Faut-il re­dou­ter un pic de pol­lu­tion en Au­vergne ?

La Montagne (Vichy) - - Canicule - Pierre Pey­ret pierre.pey­ret@cen­tre­france.com

Le Puy-de-Dôme et l’Al­lier ont été pla­cés en vi­gi­lance orange à la ca­ni­cule, hier. Cô­té pol­lu­tion, la même cou­leur est de mise. Rien de pré­oc­cu­pant pour At­mo. Pour le mo­ment.

En Au­vergne, la qua­li­té de l’air a os­cil­lé, hier, entre 4 et 5 sur une échelle de 10 se­lon At­mo, as­so­cia­tion pour la qua­li­té de l’air dans la ré­gion. ■ Quelles sont les pré­vi­sions ? « L’in­dice va aug­men­ter entre 5 et 6, de­main (au­jourd’hui). Voire jus­qu’à 7 pour le Can­tal », dé­taille Cy­ril Bes­seyre, ré­fé­rent ter­ri­to­rial pour At­mo Au­vergne. Pour les jours sui­vants, dif­fi­cile de s’aven­tu­rer plus loin dans les pré­vi­sions.

« La pré­sence de vent a per­mis jus­qu’à pré­sent d’évi­ter les phé­no­mènes d’ac­cu­mu­la­tion. » Ce der­nier de­vrait s’at­té­nuer ce mar­di, d’où la hausse de l’in­dice. « Mais à par­tir de mer­cre­di, des orages sont an­non­cés. Dans ce cas, la pol­lu­tion de­vrait s’es­tom­per. » Et pour cause, la pluie en­traîne le pol­luant ga­zeux, en l’oc­cur­rence l’ozone, dans les gout­te­lettes de pluie et ra­bat la pol­lu­tion vers le sol. ■ Quand peut-on par­ler d’un pic de pol­lu­tion ? L’été, le pol­luant à sur­veiller, c’est l’ozone. Pour le mo­ment, le seuil maxi­mal a été en­re­gis­tré dans l’Al­lier, avec 140 μg/m³. Le pic de pol­lu­tion est évo­qué lorsque ce chiffre at­teint les 180μg/m³, correspondant à l’in­dice 8 sur l’échelle At­mo. C’est le seuil de re­com­man­da­tion et d’in­for­ma­tion.

Le seuil d’alerte, dé­clen­ché pour la dernière fois en 2003 avec l’épi­sode de ca­ni­cule, est at­teint lorsque l’ozone dé­passe les 240 μg/m3. Des me­sures sont alors prises par la pré­fec­ture. Ce­la va de la ré­duc­tion des vi­tesses de cir­cu­la­tion à la mise en place d’un plan de ré­duc­tion des émis­sions dans l’in­dus­trie.

« Au­jourd’hui, il y a de la marge. Ce que l’on craint, ce sont les phé­no­mènes d’ac­cu­mu­la­tion ». ■ Com­ment se ca­rac­té­rise cette pol­lu­tion ? L’hi­ver, l’en­ne­mi se nomme PM 10, soit des par­ti­cules so­lides et li­quides en sus­pen­sion dans l’air. Elles peuvent être d’ori­gine na­tu­relle mais viennent sur­tout de l’ac­ti­vi­té hu­maine en mi­lieu ur­bain. A contra­rio, l’été, le risque prin­ci­pal c’est l’ozone.

« Plu­sieurs jours de beau temps consé­cu­tifs contri­buent à for­mer de l’ozone, un pol­luant se­con­daire, qui n’est pas di­rec­te­ment émis par l’ac­ti­vi­té hu­maine. » Dans le dé­tail, « il ré­sulte de réactions pho­to­chi­miques entre des pol­luants pri­maires (l’oxyde d’azote émis par les voi­tures) et les com­po­sés or­ga­niques vo­la­tils dont l’ori­gine est di­verse (in­dus­trie, sol­vants, émis­sions liées aux cou­verts vé­gé­taux). « Ce sont ces phé­no­mènes de pol­lu­tion que l’on a ob­ser­vés lors des épi­sodes de ca­ni­cule comme en 2003, 2006 et 2010. » ■

Des orages qui s’an­noncent dé­ci­sifs

PHO­TO RÉ­MI DUGNE

CLER­MONT-FER­RAND. Pour le mo­ment, la qua­li­té de l’air est ju­gée moyenne se­lon At­mo, avec un in­dice de 5 sur 10. Il de­vrait être de 6 au­jourd’hui.

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