L’élite de l’en­du­rance en dan­ger ? L’Al­le­magne as­sure l’es­sen­tiel face à l’Australie

La Montagne (Vichy) - - Sports L'actu Nationale - SOT­CHI (Fi­sht Sta­dium).

Porsche ten­té de se re­ti­rer, Toyo­ta qui s’in­ter­roge : quel ave­nir pour le LMP1, la ca­té­go­rie reine du Cham­pion­nat du monde d’en­du­rance (WEC) et par voie de consé­quence pour les 24 Heures du Mans, son épreuve phare ?

«Je ne vais pas ré­agir à des ru­meurs », a in­di­qué sa­me­di le di­rec­teur de l’écu­rie Porsche, An­dreas Seidl, ques­tion­né sur un désen­ga­ge­ment de son équipe avant le terme pré­vu fin 2018.

Vic­to­rieux pour la 19e fois di­manche, le dé­ten­teur du re­cord de suc­cès n’a plus rien à prou­ver.

Le groupe Volks­wa­gen, au­quel Porsche ap­par­tient, pour­rait pri­vi­lé­gier une nou­velle éco­no­mie sub­stan­tielle, dans son vaste plan de li­mi­ta­tion des dom­mages fi­nan­ciers liés au scan­dale des mo­teurs die­sel tru­qués.

Les rai­sons sont in­verses chez Toyo­ta mais pour­raient abou­tir au même ré­sul­tat.

Le construc­teur ja­po­nais, frus­tré de voir la victoire lui échap­per in ex­tre­mis en 2016, a in­ves­ti de plus belle, avec l’en­ga­ge­ment d’une troi­sième voi­ture en PISTE. Une victoire de Porsche au Mans pour­rait-elle de­ve­nir une image d’archives, si le construc­teur al­le­mand dé­cide de se re­ti­rer ?

2017, pour un ré­sul­tat plus mau­vais en­core. Dans ces condi­tions, un dé­part après 19 par­ti­ci­pa­tions in­fruc­tueuses ne se­rait pas une sur­prise. « On ne peut pas les blâ­mer de se re­ti­rer après avoir tout es­sayé », confiait en pri­vé un membre de l’Au­to­mo­bile Club de l’Ouest.

« Le dé­ve­lop­pe­ment de ces tech­no­lo­gies hy­brides est la rai­son d’être de notre pro­gramme en WEC »,

dé­ment Pas­cal Vas­se­lon, di­rec­teur tech­nique de Toyo­ta. Un dé­part pré­ma­tu­ré de l’un ou l’autre si­gni­fie­rait en pra­tique la fin de la ca­té­go­rie LMP1, vi­dée de sa subs­tance.

A l’ACO, qui or­ga­nise le WEC sous le parrainage de la Fé­dé­ra­tion in­ter­na­tio­nale de l’au­to­mo­bile, on a bien iden­ti­fié le dan­ger, et ré­agi en consé­quence avec un nou­veau rè­gle­ment dé­voi­lé ven­dre­di.

Tout construc­teur en­ga­gé en LMP1 a ac­tuel­le­ment l’obli­ga­tion d’uti­li­ser un mo­teur hy­bride. A par­tir de 2020, les pro­to­types se­ront contraints, après chaque pas­sage aux stands, de par­cou­rir le pre­mier ki­lo­mètre en piste sans le mo­teur ther­mique, qui ne se­ra ac­ti­vé qu’en­suite.

Et à chaque ra­vi­taille­ment en car­bu­rant, les mé­ca­ni­ciens de­vront éga­le­ment bran­cher une prise pour re­char­ger la bat­te­rie de la voi­ture.

Mais le nerf de la guerre c’est le bud­get des équipes en LMP1, aux alen­tours de 100 mil­lions d’eu­ros, trop éle­vé pour les can­di­dats.

Car il est dif­fi­cile de se lan­cer dans l’hy­bride à par­tir d’une feuille blanche et de jus­ti­fier des coûts éle­vés dans un contexte éco­no­mique ten­du.

