Ils s’épa­nouissent au­tour du bal­lon ovale

La Montagne (Vichy) - - Sports Au Pluriel - Oli­vier Re­zel

Des pla­cages, des touches, des mê­lées, des ca­drages dé­bor­de­ments… et beau­coup de sou­rires. Sa­me­di, le stade d’Ébreuil ac­cueillait un tour­noi na­tio­nal de rugby adap­té. D’or­di­naire or­ga­ni­sée par Cla­ra (club Au­vergne rugby ada­pa­té), le club de Cler­montFer­rand, cette com­pé­ti­tion ré­ser­vée aux personnes en si­tua­tion de han­di­cap men­tal et/ou psy­chique était cette an­née confiée au Fiolant rugby adap­té, créé en sep­tembre 2015.

Pas seule­ment des personnes han­di­ca­pées

À l’ori­gine de cette ini­tia­tive : Fa­bienne Ga­bal­don. Cette aide mé­di­co­psy­cho­lo­gique au foyer des Écu­reuils, alors se­cré­taire de l’AS Gannat rugby à ses heures per­dues, pro­pose aux ré­si­dents vo­lon­taires une ini­tia­tion au bal­lon ovale.

« On a com­men­cé avec six joueurs, qui sont tou­jours là d’ailleurs. On s’en­traî­nait à Gannat et les ré­si­dents jouaient avec Cla­ra », se sou­vient Fa­bienne Ga­bal­don, qui dé­

cide donc de mettre en place l’ac­ti­vi­té à Ébreuil.

Le Fiolant rugby adap­té est né. En­ca­drés par Fran­çois Pou­rieux et Ke­vin Ge­ne­brier, édu­ca­teurs à l’ASG, les ré­si­dents du foyer des Écu­reuils sont re­joints par plu­sieurs pen­sion­naires de l’Esat de Chan­telle et même un jeune de l’IME de Presles. Dé­sor­mais, l’ef­fec­tif du club est de 17 joueurs, âgés de 17 à 45 ans.

De­puis, Fa­bienne Ga­bal­don, pré­si­dente du Fiolant rugby adap­té, et ses édu­

ca­teurs ont no­té des chan­ge­ments dans les com­por­te­ments des ré­si­dents, sur et en de­hors du ter­rain. « Il y a une cer­taine ca­ma­ra­de­rie qui s’est ins­tal­lée entre eux. Ils sont plus so­ li­daires dans le foyer, ana­lyse l’aide mé­di­co­psy­cho­lo­gique. Le re­gard des gens a chan­gé éga­le­ment. Ils les voient comme des joueurs de rugby et plus seule­ment comme des personnes han­di­ca­pées. »

Beau­coup ont évo­lué, tant dans leur sport que dans la vie de tous les jours, comme l’ex­plique Fran­çois Pou­rieux. « Guillaume n’ac­cep­tait pas le contact avec les autres. Main­te­nant, c’est mon meilleur pla­queur. An­tho­ny man­quait de confiance en lui. Avec le rugby, il a dé­cou­vert qu’il était ca­pable de faire des choses. Par exemple, on n’hé­site pas à lui confier les clés du vestiaire. »

Oui, pour les ré­si­dents de ces struc­tures, le rugby est un sport par­fai­te­ment adap­té. ■

Les règles ou le nombre des joueurs changent en fonc­tion du de­gré de han­di­cap.

PHO­TOS EME­RIC ENAUD

CO­HÉ­SION. La ca­ma­ra­de­rie sur le ter­rain se re­trouve éga­le­ment dans le foyer des Écu­reuils.

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