Da­niel Du­glé­ry peut-il tout ar­rê­ter ?

Est-ce la dé­faite de trop ? Bat­tu aux législatives pour la qua­trième fois, Da­niel Du­glé­ry se dit dé­pi­té et laisse pla­ner le doute sur son ave­nir à Mont­lu­çon. Ses proches n’osent ima­gi­ner qu’il claque la porte.

La Montagne (Vichy) - - Elections Legislatives - Tan­guy Ol­li­vier tan­guy.ol­li­vier@cen­tre­france.com

De­puis di­manche soir, le té­lé­phone por­table de Da­niel Du­glé­ry est en sur­chauffe. De nom­breux maires de la cir­cons­crip­tion – « pas seule­ment de droite » – lui en­voient des mes­sages pour sa­voir s’il en­vi­sage vrai­ment de quit­ter Mont­lu­çon, comme il l’a lais­sé en­tendre à de­mi­mot.

« Seize ans que je me bats »

« Ils me disent qu’il faut que je reste mais c’est un peu tard », iro­nise le maire LR de Mont­lu­çon, qui a en­re­gis­tré di­manche sa qua­trième dé­faite aux législatives. Peut­être la plus dou­lou­reuse car cette fois, il a été bat­tu par Lau­rence Van­ceu­ne­brock­Mia­lon (LREM) une no­vice en po­li­tique, en­core in­con­nue il y a un mois.

Joint hier ma­tin par La Mon­tagne, Da­niel Du­glé­ry

n’es­sayait même pas de ca­cher son dé­pit. « Ça fait seize ans que je me bats pour le ter­ri­toire. Quand je vois l’ar­gent que j’ai dé­ver­sé sur la zone ru­rale en al­lant cher­cher des fonds eu­ro­péens et la ma­nière dont les maires et les élec­

teurs me re­mer­cient… »

Le maire de Mont­lu­çon a réuni hier soir les élus de la ville et de la com­mu­nau­té d’ag­glo­mé­ra­tion pour une séance de « dé­brie­fing ». Il de­vrait ef­fec­tuer une déclaration d’ici la fin de se­maine.

Pour dire quoi ? Un de ses col­la­bo­ra­teurs af­firme qu’il ré­flé­chit à l’op­por­tu­ni­té d’aban­don­ner ses man­dats de maire et de pré­sident de la com­mu­nau­té d’ag­glo­mé­ra­tion. Ne lui res­te­rait alors que sa fonc­tion de conseiller ré­

gio­nal. « Dans ma tête, ma dé­ci­sion est prise, se contente de ré­pondre Da­niel Du­glé­ry, qui fê­te­ra ses 71 ans en oc­tobre. Il faut sim­ple­ment voir com­ment je vais ar­ti­cu­ler tout ça. »

Ses proches ont tou­te­fois du mal à l’ima­gi­ner tout quit­ter sur un coup de tête. « Je pense le connaître as­sez pour dire qu’il aime trop ça. Il n’a pas d’autre passion, toute sa vie est consa­crée à son en­ga­ge­ment pu­blic », veut croire Fran­çoise Bla­zy (UDI), une ad­jointe qui compte par­mi ses plus fi­dèles sou­tiens.

En tête à Mont­lu­çon

Elle fait par­tie de ceux qui lui de­mandent so­len­nel­le­ment de res­ter de­puis di­manche soir. « Nous ne sommes pas prêts à le voir par­tir, la suc­ces­sion n’est pas en­core suf­fi­sam­ment pré­pa­rée, es­time­t­elle. On peut com­prendre qu’il soit dé­pi­té, mais ce n’est pas contre lui que les gens ont vo­té. Il y a eu une telle vague en fa­veur des can­di­dats En Marche… »

Un ar­gu­ment qui prend en­core plus de poids quand on ana­lyse les chiffres de Mont­lu­çon, es­timent ses sou­tiens. Dans sa ville, Da­niel Du­glé­ry est ar­ri­vé en tête aux deux tours des législatives. Di­manche, il a d’ailleurs ren­du hommage aux Mont­lu­çon­nais « qui, eux, savent re­con­naître le tra­vail ef­fec­tué ». Un signe qu’il est par­ti pour res­ter ? ■

FORIAN SALESSE

DÉ­PIT. Di­manche, de­vant la mai­rie, Da­niel Du­glé­ry en­tou­ré d’élus vient d’ap­prendre qu’il a per­du les élec­tions.

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