Une As­sem­blée cou­leur Ma­cron

La Montagne (Vichy) - - Eélections Législatives -

Em­ma­nuel Ma­cron a ob­te­nu, hier, à l’oc­ca­sion du se­cond tour des élec­tions lé­gis­la­tives, une des plus larges ma­jo­ri­tés par­le­men­taires de la Ve Ré­pu­blique. Mais elle est moins écra­sante qu’an­non­cée par cer­tains son­dages. Quant à l’abs­ten­tion, elle a at­teint de nou­veaux som­mets

Se­lon les es­ti­ma­tions (vers 23 h 30) de plu­sieurs ins­ti­tuts, La Ré­pu­blique en marche (LREM) et son al­lié du MoDem s’ad­jugent entre 350 et 360 sièges, très lar­ge­ment au­de­là de la ma­jo­ri­té ab­so­lue de 289 sièges, mais net­te­ment sous la barre des 400 que lais­sait au­gu­rer le pre­mier tour. Le MoDem de Fran­çois Bay­rou s’ad­ju­ge­rait une qua­ran­taine de ces sièges et de­vrait donc for­mer un groupe in­dé­pen­dant.

« Il y a un an, per­sonne n’au­rait ima­gi­né un tel re­nou­vel­le­ment po­li­tique », s’est fé­li­ci­té le Pre­mier mi­nistre Édouard Phi­lippe. Au­cune ré­ac­tion n’est en re­vanche ve­nue de l’Ély­sée où Em­ma­nuel Ma­cron avait convié les membres du gou­ver­ne­ment pour la soi­rée élec­to­rale.

L’al­liance entre Les Ré­pu­bli­cains (LR) et l’UDI ob­tien­drait en­vi­ron 130 sièges, dont une cen­taine de LR, soit au­des­sus de la four­chette es­pé­rée à droite après le pre­mier tour. Son chef de file Fran­çois Ba­roin a sa­lué un groupe « suf­fi­sam­ment im­por­tant pour faire va­loir les convic­tions » de la droite.

Le Par­ti so­cia­liste et ses al­liés (PRG in­clus) ob­tien­draient au­tour de 45 sièges, dont une tren­taine pour le PS. Très loin des 284 sièges so­cia­listes de l’As­sem­blée sor­tante, mais là aus­si un ré­sul­tat moins ca­tas­tro­phique que re­dou­té pour un par­ti qui crai­gnait même de ne pou­voir consti­tuer un groupe par­le­men­taire (15 per­sonnes mi­ni­mum). Une « dé­route in­con­tes­table », a ad­mis son Pre­mier se­cré­taire Jean­Christophe Cam­ba­dé­lis avant d’an­non­cer son re­trait de la di­rec­tion du par­ti, qui ob­tient deux fois moins de sièges que lors du pré­cé­dent dé­sastre de 1993 (57 dé­pu­tés PS et ap­pa­ren­tés).

La France In­sou­mise et le PCF ob­tien­draient res­pec­ti­ve­ment une quin­zaine et 11 sièges, là aus­si bien mieux que pré­vu. Jean­Luc Mé­len­chon, élu à Mar­ seille, a an­non­cé un « groupe par­le­men­taire » LFI, sans évo­quer les com­mu­nistes. Son lieu­te­nant Alexis Cor­bière et le jour­na­liste Fran­çois Ruf­fin fe­ront éga­le­ment leur en­trée à l’As­sem­blée.

Valls élu, NKM bat­tue

Le Front national ob­tien­drait huit sièges et sa pré­si­dente Ma­rine Le Pen dé­cou­vri­ra le Pa­laisBour­bon, de même que son com­pa­gnon Louis Aliot. Ils y re­joignent Gil­bert Col­lard, ré­élu dans le Gard. S’il qua­druple le nombre de ses dé­pu­tés, le FN échoue ce­pen­dant à consti­tuer un groupe par­le­men­taire.

Ce scru­tin est éga­le­ment mar­qué par une pre­mière en Corse : l’élec­tion de trois dé­pu­tés na­tio­na­listes (Michel Cas­tel­la­ni, Jean­Fé­lix Ac­qua­vi­va et PaulAn­dré Co­lom­ba­ni).

En ce qui concerne deux per­son­na­li­tés mar­quantes, Ma­nuel Valls a été élu d’ex­trême jus­tesse à Évry (Es­sonne) ; Nathalie Kos­cius­ko­Mo­ri­zet (LR) a été bat­tue à Pa­ris, trois jours après avoir été agres­sée en dis­tri­buant des tracts sur un mar­ché.

Plu­sieurs sor­tants en si­tua­tion dif­fi­cile sont fi­na­le­ment élus : le pa­tron du groupe so­cia­liste Oli­vier Faure, le com­mu­niste An­dré Chas­saigne, ou en­core Éric Woerth et Éric Ciot­ti à droite, ain­si que le pré­sident de l’UDI Jean­Christophe La­garde. Pro­té­gés par LREM, les an­ciens mi­nistres Sté­phane Le Foll (PS) et Syl­via Pi­nel (PRG) ou en­core le dé­pu­té LR Thierry So­lère gardent leurs sièges.

Sont en re­vanche bat­tus les an­ciens mi­nistres PS Ma­ri­sol Tou­raine, Jean­Jacques Ur­voas, My­riam El Khom­ri et Na­jat Val­laud­Bel­ka­cem. Même sort pour le chef de file des fron­deurs PS Ch­ris­tian Paul ou le nu­mé­ro 2 du FN Flo­rian Phi­lip­pot. EELV n’au­ra plus qu’un seul dé­pu­té (Éric Alau­zet, Doubs).

Em­ma­nuel Ma­cron a dé­sor­mais les mains libres pour ap­pli­quer son pro­gramme (mo­ra­li­sa­tion de la vie pu­blique, ré­forme du droit du tra­vail…). Le pro­chain ren­dez­vous élec­to­ral au­ra lieu le 24 sep­tembre, avec le re­nou­vel­le­ment de la moi­tié du Sé­nat.

Comme de tra­di­tion après un scru­tin lé­gis­la­tif, Édouard Phi­lippe de­vrait re­mettre au­jourd’hui ou de­main la dé­mis­sion de son gou­ver­ne­ment, et en for­mer im­mé­dia­te­ment un nou­veau qui ne de­vrait pas com­por­ter de grands chan­ge­ments.

Les six mi­nistres can­di­dats ont tous été élus ou ré­élus : le porte­pa­role du gou­ver­ne­ment Christophe Cas­ta­ner, Ri­chard Fer­rand (mal­gré les af­faires ju­di­ciaires), Bru­no Le Maire, An­nick Gi­rar­din, Ma­rielle de Sar­nez et Mou­nir Mah­jou­bi.

Le Pre­mier mi­nistre pro­non­ce­ra vrai­sem­bla­ble­ment sa dé­cla­ra­tion de po­li­tique gé­né­rale à l’As­sem­blée le 4 juillet. Si son ap­pro­ba­tion ne fait au­cun doute, le vote des groupes mi­no­ri­taires se­ra scru­té de près. ■

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