L’ex­pé­rience peut dé­bu­ter

La Montagne (Vichy) - - Eélections Législatives - Flo­rence Ché­do­tal flo­rence.che­do­tal@cen­tre­france.com

Au terme d‘une longue sé­quence élec­to­rale qui res­te­ra dans les an­nales de la Ve Ré­pu­blique, le mou­ve­ment du pré­sident dé­croche haut la main la ma­jo­ri­té ab­so­lue qu’il convoi­tait, sur fond d’abs­ten­tion mas­sive.

C’est moins qu’ima­gi­né mais c’est dé­jà beau­coup pour La Ré­pu­blique En Marche !, qui ne laisse que des miettes à ses ad­ver­saires.

Y a-t-il eu un cor­rec­tif 1 entre les deux tours ? Cer­tains son­dages pro­je­taient plus de 400 dé­pu­tés, on en res­te­rait fi­na­le­ment à en­vi­ron 350. Ce qui ne s’ap­pelle ce­pen­dant pas un échec, avec une ma­jo­ri­té ab­so­lue très confor­table, même sans les MoDem. Faut­il lire dans ces chiffres la vo­lon­té de cer­tains élec­teurs de tem­pé­rer la forte vague de mar­cheurs at­ten­due sur l’As­sem­blée ? 61 % des Fran­çais le sou­hai­taient, en tout cas, entre les deux tours, se­lon un son­dage. Reste qu’un pré­sident Ma­cron aux mains libres n’a pas suf­fi­sam­ment fait peur aux Fran­çais pour qu’ils NOU­VELLE. An­naïg Le Meur, ki­né de 43 ans, élue dans le Fi­nis­tère, est l’un des vi­sages d’une As­sem­blée fé­mi­ni­sée.

sortent en nombre de chez eux.

L’abs­ten­tion, un angle 2 d’at­taque de choix. Fa­ti­gués, les Fran­çais qui ont bou­dé les urnes ont lais­sé faire, quand ils n’étaient pas tout sim­ple­ment in­dif­fé­rents à ce spec­tacle po­li­tique. Les pre­miers ma­cro­nistes qui ont pris la pa­role se sont bien gar­dés de dé­con­si­dé­rer la lourde abs­ten­tion

qui a mar­qué ce se­cond tour des lé­gis­la­tives, af­fi­chant une « grande hu­mi­li­té », à l’image du Pre­mier mi­nistre Édouard Phi­lippe. D’au­tant que les pre­mières at­taques sur la lé­gi­ti­mi­té n’ont pas tar­dé, hier soir, à s’abattre sur cette « ma­jo­ri­té bour­sou­flée » (dixit Mé­len­chon).

Quels contre-pou­voirs à 3 pré­sent ? Le camp ma­cro­niste crai­gnait les ac­cu­sa­tions d’un par­ti unique. Ain­si, le porte­pa­role de La Ré­pu­blique en Marche !, Ben­ja­min Gri­veaux, a tout de suite sa­lué hier soir « une ma­jo­ri­té claire » certes mais éga­le­ment une « bonne nou­velle » : « il y au­ra une ma­jo­ri­té avec une op­po­si­tion ». LREM avait, en ef­fet, po­li­ti­que­ment par­lant, tout in­té­rêt à gar­der sous la main quelques contre­pou­voirs, même si le dan­ger peut ve­nir de l’in­té­rieur dans un groupe sans co­lonne ver­té­brale idéo­lo­gique réelle. Après, il fau­dra peut­être al­ler cher­cher cette op­po­si­tion ailleurs qu’à l’As­sem­blée, dans les grandes Ré­gions, au Sé­nat ou… dans la rue.

Un de­voir de « ré­sul­tats 4 » main­te­nant… Une vic­toire qui oblige. Le Pre­mier mi­nistre a re­con­nu, dès hier soir, cette obli­ga­tion de réus­sir et de « ré­sul­tats tan­gibles » avec un mou­ve­ment En Marche ! pen­sé d’en­trée comme une en­tre­prise. Plus d’ex­cuses dé­sor­mais après ce hold­up. L’heure de vé­ri­té est proche, l’ex­pé­ri­men­ta­tion ma­cro­niste va dé­bu­ter. Et on sau­ra en­fin, en bien ou en mal, ce que ce pré­sident d’un nou­veau type a dans le ventre. ■

PHO­TO AFP

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