En­core un coup de théâtre !

La Montagne (Vichy) - - France & Monde Actualités -

La jus­tice a re­mis en li­ber­té, hier, le grand-oncle et la grand-tante du pe­tit Gré­go­ry, quatre jours seule­ment après leur mise en exa­men pour en­lè­ve­ment et sé­ques­tra­tion sui­vis de mort.

« La chambre de l’ins­truc­tion (de la cour d’ap­pel de Di­jon, ndlr) a en­ten­du nos ar­gu­ments sur la fai­blesse des charges, quand je dis la fai­blesse je pour­rais dire l’in­exis­tence des charges qui pe­saient sur les époux Ja­cob », s’est fé­li­ci­té de­vant la presse, au sor­tir du pa­lais de jus­tice, Me Sté­phane Giu­ran­na, conseil de Mar­cel Ja­cob, 72 ans.

Lui et sa femme Jac­que­line, 72 ans éga­le­ment, ne re­tour­ne­ront pas chez eux dans les Vosges mais se­ront do­mi­ci­liés sé­pa­ré­ment avec in­ter­dic­tion ab­so­lue de par­ler à la presse dans le cadre de leur contrôle ju­di­ciaire.

Cette dé­ci­sion consti­tue un sé­rieux re­vers pour les en­quê­teurs et le par­quet gé­né­ral qui avait re­quis le main­tien en dé­ten­tion.

L’ar­res­ta­tion sur­prise du couple, mer­cre­di der­nier dans les Vosges, avait re­lan­cé l’af­faire, ja­mais élu­ci­dée de­puis la dé­cou­verte du gar­çon de quatre ans, AVO­CATS. Me Sté­phane Giu­ran­na et Me Ga­ry La­gar­dette ont su faire va­loir leurs ar­gu­ments.

pieds et poings liés dans les eaux de la Vo­logne, le 16 oc­tobre 1984. Mais elle ne l’avait pas ré­so­lue pour au­tant et la dé­fense criait de­puis à l’ab­sence de preuves.

« Le chef »

Les deux sep­tua­gé­naires res­tent mis en exa­men pour en­lè­ve­ment, sé­ques­tra­tion sui­vis de mort. Ils n’avaient ja­mais été in­quié­tés jus­qu’alors même si leurs noms ap­pa­rais­saient au fil des 12.000 pièces du dos­sier : dans un arrêt de 1993, la cour d’ap­pel de Di­jon les avait au contraire dis­cul­pés.

Avec eux, l’ac­cu­sa­tion pense avoir iden­ti­fié les fa­meux « cor­beaux » et, se­lon elle, « il y a un élé­ment qui as­so­cie ces actes, ces lettres, les ap­pels té­lé­pho­niques, l’acte d’en­lè­ve­ment et la mort de l’en­fant », plu­sieurs per­sonnes ayant concou­ru à la réa­li­sa­tion du crime.

Les soup­çons se fondent sur des rap­pro­che­ments gra­pho­lo­giques ou lexi­caux, comme la ré­cur­rence de l’ex­pres­sion « le chef » pour dé­si­gner JeanMa­rie Ville­min, le père de Gré­go­ry, dont les au­teurs au­raient vou­lu se ven­ger.

Ce terme est no­tam­ment uti­li­sé dans la lettre de re­ven­di­ca­tion du meurtre, pos­tée à Lé­panges­sur­Vo­logne le 16 oc­tobre 1984, semble­t­il avant même l’en­lè­ve­ment de l’en­fant d’après le ca­chet de la Poste. Signe que son au­teur au­rait joué di­rec­te­ment un rôle.

L’ex­pres­sion fut aus­si em­ployée par Mar­cel Ja­cob, ou­vrier, lors d’une al­ter­ca­tion avec Jean­Ma­rie Ville­min, de­ve­nu contre­maître, deux ans avant le drame. Me Giu­ran­na ne voit là qu’une ba­nale op­po­si­tion syn­di­cale, « pas un mo­bile pour as­sas­si­ner un pe­tit gar­çon, c’est dé­li­rant ». Et « chef, c’est un mot que tout le monde em­ployait » dans la fa­mille, sou­ligne Me Ga­ry La­gar­dette, avo­cat de Jac­que­line Ja­cob.

Le par­quet gé­né­ral s’ap­puie aus­si sur l’ab­sence d’ali­bis « confir­més ou étayés », ce que conteste en­core la dé­fense. Trois dé­cen­nies plus tard, les en­quê­teurs comptent s’em­ployer à vé­ri­fier leurs em­plois du temps au re­gard de leurs dé­cla­ra­tions an­té­rieures et en pro­cé­dant à de nou­velles au­di­tions. ■

PHO­TO AFP

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