tume. « On

peut mon­trer, mais en­suite, le plus dur, c’est de dé­mon­trer », a­t­il lan­cé à l’adresse de Bé­né­dicte Pey­rol. « Quand je vois sa pro­fes­sion de foi avec Ma­cron en grand, je me dis que c’est du mar­ke­ting pur et simple. Mais avec une telle ma­jo­ri­té, le pré­sident ne peut que réus­sir, c’est ce que je sou­haite à la France de tout coeur ».

Ga­briel Ma­quin a tout de même réus­si à li­mi­ter l’am­pleur de sa dé­faite, en ob­te­nant un score su­pé­rieur à 40 % sur la circonscription, mais sur­tout en ob­te­nant près de 47 % des suf­frages dans sa ville de Vi­chy : entre­deux tours, il a ga­gné 900 voix en­vi­ron, quand Bé­né­dicte Pey­rol en a pris 700. Mais c’était évi­dem­ment trop peu pour pou­voir in­ver­ser la dy­na­mique du pre­mier tour. « La po­li­tique n’est pas sou­vent juste, ce n’est pas le tra­vail qui paie tou­jours », a souf­flé son sup­pléant, Nicolas Ray. ■

PHO­TO EMERIC ENAUD

PER­MA­NENCE. Ap­plau­di par ses sym­pa­thi­sants, Ga­briel Ma­quin était très ému à son ar­ri­vée à sa per­ma­nence, où l’at­ten­dait son épouse.

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