Comment se re­fon­der ?

La Montagne (Vichy) - - Eélections Législatives - Claude Lesme

Après une dé­route his­to­rique, le Par­ti so­cia­liste va vivre son an­née zé­ro et ten­ter de se re­fon­der. Ce se­ra après les rè­gle­ments de comptes de la se­maine.

Dès 20 heures, en an­non­çant sa dé­mis­sion de son poste de pre­mier se­cré­taire du Par­ti so­cia­liste, Jean­Christophe Cam­ba­dé­lis a ti­ré avec promp­ti­tude les consé­quences de la fin d’une sé­quence his­to­ri­que­ment ca­tas­tro­phique pour les so­cia­listes, qui a aus­si si­gni­fié la fin du cycle en­ta­mé en 1971 par Fran­çois Mit­ter­rand à Epi­nay : « Face à la dé­route du PS, il faut re­pen­ser la gauche… »

C’est vrai que de­puis le pre­mier tour de la pré­si­den­tielle et les 6,35 % de Be­noît Ha­mon, les di­manches se suivent et se res­semblent pour le Par­ti so­cia­liste, qui avait dé­jà lais­sé 95 sor­tants sur le ta­pis lors du pre­mier tour et ne par­vient à faire élire que de 41 à 49 dé­pu­tés, alors que 65 can­di­dats étaient qua­li­fiés pour le se­cond tour. Ce score qui per­met de consti­tuer un groupe par­le­men­taire (15 CONSÉ­QUENT. Jean-Christophe Cam­ba­dé­lis, dans une si­tua­tion in­te­nable, a dé­mis­sion­né dès hier soir.

dé­pu­tés né­ces­saires) ne per­met­tra pas tou­te­fois de pou­voir sai­sir le Conseil consti­tu­tion­nel (60 si­gna­tures né­ces­saires). Ce qui est un han­di­cap pour le PS. Le Par­ti so­cia­liste, qui avait en­voyé 295 dé­pu­tés à l’As­sem­blée en 2012, fait moins bien qu’en 1968 ou en 1993 (57 sièges).

Dans ce contexte, la broyeuse du dé­ga­gisme n’a épar­gné per­sonne puisque les lé­gi­ti­mistes comme les fron­deurs qui

avaient mi­né conscien­cieu­se­ment le quin­quen­nat de Fran­çois Hol­lande sont pas­sés à la trappe.

Main­te­nant se pose la ques­tion de faire co­ha­bi­ter dans un seul groupe les res­ca­pés Ma­cron­com­pa­tibles comme Sté­phane Le Foll, pro­té­gés par LREM, et les autres qui sont al­lés ar­ra­cher leur ré­élec­tion avec les dents et leur tra­vail lo­cal ou lé­gis­la­tif.

Si la dé­faite du PS est d’abord po­li­tique, fruit des di­vi­sions, du manque de solidarité et de l’in­ca­pa­ci­té à choi­sir une ligne po­li­tique par­ta­gée par une ma­jo­ri­té, elle est aus­si et sur­tout celle de la va­cui­té des idées.

Panne d’idées

Les so­cia­listes, de­puis presque une ving­taine d’an­nées, sont dans l’in­ca­pa­ci­té d’ap­por­ter un pro­jet de so­cié­té qui ré­ponde aux de­mandes des Fran­çais. Ce par­ti ne pro­duit plus d’idées neuves et il n’est pas en me­sure, comme toute la gauche eu­ro­péenne d’ailleurs, de me­ner une ré­flexion glo­bale sur le cré­pus­cule des so­cié­tés in­dus­trielles dont la so­cial­dé­mo­cra­tie, en met­tant en place une al­liance entre les couches po­pu­laires et les classes moyennes, avait ten­té avec succès de li­mi­ter les ex­cès.

La tâche de re­fon­da­tion est im­mense face au nou­veau monde en ges­ta­tion, à u bé­mol près se­lon Ju­lien Dray : « Je re­com­man­de­rai qu’on se mette au tra­vail col­lec­ti­ve­ment. Estce que ceux qui sont au­tour de la table ont en­vie de tra­vailler en­semble ? » ■

PHO­TO AFP

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