Tho­mas Laurent, la grande ré­vé­la­tion de cette sai­son dans la ca­té­go­rie LMP2 avec le Ja­ckie Chan DC Ra­cing, ob­serve at­ten­ti­ve­ment la si­tua­tion : « Il y a beau­coup de ru­meurs qui cir­culent mais tant qu’il n’y a rien de concret, ça ne sert à rien de se pro­je­ter », com­mente le Fran­çais de 19 ans, 2e di­manche. ■ Pas glo­rieux, mais le tra­vail est fait : l’équipe bis de l’Al­le­magne cham­pionne du monde, avec no­tam­ment un but de Drax­ler, a bat­tu l’Australie (3-2) dans leur en­trée en lice dans la Coupe des Confé­dé­ra­tions, hier à Sot­chi.

Joachim Löw n’avait convo­qué que trois cham­pions du monde dans son groupe de 21 joueurs, à sa­voir l’ai­lier Drax­ler et les dé­fen­seurs Mus­ta­fi et Gin­ter (ce der­nier est res­té sur le banc hier). Mais même avec son équipe B, la Mann­schaft a do­mi­né la par­tie, rem­por­tée sur des buts de Stindl, Drax­ler et Go­retz­ka.

Les Aus­tra­liens, qui s’étaient mon­trés hy­per mo­ti­vés (leur sé­lec­tion­neur Ange Pos­te­co­glou avait même évo­qué son am­bi­tion de rem­por­ter la Coupe du monde…), sont tou­jours res­tés dans le match… grâce au gar­dien al­le­mand, au­teur de deux bourdes coû­tant au­tant de buts : Le­no lais­sait d’abord pas­ser la frappe de Ro­gic sous son ventre (41e), puis re­lâ­chait un bal­lon re­pris par Ju­ric (56e). But confir­mé par l’as­sis­tance vi­déo.

As­sez cruel pour Le­no, en concur­rence avec Ter Ste­gen et Trapp pour être la dou­blure de l’in­dé­bou­lon­nable Neuer.

D’autres Al­le­mands étaient at­ten­dus, no­tam­ment Drax­ler. Le Pa­ri­sien n’est en­tré dans son match qu’au bout d’une de­mi­heure. Il a sur­tout trans­for­mé un pe­nal­ty et par­ti­ci­pé à la construc­tion du jeu.

Go­retz­ka dé­ci­sif

Autre joueur sur­veillé de­puis l’Al­le­magne, Go­retz­ka. Le mi­lieu créa­tif de Schalke est per­çu comme un grand es­poir dans son pays, et ce tour­noi re­vêt un lourd en­jeu pour lui. Dé­fi pour le mo­ment re­le­vé, puis­qu’il a été dé­ci­sif par deux fois : d’abord en ob­te­nant le pe­nal­ty, puis en mar­quant le troi­sième but à la conclu­sion d’une belle ou­ver­ture de Kim­mich (48e).

Brandt aus­si s’est illus­tré, en of­frant no­tam­ment d’un centre en re­trait, l’ou­ver­ture du score à Stindl, to­ta­le­ment seul dans la sur­face aus­tra­lienne (5e). ■

Mi­temps : 2-1. Ar­bitre : M. Gei­ger (USA).

Australie : Ro­gic (41e), Ju­ric (56e). Al­le­magne : Stindl (5e), Drax­ler (44e, s.p.), Go­retz­ka (48e).

Australie : Sains­bu­ry (64e). Al­le­magne : Go­retz­ka (55e).

Ryan - De­ge­nek, Sains­bu­ry, Wright - Le­ckie, Luon­go (Kruse, 46e), Milli­gan (cap.), Be­hich - Ro­gic (Troi­si, 71e), Ju­ric (T. Ca­hill, 87e), Mooy.

Le­no - Kim­mich, Mus­ta­fi, Rü­di­ger, Hec­tor - Brandt (Süle, 63e), Go­retz­ka, Stindl (Can, 78e), Ru­dy, Drax­ler (cap.) - Wa­gner (Wer­ner, 58e).

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